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islam, Auteur Victor OJEDA | Bloguez.com

 Mensonge, virginité, mariage et Islam

20/5/2009
Mensonge, virginité, mariage et Islam
Posté le Vendredi 21 novembre 2008 @ 22:44:00 par CPDH
Société

L'affaire avait fait grand bruit et soulevé l'indignation : le 1eravril 2008, le TGI de Lille avait annulé un mariage entre deuxmusulmans contracté la veille pour cause d'absence de virginité del'épouse. La future épouse avait menti à son fiancé sur sa virginité,sachant que celui-ci tenait cette qualité pour une conditionessentielle de leur union. Constatant la rupture de l'hymen, le mariavait alors décidé (comme son épouse) de demander l'annulation dumariage.

Lesmédias, les politiques et diverses associations s'étaient alors emparésdu jugement et avaient parlé de justice rétrograde, sexiste etméconnaissant la laïcité. Après hésitation, le ministre de la Justice,Rachida Dati, avait demandé au parquet de faire appel du jugement. Par ailleurs, le juge qui avait statué en première instance aurait reçu des menaces.

La cour d'appel de Douai a infirmé le jugement, le 17 novembre dernier, en considérant que « La virginité n'est pas une qualité essentielle et que son absence n'a pas d'incidence sur la vie matrimoniale. »

Au-delàdu déferlement de paroles sur ce cas qui a tourné à la manipulationpolitique, chacun se sentant tenu de condamner la décision du juge degrande instance pour ne pas être taxé d'archaïsme moral, il y a lieu dese questionner sur la décision d'appel. En plus de ne pas être conformeau droit, elle crée une instabilité juridique nuisible aux échangessociaux. Le droit est-il condamné à ne plus prendre en compte laconfiance dès lors que des questions de morale, même choquantes, sonten jeu ?

Pour aller plus loin...

Ordre moral ou sécurité contractuelle ?

Lemariage, comme tout contrat, repose sur la confiance des parties. Ledroit prend en compte cette nécessité et la sanctionne. « On lie les bœufs par les cornes et les hommes par leurs paroles», dit l'adage juridique. Si l'engagement n'est plus sérieusementconsidéré, la justice peut être appelée à trancher. C'est son rôle degarantir la sécurité des contrats.

Dansla présente affaire, il y a eu coïncidence entre cette obligationjuridique et l'exigence de virginité de la fiancée que pose unereligion, l'Islam. Cette coïncidence a été éludée par ceux qui ontdénoncé le jugement du TGI. Ils ont préféré ne retenir que l'aspect sociétal et non l'aspect social du jugement.La prétendue nature communautariste de la décision est l'aspectsociétal dénoncé : une discrimination aurait été commise poursatisfaire un groupe de croyants. La justice française serait en voiede dhimmitude, de soumission à l'Islam. Sans chercher à vérifier lapertinence de ces affirmations, nous constatons que dans le casprésent, c'est l'aspect social qui a été considéré par le juge : si lejuge valide le prétendu droit au mensonge, la société n'est, au moinsjuridiquement, plus viable. Que dit le droit ?

L'article 180 alinéa 2 du Code civil dispose que « S'ily a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de lapersonne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage. » La question n'est pas la virginité en soi mais la confiance dans l'autre partie au contrat de mariage. Dès lors, l'argument de la cour d'appel postulant que « La virginité n'est pas une qualité essentielle et que son absence n'a pas d'incidence sur la vie matrimoniale » est hors sujet.

Avue immédiate, le juge d'appel semble répondre de manière conforme à laloi, car le droit français ne considère pas la virginité de la fiancéecomme essentielle pour la validité d'un mariage. Elle relève de lasphère intime, l'Etat n'endossant pas un rôle de matrone vérifiant larupture ou non de l'hymen, et c'est bien ainsi. Mais ce que le juge degrande instance avait mis en évidence, c'était le mensonge qui viciait le contrat.Il y a pure coïncidence entre cette question intime et l'exigencejuridique. Et il est tout à fait possible que le juge n'adhère pas àl'exigence islamique de la chasteté prénuptiale. On peut même direqu'adhérer à ce principe moral ne conduit pas forcément à admettremoralement de telles demandes en justice en ce qui concerne uneéventuelle obsession de pureté. En revanche, que l'on approuve ou nonces principes islamiques, on ne peut qu'admettre juridiquement lademande d'annulation.

