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Victor OJEDA-MARI

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Catégorie : !51/ Ebooks présentation ALLOPASS

 AUTEUR/La Semaine Sainte

19/6/2008

Auteur Victor OJEDA-MARI - Livre : La Semaine Sainte


sc


PRESENTATION

Lors d’uneancienne émission télévisée d’ « Apostrophe » qui réunissait desphilosophes, des hommes d’Eglises, des écrivains, Bernard Pivot demanda (Si cen’est pas du mot-à-mot, c’est dans l’esprit) :

_Pourquoi fait-on tellement cas de la mortet des souffrances du Christ sur la croix, alors que tant d’autres ont subi lesmêmes souffrances et tellement d’autres des souffrances encore plus terribles?

Aucun invité ne put répondre clairement à sa question. Un prêtrerépondit évasivement que cela faisait partie « des mystères de laPassion ».

Oui ! la question est là et ellemérite, exige même une réponse précise ! Qu’est-ce qui fait que pour Jésus cefut différent ? Oui, infiniment, éternellement différent ? Qu’est-ce qui faitque ses souffrances et sa mort sont uniques, particulièrement terribles etleurs répercussions incalculables ? Comment cet homme que l’on décrit être à lafois homme et Dieu en mourant sur la croix, insulté par un peuple, prit sur luiles péchés de tous les hommes devenant notre Sauveur et notre Rédempteur ? Que signifie vraiment prendre les péchés detous les hommes ? Est-ce concevable ? Est-ce possible ? Est-ce nécessaire? Que signifie devenir le Sauveur et le Rédempteur de l’humanité ? Dans quel but ?

On peut se poser tellement d’autresquestions et on doit se les poser, pour comprendre le véritable sens deGethsémané et son but pour l’humanité. Jésus à Gethsémané ne se préoccupait pasde sa mort à venir ; ce qu’il s’apprêtait à subir fut tout autre chose et lemonde chrétien, à part l’Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours,l’ignore…


EXTRAIT

Gethsémané

Avant de poursuivre, voyons ce que le monde Chrétien et l’Eglisecatholique appellent la « Passion » du Christ, à Gethsémané.

Dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique, nous pouvonslire :

« La coupe de la Nouvelle Alliance que Jésus a anticipée àla Cène en s’offrant Lui-même, Il l’accepte ensuite des mains du Père dans sonagonie à Gethsémani en se faisant « obéissant jusqu’à lamort ». Jésus prie : « Mon Père, s’il est possible que cettecoupe passe loin de moi… » Il exprime ainsi l’horreur que représente lamort pour sa nature humaine. En effet celle-ci, comme la nôtre, estdestinée à la vie éternelle ; en plus, à la différence de la nôtre, elle estparfaitement exempte du péché qui cause la mort ; mais surtout elle estassumée par la personne divine du « Prince de la Vie », du« Vivant ». En acceptant dans sa volonté humaine que la volonté duPère soit faite, il accepte sa mort en tant que rédemptrice pour « porterLui-même nos fautes dans son corps sur le bois.

Daniel-Rops, dans le même sens mais d’une manière plus touchanteet moins « technique », écrit :

[1]«… Retourné à sa solitude, il répète sasupplication confiante : « Père, si ce calice ne peut passer sans queje le boive, que votre volonté s’accomplisse ! Et il était en agonie, au comblede l’angoisse. Sa prière se faisait de plus en plus pressante : une sueur luiperlait, comme des gouttes de sang, qui ruisselait jusqu’à terre. Un ange alorsvint du ciel, lui apparut et le fortifia. La sueur de sang, que seul rapportele médecin Luc, signale, en pleine lumière, le côté humain du Christ dans cetteheure de déréliction. Le phénomène physiologique de l’hématidrose a été observéparfois dans des cas d’extrême angoisse où la nature arrache à ses profondeursles manifestations les plus singulières, tel que le blanchiment instantané descheveux. Et c’est bien l’humanité de Jésus qui, en cette circonstance,nous touche d’abord au cœur. Cet homme que la mort cerne, qui la respire avecl’odeur de la nuit, qui l’écoute dans le grondement du torrent, il ne peutfaire que sa chair ne se trouble, ne se révolte : il a trente ans et il doitmourir !

Dans tout l’Evangile, pas même la scène de la Tentation,n’atteint à cette profondeur dans la vérité psychologique : ce cœur troublé,cette conscience si livrée au vertige qu’elle en vient à implorer de Dieu unmiracle qui démentirait toute son action, nous ne les reconnaissons que tropbien. Si Jésus n’avait pas existé, si toute son histoire n’était que lerésultat d’un travail hagiographique, les narrateurs eussent-ils inventé cetépisode où il apparaît si misérable ?… Le vrai sens de la scène, le plusprofond, ce n’est pas d’être un témoignage de détresse, c’est d’êtrel’affirmation d’un consentement décisif. Torturé d’angoisse, prostré devant lamort, Jésus n’en répète pas moins, dans une sorte de bégaiement sublime !« Pas ce que je veux, Père, mais ce que tu veux. » L’union du Fils etdu Père est ici parfaitement visible. Une seule volonté, un seul plan.

Quand Celse, le polémiste antichrétien du second siècle,ricanera que c’est un Dieu bien étrange que celui qui gémit et se lamente aulieu de manifester sa force par un miracle sur ces ennemis, il avoue toutbonnement qu’il n’a rien compris au christianisme… »

Quand Daniel-Rops écrit que « Jésus apparaît si misérable! », cela me révolte et me fait mal car au contraire c’est là qu’Il est leplus divin et s’apprête à devenir véritablement le Christ.

À part ces quelques phrases que j’ai soulignées, tout ce qui estdit par l’Eglise catholique et par Daniel-Rops est vrai dans une mesure, sinégligeable qu’il faut aller bien plus loin, jusqu’à l’infini pour comprendreGethsémané et le sacrifice expiatoire de Jésus dans ce Jardin qui fut laréponse à celui d’Eden.

Dans le premier Eve et Adam accomplirent la chute afin quel’homme fût et le libre-arbitre s’exprimât permettant aux hommes de connaîtrele bien et le mal afin de devenir semblables aux dieux. Cependant comme nousavons tous péché, nous étions tous condamnés à être exclus de la présence duPère.

Dans le second Jésus accomplit la Rédemption de tous les hommeset souffrit tous nos péchés pour nous permettre de retourner au Père carrien d’impur ne peut demeurer en sa présence. Oui, Jésus dans sa nature humaineet divine souffrit les affres de la mort qui approchait à grands pas ! Oui,lui, le seul homme sans péché, s’offrait en victime volontaire pour les péchésde tous les hommes !

Mais combien d’hommes à travers le monde ont senti l’odeur de lamort rôder autour d’eux avant qu’elle les saisisse et les emporte dansd’horribles souffrances ? Combien, coupables de crimes, l’ont respiré,pendant de longs mois, voire des années dans les fameux et terribles couloirsde la mort, avant d’être emportés ? Combien ont vécu ce moment terrible oùl’on met la tête du condamné sous le gibet ; le nœud coulant autour de soncou, les arcs d’airain autour des poignets et des chevilles alors que tout leurêtre gémit de peur et de désespoir ? Même des innocents condamnés injustement ont connu ces terriblesmoments.

Parce que, malheureusement les hommes peuvent être tellementraffinés dans la cruauté, beaucoup ont connu depuis Adam jusqu’à nos jours destortures encore plus odieuses que des clous enfoncés dans les mains et lespieds pour être ensuite mis en croix.

Au Jardin de Gethsémané, le Père lui envoya des cieux un angepour le fortifier. Combien d’hommes, de femmes, d’enfants ont agonisé sousd’atroces souffrances à cause d’autres hommes ! Le Père leur a-t-il envoyé unange pour les fortifier ? Alors pourquoi Jésus et pas eux ? Jésus priait le Père que cette coupe, sic’était possible lui soit retirée, alors que tant de chrétiens à Rome, allaienten chantant se laisser dévorer dans les arènes par des bêtes féroces sous lesapplaudissements et les vociférations d’un public dégénéré.

Combien en temps de guerres, devant le peloton d’exécution,demandèrent héroïquement que le bandeau leur soit retiré afin de fixer la morten face et tombaient fauchés sous les balles en criant : Vive laliberté ! À bas la tyrannie ! Ces martyres étaient-ils plus courageux queJésus qui priait avec angoisse que la mort lui soit épargnée, lui qui est larésurrection et la vie ? Peut-on imaginer, une seule seconde pareille aberration?

Lors de l’ancienne émission téléviséed’ « Apostrophe » qui réunissait des philosophes, des hommesd’Eglises, des écrivains, Bernard Pivot demanda (Si ce n’est pas du mot-à-mot,c’est dans l’esprit) :

_Pourquoi fait-on tellement cas de la mort et des souffrances duChrist sur la croix, alors que tant d’autres ont subi les mêmes souffrances ettellement d’autres des souffrances encore plus terribles ?

Aucun invité ne putrépondre clairement à sa question. Un prêtre répondit évasivement que cela faisaitpartie « des mystères de la Passion ».

Oui ! la question est là et elle mérite, exige même uneréponse précise ! Qu’est-ce qui fait que pour Jésus ce fut différent ? Oui,infiniment, éternellement différent ? Qu’est-ce qui fait que ses souffrances etsa mort sont uniques, particulièrement terribles et leurs répercussionsincalculables ? Comment cet homme que l’on décrit être à la fois homme et Dieuen mourant sur la croix, insulté par un peuple, prit sur lui les péchés de tousles hommes devenant notre Sauveur et notre Rédempteur ? Que signifie vraiment prendre les péchés detous les hommes ? Est-ce concevable ? Est-ce possible ? Est-ce nécessaire? Que signifie devenir le Sauveur et le Rédempteur de l’humanité ? Dans quelbut ?

