Hommage au père
31/3/2009
http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/la-vie-en-livres/20090329/11591/hommage-au-pere
Par aliette armel (Écrivain)
Des lettres au père, la littérature de tous les pays et de tous les temps en recèle, prenant
les formes les plus diverses. On pourrait même dire que la littérature
est une immense «lettre au père et à la mère»: c'est avec eux que
débute l'histoire, celle de tout homme et de toute femme.
C'est
par rapport à leur présence ou à leur absence que les personnalités se
construisent. C'est par eux que chacun cherche à être reconnu pour ce
qu'il est et ce qu'il fait. La démarche inverse revêt une importance
tout aussi grande: reconnaître, soi, son propre père, accepter ce qu'il
a été, ce qu'il laisse en héritage et ce legs plus subtil encore de
l'éducation, ce temps le plus souvent partagé: l'enfance de l'un, l'âge
considéré comme adulte de l'autre.
La Lettre au père la plus célèbre de la littérature occidentale a été écrite par Kafka, en 1919, à l'âge de 36 ans, alors qu'il se savait atteint de la tuberculose. C'est une lettre que Hermann Kafka
n'a jamais lu, alors qu'il était vivant au moment de son écriture et
qu'il a survécu à son fils: c'est à ses parents que Kafka a écrit un de
ses derniers courriers à la veille de sa mort, en 1924, sans y exprimer
ni la violence ni la souffrance que provoquait en lui l'évocation de
ses relations avec son père: «Par ta faute, [j'ai] perdu toute confiance en moi, [j'ai] gagné
en échange un infini sentiment de culpabilité (en souvenir de cette
infinité, j'ai écrit fort justement un jour au sujet de quelqu'un: "Il
craint que la honte ne lui survive") ».
Kafka cherche la vérité sur une relation qui
dresse sur la route de son existence des obstacles impossibles à
franchir. Gagner sa vie, se marier lui apporteraient la liberté par
rapport à l'emprise paternelle et c'est cette emprise même qui renforce
à chaque instant ses barrières intérieures: «L'obstacle essentiel à
mon mariage, c'est la conviction, maintenant indéracinable, que pour
pourvoir à la suffisance d'une famille, il faut avoir toutes ces
qualités que j'ai reconnues en toi, bonnes et mauvaises prises ensemble
telles qu'elles se trouvent organiquement réunies dans ta personne.»
Même la force de l'analyse que Franz déploie dans cette lettre aggrave
son propre cas et le constat d'échec implacable qu'il dresse sur son
existence.
Le portrait du père n'est ici que l'image du ressenti du fils. Il évoque celui que Duras
dresse de sa mère dans ses romans autobiographiques ou ses interviews
et dont Jean Vallier, le dernier biographe de Duras, a vigoureusement
contesté la réalité historique. Kafka et Duras s'affrontent au père et
à la mère pour la plus grande gloire de la littérature, en prenant le
risque d'une écriture ancrée au plus profond du soi et d'une lucidité
qui ne calme en rien leurs angoisses: c'est une libération qu'ils
cherchent. Pas la rencontre d'un autre à jamais enfermé dans une forme
de toute-puissance et de déni que la mort ne parvient même pas à faire
disparaître (la mort de la mère de Duras telle qu'elle la raconte dans La Vie matérielle, la mort de Franz Kafka «épouvanté par la vie»).
Le discours d'anthologie prononcé par Orhan Pamuk devant l'académie suédoise lors de sa réception du prix Nobel de littérature en 2006
est une autre forme de «lettre au père», à l'opposé de celle de Kafka
par bien des aspects, mais tout aussi importante sur le plan littéraire
et sur le plan de la connaissance de l'être humain.
Beaufils/Sipa
Orhan Pamuk
Le père qu'évoque Orhan Pamuk
entretient avec son fils des rapports affectueux et de confiance,
empreints de pudeur et de réserve. C'est un homme qui n'a pas connu une
vie lisse (il est parti plusieurs mois vivre à Paris, loin de ses
enfants) mais qui a réussi socialement, qui aime la vie et ses
agréments et sait plaisanter. Il a toujours encouragé son fils: premier
lecteur de son premier manuscrit, il lui a prédit, dès cette lecture,
le prix Nobel.
Lorsqu'en 2000 il remet à son fils une petite valise remplie de ses propres écrits,
ses manuscrits et ses cahiers à lire après sa mort pour éventuellement
publier ce qui le mérite, ce n'est pas une surprise: le fils a surpris
à plusieurs reprises chez son père, la force de ce regard intérieur qui
fait de l'homme un écrivain. Le discours développe avec précision,
sensibilité et un souci extrême d'exactitude et de justesse, le
cheminement intérieur du fils, confronté au désir et à la crainte
d'ouvrir la valise - «Même à mon âge déjà avancé, je tenais à ce que mon père ne fût que mon père, et non un écrivain».
Puis, face aux textes, il développe les réflexions que leur lecture
suscite: il revisite ses choix, celui de faire profession d'écrivain,
d'affronter la solitude de cette vie et ses angoisses - «Je connais
par moi-même que la majorité écrasante de la population mondiale vit
avec ces sentiments oppressants en luttant contre le manque de
confiance en soi et contre la peur de l'humiliation» -, et la
place centrale qu'il accorde à l'écriture. Il s'agit bien d'une
relation de filiation, mais aussi d'un lien entre deux hommes, que le
partage de la position d'écrivain, juste avant le décès du père,
ravive: ils parviennent, par le silence et une compréhension profonde,
à éprouver une sensation identique que le fils, peu habitué, défini
comme «un tressaillement embarrassant de bonheur».