Lelégislateur est sollicité : on lui demande de changer le droit pourêtre dans l'air du temps. Pourtant le droit actuel ne préjuge pas de labonne norme sexuelle, hormis l'interdiction des crimes et délits en lamatière qu'il pose, tels la pédophilie. Quelque part, le droit n'estdonc pas en rupture avec l'ambiance actuelle. Et c'est un mauvaisprocès qui lui est fait par ceux qui préfèrent le dénoncer pour être leplus visible possible, sans considération pour les conséquences deleurs revendications. Ainsi, si le ministre de la Santé RoselyneBachelot a pu parler d'un «droit au mensonge [qui serait] aussi un droit fondamental de l'êtrehumain », il est possible d'objecter qu'à supposer que ce droit existe,il ne serait que celui d'être humains hors de tout schéma social. Et ilserait alors préférable de parler de liberté de mentir plutôt que dedroit, car les droits n'existent pas hors de la société, au contrairede la liberté. Chacun est libre s'il le souhaite de se mentir àlui-même comme Tartarin de Tarascon. Mais en société le mensonge équivaut à l'instabilité et à la faillite.D'ailleurs, concernant le mariage, il y a fort à parier que lesdéfenseurs d'un soi-disant droit au mensonge refuseraient d'être trahispar leurs époux. Condamneraient-ils une décision de justice annulant unmariage pour erreur sur les qualités essentielles de la personne suiteà la découverte par l'un des époux que son conjoint maintenait uneliaison anténuptiale qu'il ne comptait pas rompre (TGI, Le Mans, 7décembre 1981) ? Ou encore une décision annulant un mariage parce quel'un des époux avait caché sa qualité de divorcé (Cour de cassation, 2décembre 1997) ? La justice qui refuse le droit au mensonge serait-ellerétrograde quand elle condamne un homme pour avoir caché sa séropositivité à sa compagne(1) (Tribunal correctionnel, Marseille, 2 juin 2008) ?

Enrevanche, si la première décision ne soulève pas de malaise sur le planjuridique, elle ne laisse pas le juriste sans interrogations morales auniveau des motifs de l'époux : quelle conception de la femme a étédéfendue devant le TGI ?

L'annulation à cause du mensonge ou de l'absence de virginité ?

Nousne pouvons sonder les méandres de la pensée de l'époux, mais la cultureislamique accordant une importance démesurée à la virginité de lafemme(2), il est possible de se demander si ce qui a le plus comptédans le choix de saisir la justice est cette absence de virginité ou lamalhonnêteté. Nous ne pouvons trancher, une réponse seraitprétentieuse. En revanche, il est possible de procéder par comparaisonavec le Christianisme.

Dans l'Evangile de Jean (8 :1-11), le Christ refuse de condamnerune femme adultère. On ne sait s'il s'agit d'une femme mariée ou d'unefemme seule qui commerce avec un homme marié. L'important est qu'ellene correspond pas aux exigences légales du Judaïsme et que le Christ nela réduit pas à sa faute. Dans le livre des Actes (10:14-15), Dieudemande de considérer comme pur ce que lui purifie.Ce texte qui concerne des étrangers au peuple juif, vaut également pourtoute personne passée par la repentance de ses péchés. Pour lechristianisme, le pécheur ne peut être réduit au péché, et celui quiabandonne son péché ne peut être considéré comme étant encore sous cepéché. De manière interprétative, le fiancé qui n'est plus vierge maisqui s'est repenti est vu comme vierge. Cela n'exclut pas une réalitédans son histoire, mais invalide cette histoire même si desconséquences peuvent exister, des conséquences non « légales»toutefois. Le christianisme ne fait ainsi pas de la virginité, qu'ilrecommande, un sujet d'obsession. De même, s'il demande que la jeunefille se garde de toute relation sexuelle avant le mariage, il formulela même demande à l'endroit du jeune homme. Il n'y a pas de discrimination entre l'homme et la femme. En ce qui concerne l'Islam c'est beaucoup moins sûr.

Nouspouvons nous demander en quoi le choix de l'homme serait plus importantque celui de la femme, laquelle devrait rester chaste jusqu'au mariageet accepter un homme qui aurait eu des aventures sexuelles (cas de laseconde épouse et des suivantes dans le cadre de la polygamie).D'autant plus qu'en droit islamique le mariage n'est pas un cadrejuridiquement sûr pour la femme puisqu'elle peut être répudiée. Cetteexigence de virginité féminine est réducteur pour la femme : sa valeuret sa dignité sont ramenées à l'absence d'altération d'une membrane ;elle n'est plus considérée que comme un objet de décoration et noncomme un être singulier porteur d'espoirs, de rêve et de désirs.