On peut se poser tellement d’autres questions et on doit se lesposer, pour comprendre le véritable sens de Gethsémané et son but pourl’humanité. Essayons d’approcher ce « mystère », qui est une Véritéque seul le Père et le Fils par le pouvoir du Saint-Esprit peuvent nousrévéler. Sachant ce qui s’est produit à Gethsémané, ne laissons pas comme lesapôtres, nos yeux s’appesantir de sommeil, veillons et prions pour que chaquefois que nous méditons Gethsémané, l’Esprit du Seigneur soit sur nous et nousaide à avoir chaque fois une plus grande compréhension du sacrifice expiatoire; sacrifice éternel et infini qu’aucun mortel ne peut comprendre même pas dansses premiers balbutiements ; car seul le Père et le Fils l’ayant subi chacun enleur temps, peuvent en témoigner.

Talmage dans son livre « Jésus le Christ » nous faitcomprendre clairement que Jésus à Gethsémané ne se préoccupait pas de sa mort àvenir ; ce qu’il s’apprêtait à subir fut tout autre chose et le monde chrétien,à part l’Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours, l’ignore :

« [2]L’agonieque le Christ éprouva dans le jardin, l’esprit limité ne peut en sonder nil’intensité, ni la cause. La pensée qu’il ait souffert par crainte de la mortest insoutenable. Pour lui, la mort était préliminaire à la résurrection, auretour triomphal auprès du Père d’où il était venu et à un état de gloire quitranscendait même celui qu’il possédait précédemment ; en outre, il étaitdans son pouvoir de donner volontairement sa vie. »

Le soleil s’est couché depuis de nombreuses heures. Il estplus de minuit, de ce vendredi 3 avril 33, ou selon les Juifs del’époque : le 14 nisan, vers la dix-huitième heure. Après avoir reçu cesmerveilleux enseignements dans la chambre haute, ils chantent des cantiques,puis partent pour le mont des Oliviers. Ils franchissent la porte de la villequi lors de ces fêtes de Pâque reste toujours ouverte. Ils traversent letorrent du Cédron et arrivent dans une olivaie située sur le flanc du mont desOliviers.

Cet endroit s’appelle Gethsémané, ce nom signifie« pressoir à huile » ; là se trouve une machine faite d’une cuve oùse déversent en leur saison les olives et d’une presse munie d’une longue barrede bois qu’un bourricot attelé, fait tourner pendant la journée. Jésus rassembletout autour de lui les onze dans un cercle. Posant ses mains sur l’épaule desdeux immédiatement à sa droite et à sa gauche, il leur dit avec beaucoup detristesse :

_[3]Jeserai pour vous tous, cette nuit, une occasion de chute ; car il estécrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau serontdispersées.

Puis levantla tête vers le ciel, étendant ses bras vers eux, comme pour les éteindre tousà la fois, il ajoute :

_ Mais,après que je serais ressuscité, je vous précèderai en Galilée.

Il est tardet les apôtres sont épuisés, ils ne disent mot ; comprenant à peine, ilsn’osent plus le questionner. Jésus leur dit :

_Asseyez-vousici, pendant que je m'éloignerai pour prier.

Il sent une grande solitude le surprendre lui-même ; solitudesoudaine qui le fait frémir dans tout son être. Il regarde Pierre, Jacques etJean et désire qu’ils restent tout près de Lui pour le soutenir de leur foi, deleur amour et de leurs prières ; qu’ilsdeviennent également les témoins de ce qui va arriver, comme ils le furent lorsde la visite d’Elie et de Moïse sur la montagne de la Transfiguration où lePère du haut des cieux témoigna de son Fils : Celui-ci est mon Fils bien aimé,en qui je me complais !

Il prendavec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commence à éprouver de latristesse et des angoisses. Il leur ditalors :

_Mon âmeest triste jusqu'à la mort ; restez ici, et veillez avec moi.

Lui le Fils de Dieu, le plus grand de tous, Lui qui a toujourstout donné sans jamais rien retenir pour lui, en ce moment crucial, demandesimplement la compagnie amicale de ses trois principaux apôtres ; et Luiqui les enseignait si souvent à prier, il les supplie de prier pour lui et deveiller avec lui. Réconforté de les savoir tout près de lui, il s’éloigne unpeu d’eux. Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jette sur saface, et prie ainsi :

_Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi !Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.

Après cette prière, Jésus éprouve de nouveau le désir de puiserdes ressources en la compagnie de ceux dont il a si souvent dit : Vousêtes mes amis… Il va vers eux et il les trouve endormis. Il les regarde avecune profonde tendresse mêlée de tristesse, sur son beau et noble visage, sedessine un pâle sourire et se tournant vers Pierre, ses lèvres murmurent dansun doux reproche :

_Pierre, Pierre tu étais prêt à mourir pour moi, et tu n’as paspu veiller et prier avec moi une seule heure ! Oh ! Pierre,Pierre…

Alors se sentant très seul, ne résistant plus, il les réveilleet leur dit :

_Vousn'avez donc pu veiller une heure avec moi ! Veillez et priez, afin que vous netombiez pas dans la tentation ; l'esprit est bien disposé, mais la chair estfaible.

Les apôtres réveillés, sont honteux d’être surpris dans leursommeil alors qu’il leur avait demandé de veiller. Ils se frottent les yeux,les écarquillent, s’efforcent de les garder grand ouverts, bien décidés, cettefois, à prier et à veiller avec le Maître. Il s'éloigne une seconde fois, etprie ainsi :

_Mon Père,s'il n'est pas possible que cette coupe s'éloigne sans que je la boive, que tavolonté soit faite !

Jésus sait, que la volonté du Père, malgré toute la peine qu’iléprouve dans les cieux en voyant son Fils Bien-aimé souffrir, est qu’Il boive àla coupe amère préparée dès la fondation du monde, « Car Dieu a tantaimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui nepérisse point, mais qu'il ait la vie éternelle ».

Alors sachant que le moment est arrivé pour accomplir ce pourquoi il est venu au monde, il désire une dernière fois revoir ses amis etrecevoir d’eux des forces et peut être le dernier coup de pouce. Il revientvers eux et les trouve encore endormis ; car leurs yeux étaient appesantis.

Jésus cette fois-ci ne les réveille pas ; leur esprit étaitbien disposé, mais leur chair avait été faible. Combien cette phrase, réveilleen nous des souvenirs que nous voudrions oublier à jamais, car combienconstatons-nous que ces paroles de Jésus sont vraies pour chacun de nous, notreesprit est fort, mais combien notre chair est faible car nous faisons tellementsouvent ce que nous ne voulons pas et ne faisons pas ce que nous voulons.

Il les quitte, et, s'éloignant, il prie pour la troisième fois,répétant les mêmes paroles :

_ Si tuvoulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne sefasse pas, mais la tienne.

Près de Kolob, au centre de tous les univers, dans un Jardin,tout seul avec sa peine, le Père observe de là-haut, son Fils sur la terre,dans ce Jardin de Gethsémané. Il souffre avec Lui et Il se souvient de ce quiest écrit dans les Registres des cieux, alors qu’Adam n’était pas encore devenuune âme vivante ; il se souvient du dialogue qu’il eut eu avec son Filsalors dans sa condition prémortelle :

« [4]Ilfit Adam à notre image et à notre ressemblance, et le laissa allongé pendantquarante jours et quarante nuits sans mettre en lui le souffle de vie. Etchaque jour il poussait des soupirs en le regardant et disait :

_Si je mets le souffle de vie en cet homme, il devra beaucoupsouffrir.

Et je dis à mon Père :

_Mets en lui le souffle de vie ; je serai son avocat.

Et mon Père me dit :

_Si je mets en lui le souffle de vie, mon Fils bien-aimé, tuseras obligé de descendre dans le monde et de souffrir beaucoup pour lui afinde le racheter et lui permettre de retrouver son premier état.

Et je dis à mon Père :

_Mets en lui le souffle de vie ; je serai son avocat, jedescendrai dans le monde et j’accomplirai ce que tu commandes. »

Notre Père en ce temps, avait conçu le Plan de Salut pour tousses enfants. Un de ses fils se proposa et fut élu pour être le Sauveur. Maisc’était un plan, en ce temps-là notre Père savait qu’en donnant le souffle devie à Adam, il ne pourrait plus revenir en arrière et que ce plan allaitdevenir une réalité, qui inexorablement se mettrait en marche.

Il savait que beaucoupde ses enfants souffriraient et que tous ne réussiraient pas à atteindre le butéternel, même s’ils seront sauvés dans des royaumes inférieurs. Il savait queson Fils unique, devra endurer les pires souffrances. Il savait combien cessouffrances sont intolérables car de chaque pore de sa peau suinteront desgrumeaux de sang. Il le savait mieux que personne, car Il connut un jour detelles souffrances, en tant que Sauveur et Rédempteur dans une autre terre etun autre Jardin.

Alors Lui Dieu, l’Être le plus grand qui soit, hésita et ilhésita pendant 40 jours en poussant des soupirs de douleur.

Mais le Fils lui dit encore :

_Mets en lui le souffle de vie ; je serai son avocat, jedescendrai dans le monde et j’accomplirai ce que tu commandes.

Alors, le Père, mit le souffle de vie en Adam et Adam devint uneâme vivante : l’Ancien des jours.