Lorsqu'Orhan Pamuk a conclu: «Mon
père est mort en décembre 2002. Honorables membres de l'académie
suédoise qui m'avez accordé ce grand prix, cet honneur, et vous leurs
éminents invités, j'aurais beaucoup aimé que mon père soit parmi nous
aujourd'hui», un frisson a parcouru la salle d'apparat de
l'académie. Le père mort était vraiment présent pour assister à la
remise du Nobel qu'il avait prédit à son fils.
«C'est triste une main d'homme qui n'a jamais tenu un livre entre ses doigts»: écrivain de pièces de théâtre et de romans à la langue sobre et forte, Ahmed Kalouaz n'a pas eu la littérature en partage avec son père, «ni [ses] envies, [ses] émotions [ni ses] rires».
Le seul moment où ils se sont sentis, l'un et l'autre, de plain-pied,
c'est celui où, au début des années 1970, ils ont travaillé côte à
côte, pour «trois francs quarante de l'heure» à décharger «des wagons de produits frais aux portes du jour» et à «récupérer
les cartons traînant sur les quais, pour les mettre en botte à l'aide
d'une ancienne moissonneuse reconvertie dans le tri sélectif». Le
fils qui sait lire et a été à l'école, comme ses nombreux frères et
sœurs, se révolte à sa manière, qui n'est pas celle du père: il met le
feu à l'ancienne moissonneuse et décide d'abandonner définitivement ce
travail d'esclave. «Autour de la machine détruite par le feu nous nous séparons pour toujours, sans le savoir vraiment.»
C'est surtout l'appartenance au lieu, à une culture qui les différencie: depuis
1972, Ahmed refuse de retourner au pays où le père s'obstinera à être
enterré, à défaut d'avoir pu y finir ses jours dans la maison qu'il
avait économisé pour acheter. «La mort qui rode en Algérie [condamne l'ouvrier à la retraite] à attendre derrière [sa] fenêtre, et à subir la lente dérive des mois.» Pendant quatre ans, le fils «condamne au silence et à l'abandon» ses parents qui ont cédé «aux appels à la prière, à ces codes» dont cette famille «ignorait l'existence»:
au jour de ses seize ans, ils imposent à la petite sœur une conduite
d'un autre âge au nom de préjugés incompréhensibles. Neuf ans plus
tard, la jeune fille meurt, dans un accident de voiture. «Au cimetière, écrit Ahmed Kalouaz qui s'adresse directement à son père mort, nous
ne t'avons pas vu. Cette envie une nouvelle fois de défier le monde, de
rester accroché à tes certitudes, tes maladresses. Toute ta vie tu as
adopté cette façon de faire, la méfiance et la colère unies comme des
sœurs jumelles.»
Avec
pudeur, Ahmed Kalouaz reconstitue l'itinéraire de cet homme silencieux,
qu'il a vu si souvent partir au travail, sa musette sur l'épaule. Il
ressuscite «l'image triste de l'homme qui n'a jamais serré ses enfants dans ses bras. Personne ne t'avais appris».
La justesse du portrait directement adressé à ce «tu» avec lequel, de
son vivant, il n'a eu aucun vrai échange tient à son caractère factuel,
avec des éclats poétiques et des mots rares qui ne cherchent pas à se
faire valoir. Il est en correspondance profonde avec un homme qui a
toujours lutté pour l'essentiel: de la nourriture, des vêtements, un
toit pour lui et sa nombreuse famille, conquis par sa seule force de
travail. La voix du narrateur avance avec fermeté et douceur comme s'il
retenait son souffle, pour ne pas crier, pour ne pas pleurer, et pour
dire «je t'aime» à un homme auquel ce verbe restait étranger: il rend
son histoire à l'émigré qui croyait ne pas en avoir, tissant un hommage
au père d'une grande noblesse.
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!60_News littéraires/2009/01
EMA, Expériences Mort Approchée,Sciences et Mormonisme
5/1/2009
NOUVEAU LIVRE

RESUME
EXPERIENCES AUX
FRONTIERES DE LA MORT
SCIENCE
et
MORMONISME
En 1974
le livre du livre du Docteur Moody
« La vie après la vie », fit connaître les Near Death
Experience (NDE) ou Expériences de Mort Imminentes (EMI) ou encore
Expériences aux frontières de la mort (EFM). Ces expériences se
produisent généralement lors
d’arrêts cardiaques et de comas. L’expérienceur avec beaucoup de
ferveur et d’émotion raconte :
-
Avoir ressentit tout d’abord un grand
bien-être.
-
Avoir quitter son corps pour l’observer
ensuite d’un point de vue élevé.
-
S’être déplacer dans un tunnel en direction
d’une lumière.
-
D’avoir communiqué avec la Lumière ou un
Être de lumière.
-
D’avoir rencontré des entités spirituelles
ou des personnes décédées parents ou amis.
-
D’avoir eu des visions paradisiaques et
quelquefois avoir reçue une grande connaissance ensuite
oubliée.
-
D’avoir été mis en présence d’une frontière
à ne pas dépasser.
-
D’avoir réintégrer leur
corps.
-
D’avoir été à jamais marqué et transformé
positivement tout au long de leur vie
Ce livre traite avec simplicité et clarté des
EFMs dans l’histoire séculière et dans les Ecritures saintes.