Etc'est en examinant quelque peu cette pensée islamique que l'on se rendcompte que la décision du TGI de Lille, récemment infirmée, n'avaitrien de méprisant pour la femme. En effet, la justice française a déjàannulé des mariages pour cause d'impuissance de l'époux(3). Cesjugements ou arrêts antérieurs à l'arrêt de la cour d'appel de Douai nesont pas porteurs d'idéologie, mais sanctionnent le mensonge. Il aainsi pu y avoir annulation de mariage pour cause de dissimulation d'unmariage antérieur (Cour de cassation du 2 décembre 1997) ou d'unecondamnation antérieure. La justice laïque pourrait faire siennes ces vers de Jean Racine inspirés de la Bible : « Les méchants m'ont vanté leurs mensonges frivoles : mais je n'aime que les parole de l'éternelle vérité. »

(Jean Degert) CPDH - 21/11/08

(1) Contrairement à ce que peuvent dire certains médias et le lobby gay, ce n'est pas la séropositivité qui a été sanctionnée mais le mensonge.

(2)Nous ne nous occupons pas des questions liées à la rupture accidentellede l'hymen sans rapport sexuel, ni du fait qu'un hymen peut resterintact malgré un tel rapport. La seule chose que nous pouvons en direest que l'état de cette membrane n'est pas une preuve infaillible d'unrapport sexuel antérieur au mariage ou de la chasteté prénuptiale.

(3)L'Islam aussi permet l'annulation du mariage si l'époux est impuissant(Majmu' Al-Fatawa 29/94), mais ce qui est souligné à propos desdécisions de la justice française c'est qu'il ne s'agit pas destigmatiser les femmes, que l'Islam soit impliqué ou non.

Tags : mariage virginite Mensonge Islam

Catégorie : !55 Articles à méditer/03

 Karzaï bafoue les droits des femmes afghanes

4/4/2009

http://blog.lefigaro.fr/inde/2009/04/karzai-sacrifie-le-droit-des-f.html

Karzaï bafoue les droits des femmes afghanes

Miniature de l'image pour Miniature de l'image pour Karzai 1506.jpgLe président Hamid Karzai vient de signer une loi carrément "punitive" pour les femmes de la communauté chiite en Afghanistan. Manoeuvre électoraliste ? Ou simplement la preuve que Karzaï n'a jamais été un grand libéral ?

Il y a moins d'une semaine, le président afghan Hamid Karzaïapplaudissait des deux mains la nouvelle politique de Barack Obama pourl'Afghanistan et le Pakistan. Et pour cause. L'Af-Pak désigne clairement le Pakistan comme l'origine de tous les maux,la plaque tournante du terrorisme universel. C'est là qu'il faut porterle fer, a déclaré Obama, ce que l'on dit depuis longtemps à Kaboul. Jesuis "en accord total" avec la nouvelle stratégie de Washington, avaitlancé Karzaï. "C'est exactement ce qu'attend le peuple afghan",avait-il affirmé en allusion à l'approche régionale déclinée par Obamapour trouver une issue à la guerre afghane. Elle inclurait notammentl'Iran, une première.

Mais l'Occident est-il en accord total avec Karzaï ?

Revigoré par un semi-retour en grâce auprès de Washington, leprésident afghan est-il allé trop loin ? Il vient de signer une loi «pire que sous les talibans» pour les femmes, affirme la sénatrice afghane Humaira Namati dans le quotidien britannique The Guardian.

 " Selon le journal anglais, cette loi interdirait aux femmes desortir de chez elles, de chercher du travail, de s'éduquer ou d'allerchez le médecin sans la permission de leur époux. Un article de la loiinterdirait aux femmes de refuser de faire l'amour avec leur mari (theycannot refuse their husband sex) !" peut-on lire sur un blog publié surle site Internet Mediapart sous le titre : "Karzaï est-il pire que les talibans ?"

" Le président afghan Hamid Karzaï, àquelques mois d'élections compliquées, a fait voter une loi relative austatut des femmes qui ne va pas forcément dans le sens de la« détalibanisation » du régime souhaitée par l'occident. Selon TheGuardian, cette nouvelle législation interdit aux femmes chiiteshazaras de refuser d'avoir une relation sexuelle avec leurs époux et desortir sans leur permission", renchérit Rue89. Qui pousruit : "cette nouvelle tombe au plus mal au moment où Barack Obama vient enEurope demander à ses alliés des renforts de troupes pour le frontafghan et où les Etats-Unis se préparent eux-mêmes à y envoyer 4.000formateurs militaires supplémentaires afin d'empêcher le retour à labarbarie des talibans ."

Mardi, à La Haye, lors de la Conférence surl'Afghanistan, les ministres des Affaires étrangères des paysscandinaves sont montés au créneau. Hillary Clinton, la Secrétaired'Etat américaine, aurait, elle aussi, demandé des explications auprésident afghan lors de leur rencontre en tête-à-tête. " Le doit desfemmes est au centre de la politique étrangère de l'AdministrationObama ", a déclaré Hillary Clinton à la sortie de l'entretien. Hier,c'est la classe politique canadienne dans son ensemble qui étaitvent-debout. 