Aujourd’hui son Fils est arrivé au zénith de sa mission, ilsouffre et le Père sait ce qu’Il va souffrir encore. Elohim, ressent l’angoissede son Fils qui Lui rappelle tellement cette angoisse connue jadis.

Son Fils est seul et ses apôtres sont endormis ; Il n’a que lesoutien de l’Esprit et celui de la prière. Il doit accomplir seul ce pourquoiil est venu au monde.

Alors Dieu le Père, avant le terrible moment, lui envoi undernier soutien en appelant un ange ; soutien que Jésus sur terre en cemoment crucial n’a pu trouver, même auprès de ses apôtres biens-aimés.

Alors qu’ils dorment, ils ne se doutent pas que bientôt vas’accomplir le plus grand et merveilleux miracle de la Création ; la plusgrande preuve d’amour et de miséricorde du Père et du Fils.

L’ange se présente à Jésus et lui dit :

_Ô Seigneur ! Souviens-toi, qu’avant la fondation des mondes tufus préordonné pour être le Sauveur et Rédempteur. Ô Seigneur ! c’est pour cela que tu es dans ce Jardin, dont lenom signifie « pressoir à huile », c’est dans ce pressoir, là toutprès de toi que sont jetées les olives pour être pressées par la chargeécrasante des lourdes meules qui les broient afin que l’huile puisse en êtreexprimée.

Tu sais, que ce jardin, avec son pressoir à huile est unesimilitude de ce que tu dois subir ; toi aussi tu dois être « pressé », sous la charge des péchésdes hommes, de leurs souffrances tant spirituelles que physiques au point queton sang sera exprimé et coulera par chaque pore de ta peau.

Ô Seigneur ! Tu es au Jardin de Gethsémané qui est la réponse auJardin d’Eden. Dans le magnifique Jardin d’Eden, l’homme tomba et fut exclu dela présence de Dieu ; dans ce Jardin triste et désolé, tu peux le releverpar la Rédemption et lui permettre de retourner en sa présence.

Tu as ton libre-arbitre et tu peux à cette heure cruelle refuserce à quoi tu as été ordonné dans les cieux et si magnifiquement accomplijusqu’ici…

Mais Ô mon Seigneur ! Songe, je t’en supplie à tous les mondesque tu as créés, sous la direction du Père, qui sont aussi innombrable que lesable de la mer ; Songe à tous les habitants qui les peuplent et que tupeux sauver comme ceux de cette terre par ton sacrifice expiatoire.

Songe que si tu ne le fais pas, tous ces mondes retourneront auchaos originel d’où tu les as tirés ; que tous les habitants ne pouvantressusciter seront assujettis, au Diable qui règnera éternellement sur eux.

Jésus se redressa, leva la main droite au ciel en angle droit etdit :

_C’estassez ! Oui ! je vais boire à la coupe amère afin que tout soitaccompli !

L’ange remonta au ciel. Jésusresta seul à nouveau. Seul ! Le Cédron, sec toute l’année, au printempscharrie en abondance durant quelques semaines des eaux terreuses qui luivalurent ce nom qui signifie « noir » ou « sale ».

Après le départ de l’ange,seul le grondement des eaux tumultueuses du torrent se fait entendre dans lesilence de cette terrible et grandiose nuit.

Au Jardin d’Eden beau ettransfiguré, nos premiers parent ont transgressé ; au petit Jardin deGethsémané, triste et désolé, Jésus s’apprête à nous sauver.

Il s’appuie sur le tronc duvieil olivier, aux branches tordues et torturées par les siècles. Puis il semet à prier ; à prier de toutes ses forces, comme jamais il n’a prié.

Il jette son regard sur laterre et il la voit toute sans qu’une seule particule lui échappe ; pasmême un seul atome. Il lève les yeux au ciel et il le contemple dans sonimmensité infinie, le décelant entièrement dans ses moindres éléments. Il voittoutes les âmes qui ont été, sont et seront ; il nous voit tous un par un, ilse saisit de tous nos péchés, toutes nos souffrances, toutes nos maladies,toutes nos infirmités.

Il voit toute chose et ilsouffre toute chose ; tant spirituellement que physiquement dans son corpsmeurtri et son esprit torturé.

Son sang sous l’effet d’unedouleur incommensurable et indescriptible, comme les eaux du Cédron bouillonneet gronde dans ses veines, ses vaisseaux éclatent et de chaque pore de sa peausuinte des grumeaux de sang !

Alors que le monde dort, lesforces des ténèbres se déchaînent dans l’ombre de la nuit.

Le petit Jardin de Gethsémanétriste et désolé, devient soudainement le centre de toute les Créations :le témoin de l’acte le plus inconcevable, le plus miraculeux, le plusmiséricordieux ; le plus grand signe de contradiction accompli pourl’homme depuis le Commencement.

Au petit Jardin de Gethsémanétriste et désolé, son sol tremble jusqu’aux entrailles de la terre ; la terregémit comme la femme qui enfante. Arbres, herbe des champs, pierres et rochers,horrifiés, désemparés, crient leur peine et leur désespoir.

Au petit Jardin de Gethsémanétriste et désolé, le vent se lève, la tempête rugit, les arbres craquentsinistrement et leurs branches se tordent convulsivement, s’écrasant sur lesol.

Les feuilles dans destourbillons volent tout autour de Jésus et le touche comme pour le caresser etmanifester leur soutien.

Les rochers se fendent parleur milieu, les eaux du Cédron se font plus rugissantes.

Au petit Jardin de Gethsémanétriste et désolé, les oiseaux du ciel se cachent dans les cavités des rocherset voilent leur face.

Les animaux des champs seterrent dans leurs antres et se taisent remplis de stupeur.

Au petit Jardin de Gethsémané triste et désolé, les étoilestombent des cieux, comme les larmes coulent sur les joues d’une mère parce queson enfant souffre.

L’azur hurle sa peine par lestonnerres et les éclairs, comme le père, dans l’incapacité de sauver son enfantcrie son désespoir.

Au petit Jardin de Gethsémané tristeet désolé, la nature gémit à cause de son Dieu, qui l’avait jadis organisée etcommandée.

_Étanten agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux desang, qui tombaient à terre.

Alors, dans une colonne qui s’étend à l’infinie, nous défilonstous devant lui : les morts, les vivants, nous qui étions encore dans lescieux ; à chacun, il nous appelle par notre nom et nous dit :

_Cette goutte de sang, que tu vois tomber maintenant, c’est pourtes péchés, pour que tu n’aies pas à les souffrir, Souviens-toi !

Alors qu’Il s’adresse à chacun de nous, ses mains agrippent letronc et de douleur, ses ongles en arrachent l’écorce ; L’olivier alors setord de souffrance, depuis ses racines les plus profondes jusqu’à l’extrémitéde chaque feuille.

C’est douloureux pour ce vieil arbre et en même temps doux etbienfaisant comme le chien qui reçoit sur le dos la caresse de son maître quile rend si heureux.

C’est aussi comme l’homme qui tient dans les siennes, la main desa femme qui enfante et de douleur, lui enfonce ses ongles dans les paumes; il a mal et il se réjouit de souffrir en partageant un peu de sa souffrance.

Enfin, le dernier d’entre nous passe devant Jésus qui, petit àpetit récupère ses forces. Le Jardin reprend son aspect quotidien et leCédron s’est calmé…

Combien de temps dura l’accomplissement du sacrifice ? Uneéternité ? Une partie de la nuit ? Les deux certainement !

Dans le petit Jardin de Gethsémané, triste et désolé, s’estaccompli dans le plus grand secret, ce qui était préparé pour nous sauver,avant que le monde fut créé. Dans le petit, Jardin de Gethsémané triste etdésolé, le Fils bien aimé du Père, nous a tous sauvés ! …

Puis ilalla vers ses disciples, et leur dit :

_Vousdormez maintenant, et vous vous reposez ! Voici, l'heure est proche, et le Filsde l'homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous, allons ; voici, celuiqui me livre s'approche.

Dans le petit Jardin de Gethsémané triste et désolé, notre Dieuva bientôt se livrer !



[1]Daniel Rops Jésus en son temps p 405

[2]Talmage « Jésus le Christ » p 659

[3]Matthieu 26 : 31à 44

[4] Textequi se trouve à la bibliothèque duBritish Muséum et qui a été écrit par Timothée, archevêque d’Alexandrie décédéen 385

Tags : victor ojeda religion christianisme jesus christ jesus christ

Catégorie : Non spécifié

 BOUDDHA/Candide et le Bouddhisme

19/6/2008
Auteur Victor OJEDA-MARI // Livre: Candide et le Bouddhisme

bca


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PRESENTATION

 

QUELQUESPOINTS TRAITES

1_Le Bouddhisme ne peut se prévaloir que de la parole de Siddhattha Gotama pourdire qu’il atteignit l’Eveil et devint le Bouddha : C’est un acte de foi.

2_Si le Bouddha découvrit la Vérité, toutes les autres religions sont dansl’erreur.

3_Fondamentalement le Bouddha ne remit pas en cause la conception de laréincarnation, ni celle du Karma. Il n’en est donc pas le novateur.

4_ Vu simplement,logiquement, avec réalisme, il coule de source que les 4 Nobles Véritésn’apportent rien de nouveau. Sujettes à caution, elles ne sont que conceptionset hypothèses philosophiques.

5_ L’être selon le Bouddhisme est une conception théorique qui ne reposesur aucune expérience réelle ni révélation divine.

6_ La Loi de ProductionConditionnée ne tient pas la route ; elle est absurde, pur concept humain,contradictoire, réfutées par la vie de tous les jours. Elle n’a de loi que lenom.