Elle fait le point actuel de la position de la
science « scientiste » et d’une autre plus
ouverte. Comme celle de Sam Parnia, médecin à l'hôpital général de
Southampton (Grande-Bretagne), à la fois, spécialiste en médecine
interne, en maladies des voies respiratoires et représentant de la
recherche clinique :
« Ces résultats tendent à prouver que
la conscience peut survivre en cas de mort cérébrale. À ses yeux, ces
récits pourraient être la preuve de l'existence d'une "conscience"
indépendante des fonctions cervicales. Ces preuves
suggèrent que l'esprit ou la conscience sont sans doute séparés du
cerveau et que le cerveau agit comme un intermédiaire qui exprime la
pensée plutôt qu'il ne la
produit. »
Ce livre
expose les réponses qu’apporte l’Eglise de Jésus-Christ des Saints de
Derniers Jours plus connue sous le nom d’Eglise Mormone à la
question : « Qu’est la mort ? »
et « Où allons-nous après
la mort ? » ; mais aussi à deux
autres questions qui sont intimement liées : D’où
venons-nous ? Quel est notre but sur cette terre ?
Les E.M.A ou Expériences de Mort
Approchées, se produisent
généralement lors d’arrêts cardiaques et de comas.
L’expérienceur avec beaucoup de ferveur et d’émotion
raconte son extraordinaire voyage aux portes de
l’Au-delà.
Ce livre traite avec simplicité et clarté
des EFMs dans l’histoire séculière et dans les Ecritures
saintes. Elle fait le point actuel de la position de la
science. Il expose les réponses
qu’apporte l’Eglise de Jésus-Christ des Saints de Derniers Jours plus
connue sous le nom d’Eglise Mormone à la question :
« Qu’est la mort ? »
et « Où allons-nous après
la mort ? » ; mais aussi à deux
autres questions qui sont intimement liées : D’où
venons-nous ? Quel est notre but sur cette terre ?
+++Je
commande ce livre+++
Tags : Dieu Evangile Livres Mormonisme Religion
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Non spécifié
Au-Dela du Tunnel
5/1/2009
SCENARIO AU-DELA du TUNNEL
NOUVEAU
LIVRE

PRESENTATION
Au-delà du
tunnel
C’est l’histoire de Xavier, un être
possessif, jaloux,calculateur, avare,
lâche,égocentrique, sans ambition, hypocrite, menteur, méchant … Agnès
sa femme estjolie, gentille et intelligente. On se demande comment,
elle peut rester aveclui. Personne ne l’aurait voulu pour ami et il n’a
aucun ami ; aucun père pour fils, même pas son
proprepère ; aucune mère, sauf la sienne qui l’idolâtre aveuglément.
Une seulefois dans sa vie, sur son fils, elle ne se trompera pas ; le
jour où elle diralors d’un repas familial : «
Vous verrez, bientôt mon Xavier vous montrera ce dont il estcapable ! »
Xavier aura un accident de moto,déclaré
mort, il reviendra à la vie après avoir vécu une
extraordinaireexpérience aux frontières de la mort. Après son retour
sur terre, il montreraeffectivement ce dont il était capable. Il
révélera ce qu’il y avait au fond delui-même ; en définitive, si nous
cherchons bien, ce que nous avons tous…
EXTRAIT
***
AU-DELA DU TUNNEL
ACTE I : Avant la EFM
(Expérience auxfrontières de la mort)
01_ INT – JOUR- TUNNEL / COMPARTIMENT
TRAIN –
Ecran noir. Bruit du train roulant à grande vitesse
ettraversant un tunnel. Au bout du tunnel, apparaît une arcade de
lumière. Au furet à mesure, la lumière grandit. Le tunnel est passé.
Compartiment entieroccupé par un couple : Xavier et Agnès. Un journal à
terre. Il esteffrayé, tassé dans son siège. Elle tient un magazine dont
la première pagereprésente un embryon de quelques mois dans le ventre
de la mère. Elle regardeson mari, d’un air perplexe. De la fenêtre
défilent des paysages majestueux dehaute
montagne.
Agnès
Je ne
comprendrai jamais qu’à ton âge,traverser un tunnel, t’effraie à ce
point !
Xavier
(se
reprenant)
Je sais ! Mais c’est
commeça ! J’y peux rien ! Si tu crois que ça m’amuse ?!
Agnès
J’ai peut-être
l’explication !…Tu étais si bien dans le ventre de ta mère que tu es
sorti à neuf mois et demi…C’est bien ça ?
Xavier
Ouais ! Et
alors !?
Agnès
Regarde !
Agnès pointe du doigt l’image de la photoreprésentant le
bébé dans le ventre de la mère.
Xavier
Tu vas pas
remettre ça ! Je t’aidéjà dit ! NON !
Agnès
Attends !…
Ecoute pour unefois !
Agnès
… Tu vois le
bébé est immergé dans leplacenta. C’est comme de l’eau. Pour naître le
bébé doit sortir de l’eau, fairetout ce trajet …c’est comme un tunnel
noir.
Xavier
Je sais tout ça figure-toi ! Etalors ?
Agnès
Et alors ?
Réfléchis, toi qui essi intelligent !
Xavier
Réfléchis !?
Tu en as debonnes ! … Allez, sors-la ton explication à la mors-moi le
nœud ! Jemeurs d’envie de l’entendre !
Agnès
C’est bien
simple. Pour le nouveau-né,le passage dans l’utérus est comme celui
d’un tunnel. Pour toi ça était plustraumatisant que la moyenne. Et t’en
as gardé des séquelles à vie !
Xavier
Conneries !
oui !
Agnès
En tout cas…
moi, j’ai uneexplication.
Xavier
Conneries je
te dis … Bon, parlonspeu, mais parlons bien ! Nous sommes vendredi ; ce
soir nous couchonsà Arcachon, chez mes parents…
Agnès
J’espère
qu’ils n’auront pas oublié delaisser les clefs de la voiture
!
Xavier
T’inquiète pas…(Xavier réfléchit) Jesuis sûr que ma
mère va me donner un chèque… S’ils me donnent autant quel’année
dernière, je pourrais payer largement l’assurance de ma moto et
manouvelle Hi-fi …
Il se frotte
lesmains.