La loi que vient de signer Karzaï viole laCharte des Nations unies, mais aussi la Constitution afghane. Nombred'analystes considèrent cependant que la démarche du chef del'Etat afghan vise avant tout à s'assurer le soutien des conservateursen vue de l'élection présidentielle du 20 août. Reste que les députésqui tentent de soutenir Hamid Karzaï ont des arguments plutôt faibles." Ce projet de loi est très clément en comparaison du droit civil qui acours depuis quarante ans. Par exemple, selon la nouvelle loi, unefemme chiite peut demander le divorce si son mari n'est pas en mesurede la nourrir ou s'il disparaît pendant une longue période", affirmel'un d'entre eux. Tout est relatif, il est vrai...

Tags : taliban afghan femmes religion islam

Catégorie : !70_News Société/2009/03

 «A l’Iran voisin, je dis: cherchez des amis, plutôt que des ennemis!»

1/4/2009
http://www.24heures.ch/actu/monde/iran-voisin-dis-cherchez-amis-ennemis-2009-03-30

«A l’Iran voisin, je dis: cherchez des amis, plutôt que des ennemis!»

RELIGION | Fait rarissime, l’un des quatre plus grands ayatollahs d’Irak reçoit une poignée de journalistes étrangers. Il se démarque de Téhéran et prône la séparation des rôles entre religieux et politique.


ANDRÉS ALLEMAND DE RETOUR D’IRAK | 31.03.2009 | 00:00

© DR | Mohammed Saïd al-Hakim pourrait bien devenir le guide suprême des chiites.

Le prochain «pape» du chiisme, ce serait lui: le grand ayatollah Mohammed Saïd al-Hakim. C’est le bruit qui court dans la ville sainte de Nadjaf, le «Vatican» de cette branche de l’islam regroupant 10 à 12% des musulmans. Il serait le mieux placé pour succéder à Ali al-Sistani, le plus éminent des quatre membres de la Marjaya, une autorité religieuse reconnue bien au-delà de l’Irak: en Iran, en Azerbaïdjan, au Koweït, à Bahreïn, au Yémen, au Liban, en Afghanistan, au Pakistan…

Six ans après la chute de Saddam Hussein, les pèlerins affluent. Ils seraient chaque année 12 millions à parcourir à pied les centaines de kilomètres les séparant de leur «capitale» religieuse et des lieux saints de Kerbala. Des croyants très motivés, qui versent 20% de leurs revenus au guide religieux de leur choix. C’est-à-dire, au total, autant que la rente pétrolière irakienne!

Malgré sa légendaire discrétion, le grand ayatollah a bien voulu répondre aux questions d’un petit groupe d’universitaires et de journalistes étrangers, invités en Irak par la fondation de la famille Al-Hakim. Histoire d’offrir au monde un autre visage du chiisme.

– Avez-vous l’impression que le monde se trompe en vous associant aux autorités chiites d’Iran?
– Nous en souffrons. C’est une erreur médiatique. L’histoire est claire: l’Iran a connu le chiisme tardivement. Ce sont des tribus irakiennes réfugiées à Qom qui le lui ont amené. La source est ici. Toutes les hausa (ndlr: les «universités» pour religieux chiites) font référence à Nadjaf.

– Votre approche diffère-t-elle de celle des religieux iraniens?
– Dans mes dialogues avec les responsables iraniens, je leur dis: «Travaillez à trouver des amis plutôt qu’à vous faire des ennemis!» Mettre de côté les différences et collaborer, c’est ce que prônaient les imams (ndlr: les douze premiers guides spirituels de l’histoire du chiisme). Et c’est ce que nous avons tenté dès la chute de Saddam Hussein, en appelant au calme. Il y a en Irak plusieurs confessions et cultures. Il n’est pas sage de nous entre-tuer. Nous refusons de cultiver la haine.

- Le président iranien Ahmadinejad dit vouloir la destruction d’Israël. Qu’en dites-vous?
– Avec le peuple juif, nous n’avons aucun problème. Mais nous en avons avec un Etat, Israël, qui opprime un autre peuple. Songez que les juifs n’étaient pas si nombreux en Palestine il y a seulement cent ans! Nous n’acceptons pas cette injustice.