…

+ 8autres points supplémentaires sur la loi d’impermanence, méthode analytique,re-naissance bouddhique, Nirvana, Dalaï-Lama, Types de Bouddhisme, bodhisattva, Tulkus

++Je commande ce livre ++

EXTRAIT

 

Philosophie ou religion,religion et philosophie ; anti-religion ; athéisme pourvu d’unparadis vide ; culte du Néant, … ? Aujourd’hui en Occident, le bouddhismeattire beaucoup de monde. Pourquoi ? Voici quelques réponses parmid’autres :

_ Recherche spirituelleinnée chez l’homme ; « soif » non étanchée pour beaucoup de raisons dans le christianisme.

_ La société de consommation ne mène pas aubonheur mais à un manque de plus en plus douloureux et profond.

_ Charisme du Dalaï-Lama.

Ce chef religieux et politique, au fil des années, est devenu une personnalité de renomméemondiale ; une véritable « star » :

_ Savants croyants ounon l’invitent à leurs colloques.

_ Il détient le prix Nobelde la paix de 1989.

_ Il représente legouvernement en exil du Tibet ; Peuple martyr soumis à l’ingérencechinoise.

_ Il a écrit denombreux livres ; participé à d’autres ne serait-ce qu’en les préfaçant.

_ Il donne d’innombrablesconférences qui constituent chaque fois un événement.

_Il prône un dialogue amical, constructif toutes religions confondues.

_ Il inaugure ou visitedes temples tibétains dans tous les pays du monde.

_ Il s’affiche en championde l’universalisme, de la tolérance, de l’humanisme, du pacifisme.

_ Il porte un titreprestigieux : « Votre Sainteté… »

_ Etc.

Ce texte écrit en 1925, par les grands surréalistes :Breton, Aragon, Artaud, Eluard, Desnos et autres…, pourrait exprimer leressenti de milliers d’occidentaux fidèles ou sympathisants à son égard :

«[1] Nous sommestes très fidèles serviteurs, ô Grand Lama, donne-nous tes lumières, dans unlangage que nos esprits contaminés d’Européens puissent comprendre, et aumoins, change-nous notre Esprit, fais-nous un esprit tout tourné vers ces cimesparfaites où l’Esprit de l’Homme ne souffre plus.

Fais-nous un Esprit sans habitudes, unesprit gelé véritablement dans l’Esprit, ou un Esprit avec des habitudes pluspures, les tiennes, si elles sont bonnes pour la liberté.

Nous sommes environnés de papes rugueux, delittérateurs, de critiques, de chiens, notre Esprit est parmi les chiens, quipensent immédiatement avec la terre, qui pensent indécrottablement dans leprésent.

Enseigne-nous, Lama, la lévitationmatérielle des corps et comment nous pourrions n’être plus tenus par la terre.

Car tu sais bien à quelle libérationtransparente des âmes, à quelle liberté de l’Esprit, ô Pape acceptable, ô Papeen esprit véritable, nous faisons allusion.

C’est avec l’œil du dedans que je teregarde, ô Pape, au sommet du dedans. C’est du dedans que je te ressemble, moi,poussée, idée, lèvre, lévitation, rêve, cri, renonciation à l’idée, suspenduentre toutes les formes et n’espérant que le vent. »

Cet éloge vieux de 80 ans,montre en partie l’échec de notre société matérialiste, basée sur tout ce quiest « extérieur » par le besoin d’un retour à« l’intérieur » : « C’est du dedans que je teressemble. »

Qui dit bouddhisme, ditcompassion, non-violence. J’aime beaucoup cette histoire… On posa la questionsuivante, à un lama récemment libéré après un internement de plusieurs annéesdans un camp chinois :

_ Vous avez dû avoir très peur durant ces longues années ?

Le lama répondit :

_ Oui, très peur ;peur de les haïr !

Quelle merveilleuse réponseet combien elle nous interpelle, toutes religions et philosophies confondues.

Il n’en fut pas toujoursainsi. Lorsque au XIX ième siècle, l’Europe découvrit le Bouddhisme, ce futavec stupeur et effroi, comme s’il s’agissait d’une « peste jaune ».

Comment était-il possiblequ’une religion ou philosophie millénaire, regroupant une population deplusieurs centaines de millions d’âmes, puisse poursuivre pour butl’anéantissement de l’être dans un paradis vide appelé Nirvana ? Aussi, durant cette époque, on considéra le Bouddhisme comme le « Culte dunéant », « l'Eglise du nihilisme » et Bouddha comme le« Grand Christ du vide ».

Comment expliquer un teldécalage entre le XIX ième siècle et notre époque ? Textes traduitshâtivement et mal interprétés ? C’est fort possible !

De plus, il faut rappeler quel’Europe découvrait en même temps le brahmanisme qui déclare toute substanceissue de Dieu donc éternelle et Dieu présent jusqu’au cœur du moindre atome.

Le bouddhisme prêche aucontraire l’impermanence de tout être et de toutes choses et paradoxalement unparadis sans Dieu ni âme.

Il faut reconnaître lacomplexité du Bouddhisme, répertorié dans trois branches principales :

_ Le Théravada.

_ Le Mahayana.

_ Le Vajrayana.

Chacune se divise à son touren une multitude d’écoles, de traditions présentant des facettes différentes.Bien que gardant un tronc commun, ces « types » de bouddhismes,restent diversifiés et souvent contradictoires.

Le moins qu’on puisse dire,c’est que dans les méandres de leurs complexités, il est difficile de s’yretrouver. D’autant plus que, la métaphysique bouddhiste atteint souvent leslimites de l’impensable et de l’inutile ce qui est contraire à l’éthique de sonsuprême fondateur. Les « professionnels »se spécialisent dans tel ou tel bouddhisme, comme les médecins, en cardiologie,stomatologie, …

Un cardiologue ne soignerapas un patient malade de l’estomac, mais l’enverra à son confrère stomatologue.

Un maître ou« spécialiste » théravada ne répondra pas à une question relevant dubouddhisme mahayana ou alors, il se montrera très prudent reconnaissanthonnêtement qu’il n’est pas un « expert » de ce bouddhisme.

Quelquefois et cela arriveaussi, il se montrera très critique vis-à-vis du bouddhisme concerné dont il nepartage pas les points de vue différents.

Aujourd’hui on loue particulièrement la compassion, la douceur,la sérénité, la sagesse du bouddhiste et certains son pragmatisme ;pourtant quand on approfondit sa « religion humaniste » un tant soitpeu, la déclaration d’Ernest Renan reste vraie :

[2] « C’est un fait unique dans l’histoire de l’esprit humain. Etrange par sadestinée, le bouddhisme l’est plus encore par sa philosophie, son enseignement,la légende de son fondateur, le style bizarre de ses livres sacrés. Joignantles abus de la scolastique la plus abstraite aux rêves de l’imagination la plusfolle, cette religion, d’abord sans dieu et presque sans culte, aboutit auxextravagances d’une mythologie effrénée.

Lareligion qui fut la plus philosophique à son commencement, et, ou certainesécoles modernes affectent de trouver le dernier mot de la sagesse, est devenuele plus grossier des cultes populaires… »

Alors où se situe lavérité ?… « Le justemilieu » ; fondement même du bouddhisme ; où celui-ci se tientcomme sur le fil du rasoir tout comme le funambule sous le vide ? !

J’étais athée. Trouver lasolution aux trois questions clef de la vie : D’où venons-nous ? Quelest notre but sur cette terre ? Où allons-nous après la mort ?m’amena à croire. Né dans un milieuanticlérical, je me refusais de rechercher ces réponses dans l’Eglisecatholique qui pour moi représentait toute la chrétienté.

Par conséquent, naturellement je fus amenéà sonder les religions d’Orient. Je commençais par l’hindouisme quim’enthousiasma au début.

La réincarnation répondait logiquement àtoutes les questions possibles et imaginables. [3]Maisau fur et à mesure que j’approfondissais l’étude du brahmanisme, jedésenchantais : beaucoup de doctrines étaient illogiques, contradictoires et à lafin n’aboutissaient à rien.

Alors, pensant trouver lescompléments de réponses, je me tournais vers le bouddhisme ... Et c’est là lebut de ce livre, montrer sincèrement et honnêtement ce que j’en ai compris.

Tout comme dans le livreprécédent : « Candide et l’Hindouisme » ; j’ai choisi undialogue de maître à élève pour rendre le sujet plus vivant. Je ne pouvais pasdisposer d’un Lama pour lui poser les questions et inscrire ses réponses.Aussi, ai-je étudié parmi d’autres, principalement deux livres : Lepremier, « L’enseignement du Bouddha » de WalpolaRahula » ; le second : « La force du Bouddhisme » deJean-Claude Carrière et du Dalaï-Lama.

Le premier : Parce que le Révérend Walpola Rahula est uneréférence en matière de Bouddhisme Theravada.

Le second :

_ Parce que, je n’ai trouvé aucun livre ou le Dalaï-Lama, s’exprimeavec autant de simplicité et sur autant de sujets.

_ Parce que le bouddhisme aujourd’hui s’incarne à travers ce personnagehors du commun.

_ Parce que personne mieux que lui pouvait nous parler du Bouddhisme,bien qu’il prône un Bouddhisme parmi tant d’autres : le Vajrayana ouLamaïsme.

Ces deux livres montrent lesdeux extrémités du Bouddhisme avec ses différences et ses contradictions maisaussi avec ce qui fait son unité.

Le livre « Candide et leBouddhisme » est construit :

_ A partir de citations des auteurs lorsque je considérais qu’il étaitimportant de respecter, à la virgule près leurs paroles.