… J’espère que le chiffre
sera à lahausse !
Agnès
(Silence désapprobateur et regard noir
surson mari)
Xavier
Ces quelques
jours de sport d’hivernous ont coûté les yeux de la
tête…
Agnès
Tu vas pas me reprocher encore unefois, de m’avoir
acheté une paire de lunettes ?! …
Xavier
Justement …
Si tu n’avais pas oubliéles tiennes, t’aurais pu éviter de les acheter
à la Mongie !
Agnès
Si tu prenais comme moi le Tram, tun’aurais pas
besoin de prier le bon Dieu pour que tes parents te fassent unchèque
pour payer tes lubies…
Xavier
Pardon ! Je
prie pas le bon Dieu.Je prie à la rigueur mes parents ! … D’ailleurs
heureusement que mesparents nous donnent de l’argent ! EUX ! Sinon, je
me demande comment onferait sans ça !?
Agnès
Comme si on
avait besoin de l’argentde tes parents …
Xavier
Oh ! c’est
sûr, … on se passetrès bien de celui des tiens ! On n’en voit jamais la
couleur !
Agnès
D’ailleurs, en particulier, l’argentde ta mère me
coûte trop cher !
Xavier
Ma mère en
particulier ?! Dans lefond, tu peux pas la blairer ! Mon père, au
contraire, a toutes lesqualités, LUI !
Agnès
C’est vrai que
je m’entends bien avecton père.
Xavier
Tu aurais dû
l’épouser LUI, plutôt quemoi ! … Que veux-tu dire, par l’argent de « ma
mère enparticulier » ?!
Agnès
Si tout le
monde sait pas qu’elle nousdonnent de l’argent, c’est pas
de safaute …
Xavier
Que veux-tu
dire avec tessous-entendus ?
Agnès
Elle le crie
suffisamment sous tousles toits ! Et puis, chaque fois, il faut que je
lui détaille tout ce queje me suis acheté avec son pognon… Et merci
Françoise-Roberte pour ceci ;merci Françoise-Roberte pour cela! … Et
***** à la fin ! À force,c’est humiliant !
Xavier
Mais non,
c’est normal …Agnès, machérie, on va pas se fâcher pour si peu
!
Agnès
Oui t’as raison ! Ça vaut pas lecoup !
Xavier
À la bonne
heure !Bon, …nous disions, samedi soir on fête mon anniversaire ;
bonsang ! Trente cinq ans ! J’en reviens pas ! … Ouais !…C’est sûr que
tes chers parents ne se distingueront pas, pour une fois, à mefaire un
chèque…
Agnès
C’est pour ton bien ! Ilstrouvent que tu as un
rapport malsain avec l’argent !
Xavier
Quelle
connerie ! Ça vient de tamère, je parie. Elle peut pas me piffrer,
celle-là ! J’ai un rapport malsain avec
l’argent ?!… Moi ?!…
Agnès
Eh bien ! Oui
! Toi !
Xavier
Mais dis-moi, c’est une raison pourqu’elle m’offre
chaque fois son merdique « After shave » ?
Agnès
D’une année à
l’autre, elle ne serappelle plus ! Voilà tout !
Xavier
C’est
pourquoi, faire un chèque c’estplus intelligent ! On peut acheter ce
qu’on veut ! D’ailleurs c’est comme ta
super-copineHélène…
Agnès
Ça m’aurait
étonné que tu n’en parlespas ! Vas-y, je t’écoute !
Xavier
Eh bien, je vais me retrouver comme d’habitude avec deux«
after shave »… de quoi monter une boutique !
Agnès
Si au moins tu les utilisais, tun’aurais pas besoin
de monter une boutique !
Xavier
Mais ils sont
infects leurs aftershave … Et d’abord, je ne comprends pas pourquoi
t’invites Hélène !Elle n’est pas de la famille ?! Je n’invite pas mes
amis… moi !
Agnès
Pour la bonne raison que tu n’as pasd’amis ! Hélène
est seule, ça lui change les idées et ça me faitplaisir
!
Xavier
… Ton père, n’en parlons pas, il va mefourguer ces
foutues bouteilles de son foutu château qui n’est qu’une
foutuebâtisse.
Agnès
Ce n’est pas la bâtisse qui fait lechâteau mais la
qualité du vin ! Combien de fois, devrais-je
te l’expliquer !
Xavier
Pourtant, ce n’est pas l’argent quilui manque. Il
vend même aux japonais !
Agnès
II l’a bien
gagné sonfric !!!… Alors, il en fait cequ’il
en veut !
Xavier
Quel rat ! Oui
!
Agnès
Rat ?! J’en connais un quipourrait lui donner des
leçons.
Xavier
Ah ! … J’oubliais, mon cherbeau-frère et ma
belle-sœur ; le corps enseignant dans toute sa splendeur,la fabrique à
crétins, oui ! Et ils se prennent en plus pour l’élite de lasociété… le
nombril de la France. Et ils se prétendent socialistes ! … Moncul ! oui
!
Agnès
Ça y est c’est reparti…
Xavier
… Je te le
dégraisserai moi, lemammouth ! Crois-moi… Avec eux, c’est sûr, je vais
avoir droit à un livreque je lirai même pas ! D’ailleurs tous leurs
livres, je vais les vendresur internet… et pourquoi pas leurs after
shave pourris … et les bouteilles depinard ! Tout se vend sur internet
!
Agnès
Tu vas pas faire ça ?!
Xavier
Je vais me
gêner ! Oui !
Agnès
Je te rappelle que mon petit frères’est marié le jour
de ta naissance.