– Mais que conseillez-vous aux musulmans? Tenter de rayer Israël de la carte? Accepter de fonder un petit Etat palestinien?
– Ça, c’est l’affaire des politiques…

– Que pensez-vous des Américains, qui vous ont laissés seuls face à la vengeance de Saddam Hussein après la guerre du Koweït en 1991, avant de vous en délivrer douze ans plus tard?
– Nous restons très amers. Les Etats-Unis ont perdu en 1991 la confiance des élites religieuses et du peuple irakien.

– Pourtant, aujourd’hui, vous leur faites confiance…
– Il n’y a pas de confiance. Seulement des intérêts communs.

– L’évolution actuelle en Irak vous rend-elle confiant pour l’avenir?
– L’ancien président iranien Rafsandjani m’a posé la même question. Il n’est pas aisé pour moi d’anticiper. Cela dépend de la sécurité, de l’économie… Notre priorité à nous restera inchangée: préserver notre foi.

– On dit que les politiciens chiites viennent prendre leurs ordres auprès de vous…
– C’est difficile pour nous de dire aux politiciens ce qu’ils ont à faire. A eux de prendre leurs responsabilités. Nous avons contribué à calmer les esprits après la chute de Saddam Hussein, mais nous ne sommes pas disposés à entrer dans le jeu politique. Vous savez, cela fait 1400 ans que les chiites résistent. Si nous avons pu survivre si longtemps, c’est parce que nous avons évité de nous associer aux pouvoirs successifs. Nous pouvons offrir des conseils à ceux qui viennent en chercher. Rien de plus. Voilà pourquoi les gens nous aiment: nous n’avons pas d’agenda politique.​



Tags : Iran islam Irak teheran ayatollahs religion politique paix

Catégorie : !70_News Société/2009/02

 

1/1/1970

http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=63336

Paul Balta
''Que mare nostrum devienne un jour mater nostra''
Par Amel Djait

 

  • Né à Alexandrie (grand-père libanais, mère copte, père français d'origine grec-chypriote), Paul Balta est un pur produit de l’Orient cosmopolite d’antan. Journaliste, écrivain, il n’a jamais été aussi actif que depuis qu’il a quitté Le Monde où il mena une longue carrière.

    Maghreb, Proche-Orient, Islam, Méditerranée… sur ces sujets, il n’a cessé de réfléchir et d’écrire. Entretien!

  •  

  • Webmanagercenter: Après avoir travaillé longtemps au quotidien Le Monde, quel a été votre état d’esprit en le quittant ? Et comment jugez-vous son évolution aujourd’hui ? Pour beaucoup le journal est méconnaissable…

    Paul Balta : Je suis entré au Monde en 1970, au service Proche-Orient que dirigeait Eric Rouleau. J'ai été correspondant du Monde au Maghreb, de la Libye à la Mauritanie, basé à Alger, de 1973 à 1978. Au retour, j'ai été nommé chef de la rubrique Maghreb, mais j'ai continué à m'occuper du Proche-Orient. C'est moi qui ai «couvert» la révolution iranienne d'octobre 1978 à mai 1979. En l985, j'avais deux possibilités : devenir chef de la rubrique Proche-Orient puisque Rouleau venait d'être nommé ambassadeur à Tunis, ou prendre une préretraite. Comme je faisais des journées très longues (6h30 à 17h et souvent 20h pour des réceptions ou des conférences-débats) et que j'écrivais des livres seul ou avec mon épouse Claudine Rulleau, je sacrifiais très souvent mes week-end et une partie de mes vacances.

    J'ai donc opté pour la préretraite. Le journal a conservé sa qualité sous la direction d'André Fontaine. J'avoue que très vite, après le départ d'André Fontaine à la retraite et sous la direction de Jean-Marie Colombani qui s'était attribué un énorme salaire et voulait faire des économies sur le dos du journal et des journalistes, le quotidien a commencé à dégringoler !

    Certes, un journal évolue, se transforme. Mais force est de constater que Le Monde n’a plus l’expertise d’avant sur les problèmes du Maghreb, le Moyen-Orient et, pour ainsi dire, du monde arabe. A quoi attribuez-vous ces choix ?

    En faisant des économies, Colombani s'est privé des vrais spécialistes. À titre d'exemple, Le Monde était le seul quotidien qui avait trois arabisants à la rubrique Proche-Orient, Eric Rouleau, Jean Gueyras et moi. Après nos trois départs, cela n'a plus été le cas. De même pour les autres grandes rubriques (Afrique, Amérique latine, etc.). En outre, la direction a supprimé de nombreux postes de correspondants, notamment à Alger, Tunis, Rabat, ainsi qu'au Caire et à Téhéran. Mouna Naïm, nommée correspondante à Beyrouth, est supposée couvrir l'ensemble du Proche-Orient. C’est rarement le cas.