_ A partir de dialoguesimaginés, honnêtes et sincères quant à « l’esprit » des doctrines bouddhiques du Théravada, Mahayanaet Vajrayana.

Tout le monde sait combien, par des subterfuges subtils, il estfacile de faire dire à quiconque, ce qu’il n’a jamais dit et même le contrairede ce qu’il a dit.

Je pense honnêtement avoir inséré dans les dialogues de Candideet du Lama, les paroles du Dalaï-Lama, du Révérend Walpola Rahula, ainsi quecelles d’autres Maîtres et auteurs, dans un contexte propre à respecter leurpensée dans ce qu’ils voulaient exprimer.

Si tel n’est pas le cas,qu’on me le montre et je serais toujours prêt à le reconnaître et à m’enexcuser.



[1] La force dubouddhisme: Sa Sainteté le Dalaï-Lama et Jean-Claude Carrière p 98

[2] Le culte dunéant de Roger-Pol Droit Page 174

[3] Voir du mêmeauteur « Candide et l’Hindouisme »

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 AUTEUR/Témoignage

19/6/2008

 

Mon témoignage

Santiago, mon petit ami éternel

Avant l’histoire de ma conversion, je dois parler de Santiago, mon petit ami éternel ; celui qui m’a donné sans le savoir ma plus belle leçon de l’Evangile.

À l’époque, je devais avoir une dizaine d’années. Tous les ans pour les vacances, j’allais en Espagne, à Najéra, village de naissance de mon père. Je passais avec mes sœurs deux à trois mois dans la maison de ma chère grand-mère. Cette année-là, je m’étais fait un copain. Il s’appelait Santiago. Il était doux et gentil. Nous nous entendions à merveille et passions de bons moments ensemble.

Un jour, je ne me souviens pas pour quelle raison idiote, nous nous sommes fâchés. Qui avait raison ? Qui avait tort ? Je n’en sais rien et peu importe. Toujours est-il que j’en voulais à mon petit camarade.

Peu de temps après je me fis un autre copain : il n’était pas du genre tendre. Je lui racontais mes « malheurs » avec Santiago. Pour me faire plaisir, un jour que Santiago passait près de nous, il le provoqua. Mon ami n’était pas de taille à se défendre et le pauvre prit une correction. Il avait de grands yeux marron avec de longs cils de fille et je revois encore combien ils étaient apeurés et silencieusement me criaient au secours. Mais ce jour-là, je n’écoutais pas une petite voix qui me disait de m’interposer. Il partit en pleurant. Mon méchant copain se moquait et riait ; moi je me mis à rire bêtement avec lui.

Lorsque je me retrouvais seul, je me sentais mal à l’aise, j'étais malheureux en pensant à Santiago. Je pouvais presque ressentir les coups qu’il avait reçus et cela me faisait très mal, me serrait à la fois le cœur et la gorge. Quand je me voyais sourire alors qu’il se faisait corriger, je me détestais, je me trouvais sale, dégouttant et j’avais envie de me battre ; de prendre les coups qu’il avait reçus.

La fin des vacances approchait, je voulais tellement lui parler, lui demander pardon, et redevenir son ami. Mais j’avais trop honte et peur qu’il me rejette. Une ou deux fois je l’aperçus dans la rue, son regard avec ses grands yeux croisa le mien. Je fis un mouvement vers lui et je me demande encore aujourd’hui ce qui m’a arrêta dans mon premier élan.

Je suis retourné en France. Tous les soirs avant de m’endormir, je pensais à mon ami Santiago. Je me voyais retourner au village, aller d’un pas résolu chez son oncle, lui demander pardon et qu’il veuille encore de moi pour ami.

Enfin, les vacances arrivèrent. J’étais à Najéra et comme je l’avais tellement de fois imaginé, j’allais chez son l’oncle. Je demandais à le voir. Son oncle me regarda tristement et il m’annonça l’incroyable et terrible nouvelle : Santiago mon petit ami était mort ! Mon sang se glaça dans mes veines, ma gorge se noua et je partis précipitamment cacher ma peine et pleurer amèrement mon ami qui n’était plus.

Depuis je n’ai jamais plus, de rancœur, d’esprit de vengeance pour personne. Jamais je me suis réjoui des peines ou des malheurs de quiconque, jamais je n’ai fait de mal à personne ou alors, sans le savoir. Je crois que je peux dire sincèrement que depuis, et en grande partie grâce à mon petit ami éternel, je me suis senti en paix avec tout le monde, j’ai toujours désiré le bien à mon prochain, jamais, jamais le mal ; jamais plus.

Merci Santiago, je sais qu’un jour, j’aurai l’occasion de te demander pardon ! Je sais que de nouveau tu voudras de moi comme ami.

Histoire d’une conversion

Voici maintenant, l’histoire de ma conversion. Mon père républicain espagnol, assimilait Dieu à l'Eglise qui avait pris le parti du franquisme. Ma mère tout en se disant athée croyait en une « force », qui l’aidait dans les moments difficiles.

Ainsi, jusqu’à l’âge environ de vingt-deux ans, j’étais athée par tradition familiale et au fil des ans par conviction personnelle. Être athée pour moi, signifiait ne pas croire au Dieu :

_ des curés qui en Espagne prirent pour la plupart le parti du franquisme contre le peuple.

_ qui produisit l'inquisition.

_ du clergé qui tint pendant des siècles les peuples, sous un joug de fer, dans une totale ignorance et l'esclavage le plus servile.

_ de certains curés qui disent faites ce que je vous dis, mais ne faites pas ce que je fais.

Cependant cela ne m’empêchait pas de reconnaître, que l'église produisit de véritables saints et saintes : comme Saint François d'Assise, Saint Vincent de Paul, mère Térésa, sœur Emmanuelle, l’abbé Pierre et bien d'autres encore, plus anonyme et aussi méritants.

Mais surtout, je ne pouvais pas croire à ce Dieu qui, s'il était vraiment Dieu, ne permettrait pas toutes ces souffrances, ces injustices dans le monde. Non, je ne pouvais pas croire à ce Dieu, et à la religion qui le représentait, et qui, selon la formule consacrée, est l'opium du peuple.

De plus, je pensais qu’un athée est plus méritant qu’un croyant. Le croyant, a besoin pour surmonter les difficultés de la vie d’une béquille imaginaire appelée Dieu ; l’incroyant ne doit compter que sur lui-même. Ainsi, je considérais tout croyant quelque part comme un infirme.

J’ai connu ma femme. Un jour nous parlâmes de Dieu et je me moquais d’elle lorsqu'elle m’avoua qu’elle y croyait. Nous nous sommes mariés et nous avons eu une petite fille. J’ai alors pris conscience de mes nouvelles responsabilités. J’étais animé d'un immense désir d'apporter le meilleur de la vie, à ma femme et à ma fille ; c’est-à-dire : une belle situation avec beaucoup d’argent. Mais tout cela, je le voulais tout de suite, car à l'époque, j’étais très impatient.

Depuis, j’ai appris tout au long de ma vie que les choses bonnes et précieuses s'obtiennent avec beaucoup de sacrifices, de patience et de persévérance. Je me demandais, comment réussir rapidement ? Me remettre sérieusement aux études ? Ce serait trop long et je n'en avais ni le désir ni le courage.

Un jour dans une revue, je lus, une annonce qui disait à peu près ceci : « Développez par l’auto-hypnose, les pouvoirs latents qui sommeillent en vous. » Je le commandais, le reçu et le dévorais en quelques jours. Il décrivait l’auto-hypnose comme technique permettant de tout mémoriser définitivement.

Voilà, j’avais trouvé la solution ! J’allais me remettre aux études et travailler mes cours sous auto-hypnose. À moi les diplômes, la belle situation ! C'était aussi simple que cela ! Encore fallait-il y penser !

Je remarquai dans mes lectures, qu’il était souvent question du subconscient, partie de l'être qui renferme de grands pouvoirs latents et du supra-conscient, qui est une parcelle de Dieu dans l’homme et qui offre encore plus de possibilités. Le terme supra-conscient sonnait bien à mes oreilles, mais le nom de Dieu hérissait profondément mon athéisme pur et dur.

Alors, je décidais de me consacrer uniquement au subconscient. Dieu ou tout ce qui pouvait lui faire allusion, je voulais tout simplement l’ignorer.

J’expérimentais cette technique d'étude. Je passais des heures à fixer la flamme d'une bougie. Lorsque je pensais être en condition, je lisais et relisais les leçons. Je constatais que mes cours n’étaient pas retenus d'une manière complète, encore moins définitive. Je reconnaissais que j’avais passé beaucoup de temps à me mettre en état d'hypnose et que ce temps utilisé à étudier classiquement aurait produit de meilleurs résultats. Mais je ne voulais pas l'admettre car je voulais à tout prix y croire. C'était une question de technique et la mienne n'était pas encore au point : il fallait persévérer, me disais-je.

Au cours de cette époque, je passais tantôt par des périodes d’euphorie pendant lesquelles il me semblait que le monde m’appartiendrait, et que tout me serait possible ; Tantôt par des périodes de doute et de découragement, qui faisaient que je me sentais moins que rien.

La grand-mère de ma femme, « Kika » habitait juste à côté de chez nous. C’était une femme formidable, tellement gentille et douce. Seule une barrière en bois, avec un petit jardin séparait nos maisons. De cette barrière, elle nous appelait pour nous inviter à prendre le café. Elle le faisait souvent, pour se sentir moins seule et converser.