Xavier
Et alors ?…
Agnès
Samedi soir,
on ne fête pas seulementtes trente-cinq ans, mais également, les deux
ans de mariage de Pierre-Edmondet Aline.
Xavier
Et alors
?..
Agnès
Nous n’avons toujours rienacheté…! ..
Ah ! Mais biensûr, que je suis bête,… tu as l’intention de
leur faire un chèque, … c’est plusintelligent, …on achète ce qu’on
veut…
Xavier
Euh ! … J’avais plutôt penséfaire un cadeau groupé,
nous, Hélène. Tu vois… Ce serait sympa...non ?
Agnès
C’est pas
possible ! Il n’en estpas question !
Xavier
Ok, ça va …
Samedi, tu achètes quelquechose au supermarché ; mais pas plus de
trente euros !
Agnès
Trente euros ?!
Xavier
T’es
incroyable ! … Primo, jerenonce à mon idée ; Secondo, j’accepte la
tienne et tu gueules…. Tu saisvraiment pas ce que tu veux
!
Agnès
(Tourne les pages dumagazine… photos
d’embryon d’enfant dans le ventre de la
mère)
… Oh ! Oui ! Je
sais ce queje veux …
...
29-
INT – MATIN –APPARTEMENT DE
PIERRE-EDMOND/ALINE-SALON –
Aline, pousselégèrement les rideaux de
la fenêtre du salon. En bas trois voitures. Desdrapeaux sortent des
fenêtres. Concertde klaxons. Cris : « Allezles Girondins !… Allez les
Girondins !… Pierre-Edmond apparaît. Illève les yeux vers leur
appartement. Il est triste de ne pas voir sa femme.Aline laisse revenir
le rideau, elle a mal, très mal. Elle regarde à travers,les yeux embués
de larmes.
Les
supporters
Allez-monte !
Qu’est-ce que tuattends ?…
Pierre-Edmond monteà la droite du conducteur. Les trois
voitures démarrent et disparaissent aucoin de la rue. Aline est
effondrée. Elle passe devant le secrétaire. Aperçoitle calendrier
journalier ; vois la date, déchire la feuille, qu’elle jetteviolemment
à terre. Elle se laisse tomber sur le fauteuil.
Sanglote.
30- EXT – JOUR –RUE
–
Xavier
sort de sonappartement, file droit vers sa moto, l’enfourche, démarre
et disparaît au coinde la rue.
31- EXT – JOUR –AUTOROUTE
–
Les
trois voituresse dépassent à grande vitesse chacune à leur tour. À
leurs fenêtres, lessupporters se provoquent… La voiture de
Pierre-Edmond est sur la gaucheessayant de dépasser l’autre. Soudain,
au tournant apparaît une voiture enface… C’est le choc !!!
ACTE 2 : PENDANT
l’EFM
32-
EXT – JOUR –AUTOROUTE –
Xavier roule surl’autoroute. Tournant. Une tache d’huile
sur le bitume. La moto zigzague, sejette sur la barrière de protection,
y rebondit. Retraverse la chaussée.Percute l’autre barrière de
protection. Xavier est violemment projeté ets’écrase dans le contre-bas
sur un petit mur. Il reste
étendu…
Xavier (OFF)
J’ai mal partout !…! Ma tête… matête ! Elle va
éclater ! J’ai froid… très froid… Je vais crever…c’est sûr
!
Un automobiliste s’arrête.
Sort de lavoiture. Il se penche sur lui.
L’automobiliste
Monsieur ! monsieur ! Vousm’entendez ? Vous
m’entendez ?
Aucune réaction.
Illui prend la main.
L’automobiliste
Monsieur, serrez-moi la main…
Aucune réaction. L’automobiliste
prend son portable appelle des secours.
Xavier
C’est drôle,… je me sens bien, j’aichaud… Incroyable,
j’ai plus mal !?
Son corps se dédouble et un autre
Xavier plus éthéréapparaît. L’automobiliste couvre le corps de Xavier
d’une couverture. Xavieraperçoit sa moto toute
déchiquetée…
Xavier
Oh ma moto, dire qu’elle était touteneuve ! Mais qui
est ce type étendu sur la route ?
Il s’approche de son
corps inanimé étendu au sol. Il esteffrayé.
Xavier
Mon Dieu ! Mais c’est moi !…Je suis mort alors !…
C’est ça mourir ?!…
D’autres voitures s’arrêtent sur les
côtés … Petitattroupement. Des gens passent au travers de Xavier qui
essaie de se manifesterà eux. En vain…
Xavier
Ecoutez-moi… Tout va bien ! Jesuis là… Mais t’as pas
compris t’es mort ! T’es mort ! Oh Agnès !
Maman ; Papa !
Une grande ambulance arrive. Deux
secouristes dont unmédecin descendent. Ils enlèvent avec précaution le
casque. Place une minerveautour du cou ; glisse le corps de Xavier sur
un brancard. L’amènentrapidement dans le véhicule. Xavier suit. Au
moment où il veut monter, lesecouriste claque les portes qui passent au
travers de lui. Xavier essaied’ouvrir la porte arrière. Sa main passe à
travers. La voiture démarre. Soudainil s’engouffre à l’intérieur.
Départ en trombe. Retentissement de la sirène.
33- INT – JOUR –DANS L’AMBULANCE
–
Le corps de Xavier
est sur la civière avec deux secouristesautour de lui. Xavier est au
fond du véhicule, sa tête près du plafond. Ilobserve ce qui se passe.
Un des secouristes fait le bouche-à-bouche. L’autremanifeste une grande
inquiétude.
Le premier
secouriste
Rien à faire !