    Néanmoins, avec la nomination comme directeur d'Éric Fottorino en 2008, la qualité du journal s'améliore, mais il reste encore du chemin à parcourir. En particulier en ce qui concerne le monde arabe. Un exemple : les articles du Figaro sur l’Arabie saoudite sont plus nombreux et bien meilleurs que ceux du Monde.

    Vous venez d’écrire un livre sur Islam et islamisme, avec votre femme Claudine Rulleau. Quel état des lieux dressez-vous ?

    L’islamisme contre l’islam est un thème complexe, riche en contradictions et en paradoxes. Quel bilan peut-on dresser ? Quelles conséquences découlent de l’apparition puis du développement des thèses et des actions des islamistes et d’Al Qaida, chez les musulmans eux-mêmes tout d’abord puis chez les autres ? On ne se rend souvent pas compte en Occident en général et en Europe en particulier que les musulmans sont, sur tous les plans, les premières et les plus nombreuses victimes des attentats islamistes. Même si une infime minorité les approuve et s’y rallie, les réactions vont de la colère à la tristesse, du dégoût de leurs coreligionnaires violents et terroristes à l’abattement.

    Pour marquer leur désapprobation, certains vont jusqu’à se déclarer ”musulmans islamophobes” ; quelques-uns abandonnent leur pratique religieuse, d’autres se convertissent, le plus souvent secrètement ; de l’avis de tous les spécialistes, il est difficile de chiffrer ces conversions. L’islamisme joue là parfaitement contre l’islam. Ce n’est sans doute pas un hasard si de vifs débats ont lieu entre les dirigeants de l’islamisme radical dont certains, conscients qu’il décourage de nombreux croyants, prônent l’abandon de la violence, du jihad armé et des attentats.

    Même s’il faut nuancer constamment le propos, souvent en Occident –et notamment en France– on parle de l’islam alors qu’on pense islamisme. Quelle explication donner à cette confusion ?

    D'abord, n'oublions pas qu’en France, depuis le XIXè siècle, la définition la plus courante de l’islamisme, «islam» ou «doctrine de l’islam», était donnée par les dictionnaires usuels, par analogie avec judaïsme et christianisme. Ce fut le cas jusqu’au début des années 1970. En effet, elle a été jugée «vieillie» après que les Frères musulmans, dont l'organisation a été fondée en Égypte par Hassan Al Banna en 1928, eurent forgé le néologisme islamiyyoun, islamistes, en 1970, pour affirmer leur spécificité militante. Ils ont été la matrice de la plupart des mouvements islamistes dont le plus violent est Al Qaida, constitué en 1988.

    Les dictionnaires donnent donc la définition suivante de l'islamisme : «Désigne les courants les plus radicaux de l’islam qui veulent faire de celui-ci non plus essentiellement une religion, mais une véritable idéologie politique par l’application rigoureuse de la charia (loi islamique) et la création d’États islamiques intransigeants».

    Les attentats du 11 septembre 2001 ont incontestablement renforcé en Occident l'islamophobie. Cela dit, il faut bien admettre que les Européens ne connaissent guère l’islam et s’en méfient. Ils ont donc tendance à confondre islam et islamisme. Certains vont même jusqu’à poser l’incroyable équation : arabe = musulman = islamiste = terroriste. C’est pour contribuer à clarifier les choses que nous avons écrit notre livre.

    A travers certains discours de part et d’autre, on a le sentiment qu’on est entré dans une «culture du choc de civilisations». Pensez-vous que l’on s’achemine vers ce choc frontal ?

    Il me paraît fondamental de rappeler un fait trop souvent occulté : le paradoxe américain. En effet, au milieu du XXème siècle, les États-Unis ont soutenu, pour des raisons politiques et économiques, les Frères musulmans et d’autres mouvements de la même mouvance contre les dirigeants nationalistes. Puis ils ont financé et aidé les talibans contre l’URSS. Victimes d'un tragique retournement de l'histoire, ils ont subi le 11 septembre 2001. Ils ont alors dénoncé ”l’axe du mal”, souscrit à la thèse du ”choc des civilisations” de Samuel Huntington et déclaré la guerre à Al Qaida. Leurs erreurs ont, hélas ! contribué à certains égards à renforcer l’influence d’Oussama Ben Laden.