Ce jour-là, j’avais le moral au plus bas. Comme d’habitude, grand-mère servit le café tout fumant, ouvrit la boîte en fer blanc remplie de gâteaux sur lesquels étaient inscrites des maximes. Je plongeais la main, retirais un biscuit. Machinalement, je lus l'inscription : « Sois patient tout arrive ». À la lecture de ces mots, je reçus une paix et une joie que les mots ne peuvent décrire. Je ressentais au fond du cœur comme une promesse : si j’étais patient et persévérant, je recevrais ce que j’attends.

Je compris que je devais apprendre dans cette vie la patience et la persévérance. Que vouloir tout et tout de suite n'était pas la bonne méthode et que chaque chose a son prix et ce prix, il faut le payer.

Quelque temps après, je me posais beaucoup de questions : Pourquoi la vie ? Quel est notre but sur cette Terre ? Quand on meurt, tout est fini ? Je fus surpris de me poser cette dernière question.

Quelque temps auparavant, ma réponse aurait été :

_ Mais bien sûr qu'après la mort tout est fini, notre corps devient poussière et sera réutilisé pour créer d'autres êtres ou formes de vies.

Alors, je me dis :

_ J'aime ma femme, ma fille, mes parents. Lorsque nous mourrons, tous ces liens qui sont dit-on, plus forts que la mort, disparaîtraient-ils comme s'ils n'avaient jamais existé ?

C'était la première fois qu'une telle éventualité me paraissait inconcevable et me révoltait. Notre but sur terre serait-il simplement de se perpétuer pour assurer la survie de notre espèce ? Je me rappelais ma tante d’Espagne ; Eugénia, qui était très croyante et qui tout petit, me parlait du Bon Dieu, du paradis que je mériterais si j’étais gentil et de l'enfer où j’irai si j’étais méchant. Mais je ne croyais ni au Bon Dieu, ni à l'enfer, ni au paradis.

D’où venons-nous ? Mon père m'a donné la vie, mais cette vie il la détient de son père qui lui-même l'a reçue de son père et ainsi de suite jusqu'à la nuit des temps. Mais qui est le premier à avoir eu la vie en lui-même et l’a transmise comme un flambeau de génération en génération ?

Comment le temps, le hasard, la matière sans intelligence ont pu donner forme à toute cette diversité, ces êtres vivants doués d’intelligence ? Oui, comment l’inintelligence peut-elle créer l’intelligence ? Quel est notre but sur cette terre ? Si on doit mourir, s’il n’y a rien après, alors à quoi bon aimer, lutter, faire de son mieux pour être en accord avec sa conscience.

Pourquoi toute cette morale ? Si demain nous devons mourir, alors mangeons, buvons, faisons ce qui nous plaît. Pourquoi malgré nous, nous aspirons à nous élever ?

Pourquoi lorsque nous agissons mal, nous sommes mal dans notre peau ? Ce n'est pas notre culture judéo-chrétienne avec tous ses interdits, car je n'y crois pas. C'est quelque chose qui fait partie de nous, c'est notre conscience tout simplement.

Mais notre conscience, c'est quoi ? Ce qui nous permet de distinguer le bien du mal ? À l'école il y avait des cours de morale, mais on savait naturellement quand on faisait le bien ou le mal.

Je connus en moi un grand désarroi et en même temps, un besoin impérieux de connaître les réponses à ces trois questions. Mais les réponses à ces questions existent-elles ? Je ressentais qu’elles étaient les plus importantes de la vie.

J’abandonnais l'étude par auto-hypnose, tellement les résultats étaient nuls. Par contre, j’étais attiré par tout ce genre de littérature et même le terme supra-conscient assimilé à Dieu ne me hérissait plus.

Pour arrondir les fins de mois, deux ou trois soirs par semaines, après mon travail d’aide-chimiste à la Faculté de médecine et de pharmacie, je vendais au porte-à-porte, un livre de cuisine.

Un soir, je frappais chez une famille de race noire. Dès les premiers instants, je ressentis une grande affinité avec le chef du foyer et perçus les mêmes sentiments de sympathie de son côté. Je fis la présentation du livre, la femme le trouva très intéressant et me demanda la permission de nous quitter pour le montrer à sa voisine.

L'homme et moi restâmes seuls. Il me regarda droit dans les yeux et me dit :

_ Croyez-vous en Dieu ?

Je fus surpris de cette question à laquelle je ne m’y attendais pas. Fièrement, je répondis :

_ Non, pas du tout ! Je suis athée !

Soudainement, un silence pesant s’installa entre nous. J’étais sûr, que cet homme avait mille choses à me dire et il restait là, muet, le visage fermé, avec un air désolé qui me désolait encore davantage. Le courant ne passait plus entre nous. À cette idée, je fus pris de panique. Il fallait à tout prix rétablir le contact sinon je risquais de perdre quelque chose de vital.

Alors, je m'entendis dire :

_ Je ne crois pas en Dieu, mais je crois qu'il y a en chacun de nous un petit dieu qui sommeille.

Voilà c'était dit et je n'en revenais pas. J'avais dis; moi, cette chose incroyable! Son visage s’ouvrit à nouveau, plus amical que jamais. J’étais heureux et soulagé. Il me parla de Dieu, avec une foi et des accents qui firent vibrer en moi des sentiments inconnus enfouis au plus profond de moi-même. Il me parla de Bouddha et je découvris ce grand personnage, de Jésus et Jésus ne fut plus pour moi une histoire de curés. Je passais un moment extraordinaire. Avant de partir, il me confia un livre sur la vie des maîtres d’Orient. Je le dévorai et prenais beaucoup de notes, recopiant même des chapitres complets.

Quelque temps après, le livre en main, je frappais pour la seconde fois à leur porte. À ma surprise, quelqu’un d’autre m’ouvrit et j’appris qu’ils avaient déménagé. Devant la porte entre-ouverte et cette personne inconnue, j’eus le sentiment étrange au fond de mon âme, que la famille qui vécut là, fut pour moi, comme un ange qui passe, vous laisse un message, disparaît soudainement en laissant derrière lui, une impression à la fois de rêve et de réalité. Mais le livre que je tenais dans les mains, était une preuve que je n’avais pas rêvé !

Je continuais ma quête de la Vérité, recherchant la réponse aux trois questions-clés de la vie. Cela dura sept ans. J’étudiais tout ce qui traitait des grands-maîtres spirituels de l’Inde, de Bouddha, de Pythagore, de Platon, de Jésus, …

Je remarquais que dans chaque religion, Jésus était considéré comme le Maître des maîtres ; alors je me promis d’étudier la Bible, dès que je serais spirituellement prêt.

Vers cette époque, je découvris la doctrine de la réincarnation. Je croyais avoir atteint le but. Cette doctrine au début, pouvait tout expliquer logiquement. Je compris que l’homme est responsable individuellement, collectivement de son bonheur ou de son malheur. Car si Dieu est amour, Il est en même temps justice et comme il est équitable il ne peut favoriser l’un ou l’autre. Je compris que chacun à notre niveau nous sommes responsables de l’état actuel du monde qui n’est que le reflet de nos actes collectifs vie après vie, génération après génération. Ainsi la loi du Karma agit au niveau de l’individu, des nations et de la terre entière. C’était merveilleux, à partir de la réincarnation, je pouvais tout expliquer, tout comprendre :

_ Pourquoi tel homme à trois ans jouait de grandes oeuvres au piano ? Parce que dans sa vie précédente il avait développé ce talent et dans cette vie, il en recueillait le fruit.

_ Pourquoi cet homme est homosexuel ? Parce que dans sa vie précédente il fut une femme et qu’il en gardait aujourd’hui inconsciemment la nostalgie.

Ainsi chaque malheur, souffrance, douleur, bonheur peut s’expliquer car tout ce qui nous arrive est une rétribution de nos vies passées. Naître dans tel pays, être riche, pauvre, heureux, malheureux, malade, en bonne santé…

Tout a une explication car il y a toujours une relation de cause à effet. Telle est la loi du Karma. Cette loi de justice trouve son accomplissement et sa justification dans la réincarnation. Comme les maîtres l’ont enseigné, nous récoltons dans cette vie, ce que nous avons semé dans nos vies précédentes.

J’avais compris que dans cette vie nous devons semer le meilleur de nous-même par la méditation, la recherche de la connaissance, la compassion. Alors nous aurons à notre mort une meilleure renaissance, en espérant que ce soit la dernière, celle qui nous permettra d’être absorbé dans l'Un ou Dieu.

Un jour, je me promenais, sur les quais de Bordeaux. Je remarquais, Place de la Bourse, une grande tente. Curieux, j’entrais. Au centre, je reconnus le portrait du Christ. Deux jeunes hommes d’une vingtaine d’années, sympathiques, souriants, impeccables en costume et cravate m’accueillirent.

Je fus touché par le regard lumineux, à la fois doux et amical de l’un. Ils étaient missionnaires d’une Eglise chrétienne portant un curieux nom à rallonge : Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours. Ils m’expliquèrent que leur Eglise était plus connue sous le nom d’Eglise mormone. Je n’en fus pas plus avancé. Ils me racontèrent la vie d’un prophète du nom de Joseph Smith. J’écoutais poliment. Quand ils eurent terminé, je leur demandais ce qui avant tout m’intéressait :

_ Votre Eglise croit-elle en la réincarnation ?

Leur réponse fut un non catégorique. Alors, je leur dis que cela ne m’intéressait pas.