On le perd !On le perd !…
Le deuxième
secouriste
Vite les
raquettes ! Il est 10heures 30.
Le premier défait sa
chemise. Branche des pastilles sur lapoitrine. Installe les électrodes
sur le crâne…
Le deuxième
( Tenant lesraquettes )
On y va !
Le
corps se soulève brusquement !
Le premier
Encéphalogramme plat…Il s’en va !Il s’en va ! Bon
sang !!!
Le
second
Je recommence
!
Le
premier
Rien ! Rien
!
Le
second
Encéphalogramme
toujours plat !C’est fini.
Le
second recouvre le visage du corps de Xavier.
Le second
Pauvre gars ! Il était bien jeune…
Xavier
(Depuis
sa position)
Mais non, c’est pas fini
! Jesuis là ! Je suis là ! Bande d’abrutis !!!
Le premier secouriste, tire une petite
ouverture.
Premier
secouriste
Tu peux
arrêter la sirène ; Pas la peine de se
presser.
Le
chauffeur
Il est mort
?…
Le premier
secouriste
Oui
!
Le
chauffeur
Ah *****
!
Xavier
(Depuis
sa position)
Mais non j’suis pas mort
! Pasmort ! Vous m’entendez ?!
34- INT- JOUR –URGENCES
TRIPODE de PELLEGRIN- MORGUE -
Le véhicule de secours arrive au Tripode
de Pellegrin,service des urgences. La civière est amenée à l’intérieur.
Xavier suit.
Premier
secouriste
Nous lui avons
fait unbouche-à-bouche ; deux défibrillateurs
; un EEG plat à 10h 31.
Un médecin
(S’adressant à uneinfirmière)
Catherine, amenez-le au sous-sol. À10h 51, faire un
nouvel encéphalogramme, pour contrôle. Si négatif, frigo.Appelez la
famille !
L’infirmière pousse le
brancard vers une pièce. Il y en aplusieurs disposés les uns à côté des
autres.
Catherine
Bonjour, docteur Gerbaud :Accident de la route,
bouche-à-bouche, deux fois défibrillateur,encéphalogramme plat à 10h
31. J’avertis la famille.
Le visage de l’infirmière apparaît grossi. Puis son
oreilledroite. Une boucle d’oreille en or se détache et tombe à terre,
roule et vaatterrir, à l’intérieur du pied droit formant un angle, de
la troisième armoireen partant du mur. Xavier, au plafond, de sa
position privilégiée, a toutobservé.
Docteur
Gerbaud
Ok ! Catherine, je m’en
occupe…
Catherine quitte la
pièce. Xavier la suit, tantôt enmarchant, tantôt dans les airs en
traversant, les portes, les murs. Les genspassent à travers lui…
L’infirmière sort un papier et téléphone… L’horlogeindique 10h
50.
Ecran noir. De
nouveau l’horloge. Elle indique 11 heures 10.
Le
Docteur retire le drap, place des électrodes :L’encéphalogramme est
plat…
Docteur
Gerbaud
Pauvre gars
!
Il traverse une pièce. Pousse une porte. C’est
la morgue.
Docteur
Gerbaud
André, je t’amène
un nouveau !
André
Laissez-le là ! Je dois faire dela place ! Je m’en
occupe après !
Docteur
Gerbaud
Ok !
Il a tout son temps !
André va vers le
corps. Ferme les yeux. Le recouvre d’undrap. Xavier dans son corps
d’esprit a suivi toutes les opérations.
35- DANS LESNUAGES-
PIERRE-EDMOND - Mr MARTINEZ
Xavier traverse les plafonds, les murs. Il est au-dessus
del’hôpital. Il est à la fois étonné et émerveillé par toutes les
possibilitésque lui offre son nouveau corps. Ciel. Nuages. Tout est
paix. Soudain Pierre-Edmondse tient devant lui. Xavier est
surpris.
Xavier
Pierre-Edmond, que fais-tu ici ?
Pierre-Edmond
Comme toi, je suis mort physiquement,mais vivant par
l’esprit !
Xavier
Que t’es-t-il arrivé ?
Pierre-Edmond
Accident de voiture.
Xavier
Et moi accident de moto.
Pierre-Edmond
Je sais. Tu dois transmettre unmessage à Aline
!
Xavier
Comment ça ?
Pierre-Edmond
Tu dois revenir. Pas moi !
Xavier
Je comprends pas !…
Pierre-Edmond
Tu comprendras… Dis à Aline qu’elle mepardonne, que
je l’aime, que je l’ai toujours aimé ; que je
l’aimeraitoujours. Dis-lui qu’elle estbelle !
Qu’elle est jeune ! Qu’elle doit refaire sa vie ! Avoirles enfants que
je ne lui ai pas donné. Dis-lui que j’avais un cadeau pourelle. Il se
trouve dans le secrétaire, au troisième tiroir gauche sous nosphotos.
Adieu beau-frère !…
Xavier
Pierre-Edmond… non !attend ! me laisse pas seul
!…
Pierre-Edmond disparaît. À sa
place, apparaît MonsieurMartinez.
Xavier
Monsieur Martinez, vous êtes mort,vous aussi
!
Monsieur
Martinez
Oui, mon gars ;
cettenuit j’ai passé l’arme à gauche !
Xavier
C’est incroyable. Je vous ai reconnu…,… mais vous
êtes jeune, la trentaine…
Monsieur
Martinez
Ouais, l’âge où
j’étais le plus enforme… Trois ans avant mon accident !
Xavier
… Et vous avez votre jambe !
Monsieur
Martinez
Ouais ! C’est
formidable !
Xavier
C’est incroyable !
Monsieur
Martinez
J’ai un service
à te demander !