    N'oublions pas non plus que George W. Bush a commis une erreur gravissime en accusant Saddam Hussein d’être un allié d’Al Qaida alors qu’il en était le principal adversaire. En intervenant en Irak en 2003, les États-Unis ont contribué à y introduire les kamikazes d’Al Qaida. Cette guerre et leur soutien quasi-inconditionnel aux Israéliens ont eu des conséquences déplorables dans le monde arabe et contribué au «choc des civilisations». S’oriente-t-on vers un «choc frontal» ? À ce propos, je voudrais citer un passage de l’interview accordée au quotidien El Watan, par Mgr Ghalib Bader, né en Jordanie qui vient d’être nommé par le Vatican, archevêque d’Alger, en remplacement de Mgr. Tessier. Il déclare : «Je ne crois pas au choc, à la confrontation des civilisations, des religions. C’est la complémentarité des civilisations qui a fait l’histoire de notre monde. Chaque civilisation apporte sa touche. Ce fait de la complémentarité est plus que jamais aujourd’hui une nécessité si l’on se réfère à la déliquescence des valeurs, au climat tendu, en raison des crises aiguës qui secouent la planète. La confrontation ne sert qu’à détruire la paix et Dieu seul sait combien on a besoin de cette paix par les temps troubles qui courent. Remarquez qu’une seule civilisation dans le monde serait monotone. Dans un orchestre, tous les instruments sont nécessaires pour avoir une belle symphonie. L’enrichissement réciproque entre toutes les cultures est un bel avantage, un atout inestimable».

    Au terme de votre réflexion, pensez-vous que le radicalisme islamique d’aujourd’hui soit d’une nature différente par rapport à ce qui a existé dans le passé et surtout qu’il soit en mesure de cannibaliser l’islam ?

    Dès le début et tout au long de son histoire, l’islam a connu des accès de fièvre. Un mouvement pendulaire n’a cessé d’osciller entre deux tendances : celle des rigoristes qui mettent l’accent sur l’unité de la oumma, communauté des musulmans (de oumm, la mère) et une application sans concession des règles religieuses ; celle des «régionalistes» qui privilégient les traditions locales, les spécificités ethniques et les valeurs plus tolérantes de la patrie commune. La première, plus intransigeante est celle du royaume d’Arabie, adoptée au IXème siècle, toujours en usage. Il y eut plusieurs dynasties rigoristes, entre autres celle des Almohades, au Maghreb, qui régna de 1130 à 1269, et imposa elle aussi une morale rigoureuse. Sans oublier les redoutables nizaris (les «Assassins» des chroniqueurs des croisades) qui firent de l’assassinat politique terroriste un mode de gouvernement en Syrie et en Iran du XIème au XIIIème siècle.

    Depuis 1928, les Frères musulmans ont été la matrice de la plupart des mouvements islamistes dont le plus violent est Al Qaida. Toutefois, aucun mouvement musulman n’a pratiqué un terrorisme de l’envergure de celle d’Al Qaida et de ses adeptes. Je reprends un passage de notre livre. En effet, on peut difficilement établir des pronostics sur l’avenir des mouvements radicaux et d’Al Qaida. Selon plusieurs chercheurs dont Adel Bakawan, de l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, le recrutement des jeunes jihadistes a changé au cours des ans : on en est à la troisième génération. Les nouveaux venus, selon lui, ne se soucient plus de débats théologiques : ils adhèrent à la doctrine d’Al Qaida «en raison de ce qu’ils perçoivent comme l’humiliation des musulmans dans le monde –la prison de Guantanamo, celle d’Abou Ghraib en Irak, ou la situation en Palestine– c’est-à-dire pour des motifs plus sentimentaux qu’idéologiques». (Le Monde, 10 mars 2008).

    Ajoutons que les dérives purement criminelles (enlèvements contre rançons par exemple) de plusieurs groupes ne relèvent d’aucune conduite idéologique ou religieuse. Dirigeants politiques et spécialistes sont partagés sur l’attitude à adopter : négocier ou non et avec qui ? Le Canadien Eric Margolis, un des meilleurs experts de l’Asie, écrit : «Il ne peut y avoir de solution militaire (…). Il faut donc sortir du piège en donnant une représentation politique et même en ouvrant une négociation avec les ennemis, les talibans». D’autres spécialistes occidentaux estiment aussi qu’il faudrait tenter de négocier avec les talibans modérés pour isoler les chefs d’Al Qaida.

    Au fond, pourquoi l’islamisme a-t-il pris une telle importance ces dernières années ? Est-ce dû à l’absence de démocratisation dans les pays arabes et musulmans ? Précisez-nous votre analyse ?

    Les thèses islamistes ont pu s’appuyer sur une revendication sociale et économique non satisfaite par les premiers gouvernements «laïcs» de pays où l’islam est pourtant en principe «religion d’État». Ces régimes parfois autoritaires, voire dictatoriaux, n’ont guère laissé d’opposition politique se développer : pas de locaux pour se réunir, pas de journaux, pas de partis politiques reconnus ou un parti unique. La mosquée est souvent devenue le seul lieu de réunion, de discussion et d’expression que les pouvoirs en place ont eu des difficultés à contrôler et à contrer. Des religieux extrémistes en ont profité.