Je continuais à étudier une abondante littérature qui d’après moi, me préparait spirituellement à étudier la Bible. Vint le jour où je me considérais fin prêt. J’allais à la « Maison de la Bible », au cours Alsace et Lorraine à Bordeaux. Une gentille petite dame âgée s’occupa de moi. Au cours de notre conversation, je lui fis part de ma préparation. Elle me regarda longuement, avec beaucoup de douceur et me dit :

_ Vous vous trompez, la Bible doit être lue comme un petit enfant.

En l’écoutant, je pensais en moi-même :

_ Ma petite dame, excuse-moi, tu es bien gentille, mais tu es à côté de la plaque.

J’apprendrai quelques années plus tard combien elle avait raison et combien j’avais tort.

Je commençais l’étude de la Bible. Je ne comprenais rien à l’Ancien Testament et bien vite je passais au Nouveau Testament.

Je découvrais :

_ Un Jésus, encore plus grand que toutes mes études antérieures me l’avaient fait connaître.

_La résurrection .

_Pas de réincarnation.

Ce fut un déchirement, car je savais qu’il ne pouvait y avoir les deux à la fois, c’était l’une ou l’autre, car tous les hommes doivent être pesés avec la même balance. Mon cœur penchait tantôt pour la résurrection, tantôt pour la réincarnation. Je trouvais la réincarnation plus juste, plus logique et en même temps, j’étais de plus en plus attiré par la personne du Christ qui disait être la Vérité, la Vie, le Chemin et la Résurrection. Il donnait des enseignements, simples directs, condensés. Une phrase de Lui équivalait à de longues pages de commentaires des maîtres que j’avais étudiés jusqu’ici.

Nous déménageâmes de Sarcignan à Cenon : à la résidence Palmer. Nous avions comme voisin de pallier, la famille Bennasar.Nous liâmes amitié avec d’autres voisins : les Vilatte. Ces derniers avaient des amis rosicruciens, qu’ils nous présentèrent. Je décidais de suivre leur enseignement. Très vite j’abandonnais. Je partage ce qu’écrit, Michel Malherbe, dans son livre « Les religions de l’humanité » :

« En fait, la mystique paraît bien éloignée des préoccupations de ces personnages (les dirigeants supérieurs de l’Ordre), à moins qu’il ne s’agisse d’une entreprise de déification de l’homme. Comment expliquer autrement l’autel que le disciple est prié d’installer chez lui et dont la pièce essentielle est un miroir entouré de baguettes d’encens ? Chacun se voit ainsi dans le miroir comme la divinité de son propre culte. Un cahier personnel où chacun relate les progrès de sa méditation complète la panoplie narcissique du disciple.

Chaque jeudi, une soirée d’étude tient lieu de grande messe. On y emploie des formules rituelles qui sont comme le négatif de celles de l’Eglise catholique.

(par exemple : « qu’il en soit ainsi », au lieu « ainsi soit-il »). L’exaltation de la puissance de l’homme situe les rosicruciens à l’opposé des croyants qui voient au contraire leur réussite et leur épanouissement à travers la reconnaissance de la toute-puissance de Dieu. Du point de vue théologique, on pourrait soutenir que l’Ordre de la Rose-Croix se comporte comme une anti-religion que certains n’hésitent pas à considérer comme d’essence satanique. »

De nouveau, je ne savais plus à quel saint me vouer. Finalement, je décidais de me débarrasser de tous les livres traitant de religion, sauf de la Bible, que je lirai entièrement une fois par an.

C’est là qu’intervient la famille Bennasar. Nous avions à l’époque de simples relations de bon voisinage. Un jour, Paul et moi, discutions sur le pallier. Je l’invitais à entrer pour être plus à l’aise. Il vit la Bible sur la table et je remarquais un petit éclair passer dans ses yeux. Il me dit, très intéressé :

_ Vous lisez, la Bible ?

Je lui répondis :

_ Oui, et je me suis promis de la lire une fois par an.

Ses yeux brillaient encore plus :

_ Nous aussi, dans notre famille, étudions la Bible, nous pourrions en parler ensemble.

J’appris que cette famille était mormone. Aussitôt, je revis, dans mon esprit, mon missionnaire, rencontré quelques années plutôt et son regard de lumière.

Suite à cette discussion, deux à trois fois par semaine, le matin à 6 heures 30, nous faisions du footing au parc Palmer. Nous parlions beaucoup de religion. À la fin d’un entraînement, Paul me proposa de rencontrer les missionnaires et j’acceptais.

Ils vinrent un soir vers 19h 30, quand je leur ouvris la porte, je me trouvais devant Elder Gyunn et Elder Ysaat (Elder signifie Ancien). Dans le regard d’Elder Ysaat, je revis exactement celui de mon missionnaire rencontré quelques années auparavant et cela me frappa. Nous eûmes une première discussion, sur la première vision du prophète Joseph Smith. La discussion dura très longtemps et déborda largement sur d’autres sujets. Nous nous séparâmes en prenant un nouveau rendez-vous. Avant de partir, ils me laissèrent le livre de Mormon, me demandèrent de le lire et de prier à son sujet.

Le lendemain, je pris le livre et m’installai confortablement dans mon fauteuil habituel. À peine, avais-je lu quelques pages, soudain je me levais et m’entendis crier :

_ Ce livre est vrai, il vient de Dieu !!!

Puis, je retombais sans forces sur le fauteuil ; sentis en moi comme une chaleur, un bien-être qui me parcourait de la tête aux pieds et je me mis à pleurer de joie et de reconnaissance comme un enfant.

Ce bonheur aucun mot ne peut l’exprimer. Ce sentiment, je l’avais ressenti dans une moindre mesure, le jour où « Kika », la grand-mère de ma femme, m’avait tendu, sa boîte à gâteaux en fer blanc de laquelle, j’en avais retiré un, avec la maxime « Sois patient tout arrive ». Je compris que j’allais avoir enfin la vraie réponse à mes trois questions. Ce moment d’euphorie passé, je réalisais que je me trouvais en face d’un problème insoluble : Je savais maintenant que le Livre de Mormon est vrai, qu’il vient de Dieu, mais il m’était impossible d’admettre l’histoire de Joseph Smith. Je ne pouvais pas croire :

_ Qu’un garçon âgé de 15 ans ait pu voir Dieu le Père et son Fils Jésus-Christ.

_ Que Dieu, ait l’apparence d’un homme !!! A la rigueur, qu’il l’ait prise pour la circonstance, je veux bien car je pensais que Dieu pouvait prendre toutes les formes. Mais les missionnaires m’affirmaient grâce à l’expérience de leur prophète que Dieu en permanence, tout comme nous, possède un corps, de chair et d’os, à la différence que le sien est glorifié et ressuscité.

Alors, une grande tristesse remplaça progressivement ma joie. Soudain, j’eus une idée. Je pris le livre de Mormon, je le serrai très fort dans mes mains, me mis pour la première fois à genoux, fermais les yeux, m’imaginais que Jésus était là devant moi et pour la première fois de ma vie, je priais à haute voix :

_ Notre Père qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donne nous aujourd’hui notre pain quotidien, pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons ceux qui nous ont offensés, ne nous abandonne pas à la tentation, mais délivre nous du mal. Car c’est à toi qu’appartiennent dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire.

Ô Jésus, tu es là devant moi, je sais que ce livre est vrai, ne m’abandonne pas, éclaire-moi encore. Fais, je te prie ce que je vais te demander. Voici, ce livre est de Dieu, je le sais maintenant, je vais le laisser s’ouvrir. Fais qu’il s’ouvre, s’il te plait, à la page qui sera ta réponse pour moi.

Je me concentrais de toutes mes forces puis, je laissais le livre s’ouvrir. J’ouvris les yeux et je lus :

« Et quand vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père Eternel, au nom du Christ, si c’est choses ne sont pas vraies ; et si vous le demandez avec un cœur sincère et une intention réelle, ayant foi au Christ, il vous en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit.

Et par le pouvoir du Saint-Esprit, vous pouvez connaître la vérité de toutes choses. »

Si un jour je voulais connaître la Vérité de toutes choses, je devais recevoir le don du Saint-Esprit, et pour recevoir le don du Saint-Esprit, je savais que je devais me faire baptiser. Alors, je me dis :

_ Sois logique et cohérent avec toi-même, tu ne crois pas que Joseph Smith ait vu Dieu, le Père et son Fils Jésus-Christ et pourtant, tu sais que le livre de Mormon est de Dieu. Ce livre le monde l’a reçu par l’intermédiaire de Joseph Smith, n’est-ce pas ? Alors admet qu’il est un prophète de Dieu et que la première vision est vraie.

J’avais reçu gratuitement de Dieu, sans aucun effort de ma part, le témoignage spirituel que le livre de Mormon est vrai, par contre, j’ai dû me battre pendant plus d’un an pour recevoir le témoignage spirituel que Joseph Smith est un prophète de Dieu. J’étudiais le livre de Moïse, d’Abraham, Doctrine et Alliances. Je priais, je jeûnais. Par cette longue démarche, j’étais arrivé à croire intellectuellement que Joseph était un prophète, mais je ne le savais pas spirituellement comme je le savais pour le Livre de Mormon.

Voici exactement, comment j’acquis le témoignage spirituel que Joseph Smith est un prophète de Dieu envoyé dans les derniers jours rétablir, sous la direction du Christ, son Eglise et la plénitude de l’Evangile éternel.

Ce jour-là, j’étudiais la section 88 de Doctrine et Alliances, je lisais, cette section que j’avais déjà eue l’occasion de lire plusieurs fois, seul ou en leçon de prêtrise avec les frères du collège des anciens :

« En vérité, ainsi dit le Seigneur, à vous qui vous êtes rassemblés pour recevoir sa volonté à votre sujet : Voici, ceci est agréable à votre Seigneur, et les anges se réjouissent à cause de vous ; les aumônes de vos prières sont montées aux oreilles du Seigneur des armées et sont inscrites dans le livre des noms des sanctifiés, à savoir ceux du monde céleste.