Xavier
Pas de problème MonsieurMartinez !
Monsieur
Martinez
Voilà, Lucien…
Monsieur Bardeau, va merejoindre le 12 avril. Tu sais qu’il ne peut pas
se passer de jouer aux échecs.En attendant, fais, chaque jour, une
partie avec lui !
Xavier
Je le ferai, monsieur Martinez. Jevous le
promets.
Monsieur
Martinez
Sois très gentil
avec lui. C’est monami. Sois bon avec les autres aussi.
Xavier
Oui, monsieur, je serai bon… avec toutle
monde…
Monsieur
Martinez
C’est bien
Xavier… C’est bien. Tuverras, c’est bon d’être bon.
Xavier
Les vivants ne me voient pas, ne meparlent pas.
Monsieur Martinez, vous allez pas partir, vous aussi ?!…
Monsieur
Martinez
Tu peux pas
venir là où je vais… c’estpas ton heure, mon gars !
Monsieur Martinez disparaît. Xavier se retrouve à
nouveauseul.
36-
DANS LE TUNNEL – La LUMIERE -
ETRE DE LUMIERE
On entend un bruit strident et obsédant comme une
sonnerie,mais beaucoup plus sourd. L’obscurité soudainement l’entoure.
Il estirrémédiablement aspiré comme dans un magma ténébreux. Il avance
couché, latête légèrement levée, les pieds en avant. La vitesse est
considérable. Il esttranquille, serein, en sécurité. À distance Xavier
devine d’autres personnesqui voyagent avec
lui.
Xavier (OFF)
Je ne suis pas tout seul ! Monpère me parlait « de la
vallée de l’ombre de la mort »… Ce doit êtreici ! Ah papa, c’est toi
qui avais raison ! Ton fils est uncon ! C’est pas terrible mourir ! Ce
qui est terrible c’est de laisser ce qu’on a
si mal aimé !Réaliser tout ce qu’on a raté !
Au fond apparaît une lueur. Grâce à
cette clarté diffuse,Xavier se rend compte qu’il est dans un immense
tunnel. La vitesse augmente aufur et à mesure que la Lumière au fond du
tunnel grandit.
Xavier (OFF)
Moi qui avait si peur des tunnels, jeme sens bien !
C’est incroyable ! Elle serait surprise Agnès !!!
La lumière devient de plus en plus
éclatante sans cependantl’éblouir. Il relève la tête pour mieux voir.
Il la contemple avecémerveillement. Apparaît tout au fond, la
silhouette d’un homme dont laluminosité est encore plus intense que la
lumière. Grand ralentissement. Xavierarrive à proximité de l’Être de
lumière et se retrouve debout devant lui.
37- DANS MONDEdes ESPRITS
- L’ETRE de LUMIERE - COMITE d’ACCUEIL
Xavier est baigné d’une merveilleuse lumière équivalente
àmille soleils. Pourtant cette lumière est douce et supportable à ses
yeux. Ilse rend compte combien la lumière du personnage lumineux est
encore plusforte ; mais également immédiatement autour de sa personne.
Il se met àgenoux.
Xavier
Mon Dieu !
L’être
de lumière rit de bon cœur.
L’être de
lumière
Relève-toi. Je ne
suis pas Dieu !
Xavier obéit. Il se
relève.
Xavier
Alors tu es le Seigneur Jésus-Christdont me parlait
si souvent mon père ?
L’être de
lumière
Non
!
Xavier
Alors qui es-tu ?
L’être de
lumière
Je suis un
serviteur ; Si tupréfères un ange envoyé par Dieu dans ce
monde. Mon nom est Gabriel. Je suis venu
t’accueillir et t’enseigner.Bienvenu mon frère !
L’être de lumière tend ses bras à Xavier. Quelques
mètresles séparent. Xavier s’avance d’abord timidement en hésitant.
L’être de lumièrelui sourit avec beaucoup d’amour. Xavier s’enhardit,
il avance de plus en plusrésolument et se précipite finalement dans ses
bras. Xavier ressent unechaleur, un amour une force tels que la lumière
de l’être le remplittotalement. Il devient pendant l’instant de fusion
aussi lumineux que lui. Ilsse séparent.
Gabriel
Regarde !
Xavier voit un merveilleux paysage multicolore.
Desmontagnes au loin, une ville dorée, des champs, des fleurs, des
animaux detoutes espèces, certains qu’il n’a jamais vu sur terre. Le
tout baigné d’uneclarté irréelle.
Xavier
J’ai l’impression de retrouver monpremier foyer
!
Gabriel
Ce n’est pas notre premierfoyer ; mais notre
troisième demeure.
Xavier
Veux-tu m’expliquer ?
Gabriel
Plus tard ! Je t’ai préparé uncomité d’accueil.
Regarde !…
Apparaissent alors
des personnages habillés de tuniquesd’une blancheur éclatante. Ils sont
diaphanes, mais loin d’être aussi lumineuxque l’être de lumière dont
l’aspect est tangible. Ils s’approchent de Xavier,qui écarquille les
yeux …
Xavier
Grand-père, grand-mère !!!
Les
grands-parents
Xavier,
mon petit…
Ils s’élancent les uns vers les autres,
s’étreignent,s’embrassent fous de joie. Un homme regarde Xavier en
souriant. À son tourXavier le regarde…
Xavier
Non c’est pas possible ! André,mon camarade du
Lycée…
Effusion de
joie…
André
Tu m’as reconnu ?!
Xavier
Oui ! J’ai retrouvé testraits ! Mais quand tu es
parti, tu avais quinze ans et te voilàadulte !!!