    Il ne faut pas oublier non plus que les radicaux, juifs en Israël, chrétiens (protestants et catholiques) aux États-Unis, musulmans (sunnites et chiites) en Palestine et dans de nombreux pays, se défient les uns les autres et accélèrent ainsi l’évolution vers l’extrémisme. Dès lors, les violences se multiplient au détriment du dialogue susceptible de conduire à la négociation puis à la paix.

    Par ailleurs, n’oublions pas que la civilisation arabo-musulmane a été à la pointe de la modernité du VIIIème au XIIIème et même au XVème siècle. Sans ses apports, la Renaissance européenne n’aurait pas été ce qu’elle fût. Le déclin avait alors commencé et n’a pas été remonté. Il importe donc que le monde arabe renoue enfin avec son âge d’or comme le recommande le rapport PNUD, Programme des Nations Unies pour le développement, a publié entre 2002 et 2005 : “Développement Humain dans le Monde Arabe”.

    Ce ne sont certainement pas les islamistes qui vont y contribuer avec leur idéologie et leurs actions destructrices.

    Autre sujet que vous connaissez et suivez depuis des années : la Méditerranée. Croyez-vous aux chances d’une vraie relance avec l’Union pour la Méditerranée (UpM) ? Et comment sortir du gadget politique pour entrer dans le concret : les pays de la Méditerranée ont besoin d’argent et des frontières ouvertes…

    En 1995, j’avais participé à l’organisation du Forum culture dans le cadre du Forum civil euro-méditerranéen. J’avais alors déclaré «la Déclaration de Barcelone est l’Acte fondateur de la Méditerranée du XXIème siècle». Je le maintiens même si le PEM (Partenariat euro-méditerranéen) n’a pas entièrement répondu aux espérances qu’il avait suscitées. Le projet lancé par Nicolas Sarkozy s’inscrit dans la continuité puisque le nom officiel qui a été adopté est : «Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée».

    Dans les trois volets de Déclaration de Barcelone, figurent le respect de la démocratie et des droits de l’Homme. Ces deux obligations n’ont guère été respectées par les pays partenaires du Sud, bien qu’ils aient signé la Déclaration. Ces deux points ont été omis du nouveau projet. C’est réaliste mais regrettable.

    En revanche, le PEM avait prévu que les réunions ministérielles et les Forums civils se tiendraient alternativement au Nord et au Sud. Cela n’a pu se faire car, en 1997, la Syrie avait opposé son veto, refusant que les Israéliens s’assoient à côté des Arabes sur une terre arabe. L’avantage du PEM est d’avoir prévu une coprésidence de la France et de l’Égypte. La rencontre à Marseille, le 4 novembre 2008, des ministres des Affaires étrangères des 43 pays membres, a décidé la mise en œuvre de six projets majeurs :

    1- Dépollution de la mer,

    2- Édifier des autoroutes maritimes et terrestres,

    3- Protection civile face aux catastrophes naturelles,

    4- Une Université euro-méditerranéenne,

    5- Développement de l’énergie solaire,

    6- Lancer une initiative européenne pour le développement des affaires.

    Reste à trouver les financements !

    En conclusion, je voudrais formuler, une fois de plus, un vœu qui m’est cher : qu'Ulysse et Sindbad, les deux grands marins qui parlent à nos imaginaires, apprennent enfin à naviguer ensemble afin que mare nostrum devienne un jour mater nostra . Ce vœu a commencé à être exaucé grâce au Processus de Barcelone qui les a réunis sur le même bateau. Mais il reste encore beaucoup à faire pour qu’ils naviguent vraiment ensemble afin que la Méditerranée devienne un lac de paix et de prospérité partagée.

    Face à la mondialisation et à la théorie du “choc des civilisations” de Samuel Huntington, qui est aussi celle de Ben Laden, il importe d’opposer la philosophie du dialogue des civilisations et des cultures qui a prévalu en Méditerranée. Il faut donc qu’elle devienne le berceau de l’avenir d’une Méditerranée réconciliée avec elle-même et (à nouveau) novatrice. Espérons que l’«Union pour la Méditerranée» atteindra cet objectif.

    Paul Balta (sous le dir de) La Méditerranée réinventée. Réalités et espoirs de la coopération, La découverte/Fondation René Seydoux, Paris, 1992 Paul Balta, Claudine Rulleau, La Méditerranée, berceau de l’avenir, Les Essentiels Milan, Toulouse, 2006 «Islam et Islamisme, gare aux amalgames», éditions Milan à Toulouse  

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