C’est pourquoi, je vous envoie maintenant un autre Consolateur, à savoir sur vous mes amis, afin qu’il demeure dans votre cœur, oui, le Saint-Esprit de promesse ; lequel Consolateur est celui-là même que j’ai promis à mes disciples, comme le rapporte le témoignage de Jean.

Ce Consolateur est la promesse que je vous donne de la vie éternelle, à savoir la gloire du royaume céleste ; laquelle gloire est celle de l’Eglise du Premier-Né, à savoir de Dieu, le plus saint de tous, par l’intermédiaire de Jésus-Christ, son Fils :

_ Lui qui est monté là-haut, de même qu’il est descendu au-dessous de toutes choses, en ce qu’il a embrassé toutes choses, afin d’être en toutes choses et par toutes choses, la lumière de la vérité.

_ Laquelle vérité luit. C’est la lumière du Christ. De même qu’il est dans le soleil, et la lumière du soleil, et le pouvoir par lequel il a été fait.

_Il est aussi dans la lune, et est la lumière de la lune, et le pouvoir par lequel elle a été faite ;

_ Et aussi la lumière des étoiles et le pouvoir par lequel elles ont été faites ;

_ Et la terre aussi et son pouvoir sur laquelle vous vous tenez.

[1]Et il y a beaucoup de royaumes, car il n’est point d’espace dans lequel il y ait un royaume ; il n’y a point de royaume dans lequel il n’y a point d’espace, que ce soit un grand ou un petit royaume.

Et à tout royaume est donnée une loi ; et à toute loi, il y a certaines limites et certaines conditions.Et ces royaumes se donnent de la lumière l’un à l’autre, en leurs temps et en leurs saisons, en leurs minutes, en leurs heures, en leurs jours, en leurs semaines, en leurs mois, en leurs années. Tout cela est une année pour Dieu, mais pas pour l’homme.

Et la lumière qui luit, qui vous donne la lumière, vient par l’intermédiaire de celui qui illumine vos yeux, qui est cette même lumière qui vivifie votre intelligence ; laquelle lumière sort de la présence de Dieu pour remplir l’immensité de l’espace, la lumière qui est en toutes choses, qui donne la vie à toutes choses, qui est la loi par laquelle tout est gouverné, à savoir le pouvoir de Dieu qui est assis sur son trône, qui est dans le sein de l’éternité, qui est au milieu de toutes choses.

À quoi comparerai-je ces royaumes pour que vous compreniez ? Voici, je comparerai ces royaumes à un homme qui a un champ, qui envoya ses serviteurs dans le champ pour labourer le champ.

Il dit au premier : Va travailler dans le champ et je viendrai vers toi dans la première heure, et tu verras la joie de mon visage.

Et il dit au deuxième : va aussi dans le champ et à la seconde heure et je te visiterai de la joie de mon visage.

Et également au troisième en disant : Je te visiterai.

Et au quatrième, et ainsi de suite jusqu’au douzième.

Et le seigneur du champ alla vers le premier, à la première heure, et demeura avec lui pendant toute cette heure et il se réjouit de la lumière du visage de son seigneur.

Alors, il se retira du premier afin de visiter également le deuxième et le troisième, et le quatrième, et ainsi de suite jusqu’au douzième.

Et ainsi, ils reçurent tous la lumière du visage de leur seigneur, chacun en son heure, en son temps et en sa saison ; Commençant par le premier et ainsi de suite jusqu’au dernier, et du dernier au premier, et du premier au dernier ; Chacun en son ordre propre, jusqu’à ce que son heure fût terminée, selon ce que son seigneur lui avait commandé, afin que son seigneur fût glorifié en lui et lui en son seigneur, afin qu’ils fussent tous glorifiés.

C’est pourquoi, c’est à cette parabole que je comparerai tous ces royaumes et leurs habitants, chaque royaume en son heure, en son temps et en sa saison, conformément au décret que le Seigneur a lancé. »

Quand j’eus fini de lire cette parabole, j’ai su sans l’ombre d’un doute que Joseph Smith recevait personnellement, face à face avec le Seigneur ou par le pouvoir du Saint Esprit, la parole du Seigneur.

Je savais que cette parabole des royaumes ou paraboles des mondes, n’était pas de l’homme mais du Seigneur lui-même. Je savais, sans l’ombre d’un doute, que l’Auteur de cette parabole, est le même que Celui des merveilleuses paraboles du Nouveau Testament.

Alors, je ressentis, comme pour le livre de Mormon cette merveilleuse chaleur me parcourir de la tête aux pieds et me faire pleurer de reconnaissance ; cette joie unique que seul Dieu peut donner à ses enfants.

Je n’avais plus simplement un témoignage intellectuel de Joseph, mais enfin un témoignage spirituel de lui et de sa mission.

Chaque fois que j’ai reçu un témoignage spirituel d’une Vérité de l’Evangile, c’est toujours de cette manière que je l’ai reçu.

Ces merveilleuses expériences, malheureusement, ne furent pas quotidiennes, loin de là. Elles ont été plutôt rares et si je compte bien, elles ne dépassent pas les doigts de mes deux mains au cours des 25 dernières années. Pourtant, je peux dire, au nom du Seigneur Jésus-Christ, qu’un jour je sais, que je serai devant mon Rédempteur, que je pourrais baiser ses pieds de reconnaissance et d’amour, les mouiller de mes larmes, car je me tiendrai en sa présence et je pourrais enfin contempler sa gloire. Pourtant, même en cet instant béni, je ne saurais pas plus qu’en ce moment :

_ Qu’il est le Christ,mon Sauveur, mon Rédempteur,

_ Que Joseph Smith est son prophète et que si Jésus nous a sauvé de nos péchés, il a envoyé Joseph nous sauver de notre ignorance.

_ Que le Livre de Mormon a été traduit par le don et le pouvoir de Dieu afin de rétablir la vraie doctrine, confondre les fausses, compléter la Bible, dans tout ce qui a été perdu, retranché, mal retranscrit ou perverti à dessein ou par ignorance, être avec elle, un témoin vivant du Christ.

_ Que Joseph Smith, sous la direction du Sauveur, a rétabli l’Eglise de Jésus Christ et la plénitude de son Evangile Eternel.

Le goût du sel

Tel est mon témoignage et ce témoignage, c’est comme la foi ; comme croire en Dieu, c’est impossible à prouver. Pourtant quand on sait, on sait tout simplement et c’est tout ce que nous pouvons dire. Prenons un exemple. Essayez d’expliquer, par des mots le goût du sel, à une personne qui ne l’a jamais goûté. Vous constatez qu’il n’y a pas de mots pour faire connaître comme vous connaissez le goût du sel à cette personne. Et pourtant, d’une manière certaine, vous connaissez le goût du sel !

Pour connaître le goût du sel, il faut tout simplement, le goûter n’est-ce pas ? Il en est des choses spirituelles, comme du goût du sel, pour le connaître, il faut personnellement le goûter. Alors, quand on y a goûté on le connaît et on le reconnaît à jamais, parmi une infinité d’autres goûts.

Religiosité à la carte

L’homme d’aujourd’hui, à la recherche de spiritualité, devant tant de connaissances, de moyens de communication, de choix, se trouve dans le cas de l’acheteur dans un super-marché et quelqu’un a dit :

« C’est pourquoi on assiste au développement d’une nouvelle religiosité à la carte : chacun prend un chariot et fait librement son choix dans un supermarché du religieux devenu planétaire. »

Comme si ce n’était pas suffisant, un sage de l’Inde, [2]« exprimait une idée foncièrement hindoue lorsque, questionné sur la possibilité d’une religion universelle, il répondit, au grand étonnement de ses auditeurs, que l’idéal n’était pas une religion uniforme à laquelle tous les hommes devraient se soumettre, mais autant de religions que d’individus. Autant d’hommes autant de dieux. Les hindous ont reconnu là une vérité découlant des limitations de l’humanité, de son caractère non infini, de l’étroitesse de ses points de vue ».

Un autre sage, développait cette idée :

« Y aura-t-il dans l’avenir une religion universelle ? Nous pourrions aussi demander : Y aura-t-il jamais un manteau qui soit à la taille de tout le monde. »

Ainsi aujourd’hui, non seulement, il y a le choix d’une infinité de religions, mais surtout sous l’influence des religions orientales, celui qui est en quête de religiosité, est convaincu que la Vérité se trouve éparpillée, un peu dans chaque religion. Alors il se crée son propre cocktail en prenant un peu ici, un peu là et se forge sa croyance en fonction de ses besoins. Ainsi le souhait de ces sages de l’Inde se trouve en partie réalisé. Pourtant les lois physiques, comme celle de la gravitation nous démontrent exactement le contraire. Cette loi ne s’adapte pas en fonction des races, des pays et des besoins individuels. La loi de la gravitation est la même pour tout le monde. Il en est ainsi de toute loi physique. Pourquoi en serait-il différent des lois spirituelles qui par principe sont supérieures aux lois physiques ?

Ces maîtres d’Orient, préconisent autant de religions que d’individus, pourtant celui qu’ils considèrent souvent comme un des plus grands maîtres, sinon le plus grand, Celui qui de plus, est un Dieu d’amour, un Sauveur, un Dieu qui s’est fait homme, a dit :

« Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par-là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. »

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