André
Ici nous sommes tous adultes…
Xavier va vers d’autres personnes … Nouvelles
retrouvailles,nouvelles effusions de joie…
Les parents, les amis, les connaissances disparaissent. De
nouveau Xavier se retrouve seul devant l’être de
lumière.
Xavier
Dis-moi, j’ai reconnu mesgrand-parents, mon ami
André, d’autres parents et c’est fantastique. Mais…
Gabriel
Parle, je t’écoute !
Xavier
Voilà… je suis intrigué, il m’a sembléreconnaître des
hommes et des femmes que je n’ai jamais vus sur terre etpourtant, je
les ai reconnus, comme si je les avais connus, depuis toujours,avant de
venir sur terre …
Gabriel
Oui, Xavier, depuis des éternités…n’est-ce pas
?
Xavier
C’est exactement ça ! Veux-tum’expliquer
?
Gabriel
Plus tard ! Plus tard.
38 – DANS MONDEdes
ESPRITS - PANORAMA de la VIE –
Gabriel
(Avec
beaucoupd’amour)
Xavier ; qu’as-tu
fait de tavie ?
Xavier
( Il est
paniqué…)
…
Gabriel
Regarde et vois.
Apparaît à l’écran la vie de Xavier
depuis qu’il était toutpetit, année après année ; jusqu’à l’accident de
moto.
Xavier
Gabriel, je crois comprendre le sensdes mots « enfer
» et « paradis ».
Gabriel
Qu’as-tu compris ?
Xavier
J’ai ressenti les conséquences de tousmes actes,
paroles et pensées. Lorsque je faisais le mal, j’ai vécu, la peineet la
douleur que je faisais à ceux que j’avais offensés ou mal
traités.Lorsque je faisais du bien, j’ai ressenti la joie, le bonheur
que je leur avaisapportés.
Gabriel
Quel est ton bilan ?
Xavier
J’ai vécu à la fois l’enfer et leparadis. J’ai peur
car j’ai ressenti beaucoup la douleur et peu la joie. Jevoudrais
tellement réparer le mal que j’ai fait.
Gabriel
C’est bien. Les trois
questions clé de la vie sont : D’où venons-nous ?Quel est notre but sur
cette terre ? Où allons-nous après la mort. Tuconnais la réponse à la
troisième question.
Xavier
Oui, je sais maintenant, qu’après lavie, il y a
toujours la vie. Je me rends compte, combien papa avait raison…Mais je
t’en prie éclaire-moi davantage.
Gabriel
Le monde après la vie sur terres’appelle
le monde des esprits ou encore le monde des désincarnés
quiattendent la résurrection. Lorsque nous mourrons, notre corps de
chair et d’osretourne à la poussière, notre corps d’esprit va dans ce
monde.
Xavier
Le monde des esprits, est-ce leparadis ou l’enfer
?
Gabriel
Ce monde reçoit les esprits des bonscomme ceux des
méchants. Les bons vont dans un endroit appelé paradis et lesméchants
dans un autre appelé enfer.
Xavier
Sur terre, on me parlait d’un enfer oud’un paradis où
les bons étaient séparés des méchants ?!
Gabriel
Dans le monde des esprits, le paradiset l’enfer se
créent naturellement à divers degrés, selon la justice oul’injustice
des gens qui s’assemblent selon leur ressemblance. Les parties,selon
leurs degrés, les plus lumineuses s’appelle paradis ; Les plussombres,
selon leurs degrés, enfer.
Xavier
Que fait-on après la mort dans lemonde des esprits
?
Gabriel
Dans ce monde, les esprits communiquent,se mêlent les
uns aux autres, selon leurs affinités et ont toutes sortesd’activités.
Dans le monde des esprits, tout comme sur la terre ou dans
lapréexistence, nous travaillons à notre salut. Dans chaque sphère,
touteprogression ou régression est possible selon le libre-arbitre et
les efforts dechacun.
Xavier
André est parti adolescent, je l’airetrouvé adulte et
je n’ai vu aucun enfant…
Gabriel
Dans ce monde, tous les esprits ontune forme
d’adulte, tout comme dans la vie prémortelle. En conséquence, mêmeceux
qui mourront dans leur tendre enfance retrouveront, leur corps
d’espritadulte.
Xavier
Je comprends maintenant les parolesd’André ! Tu me
dis que le monde des esprits est notre troisième demeureou foyer. Je
conclus donc que notre deuxième demeure est la terre. Nous aurionsdonc
connu une première demeure ?
Gabriel
Oui. Allons-y pour que tu vois.
+++Je
commande ce livre+++
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1/1/1970
SCENARIO AU-DELA du TUNNEL
NOUVEAU LIVRE

PRESENTATION
Au-delà du tunnel
C’est l’histoire de Xavier, un être possessif, jaloux,calculateur, avare, lâche,égocentrique, sans ambition, hypocrite, menteur, méchant … Agnès sa femme estjolie, gentille et intelligente. On se demande comment, elle peut rester aveclui. Personne ne l’aurait voulu pour ami et il n’a aucun ami ; aucun père pour fils, même pas son proprepère ; aucune mère, sauf la sienne qui l’idolâtre aveuglément. Une seulefois dans sa vie, sur son fils, elle ne se trompera pas ; le jour où elle diralors d’un repas familial : « Vous verrez, bientôt mon Xavier vous montrera ce dont il estcapable ! »
Xavier aura un accident de moto,déclaré mort, il reviendra à la vie après avoir vécu une extraordinaireexpérience aux frontières de la mort. Après son retour sur terre, il montreraeffectivement ce dont il était capable. Il révélera ce qu’il y avait au fond delui-même ; en définitive, si nous cherchons bien, ce que nous avons tous…
EXTRAIT
***
AU-DELA DU TUNNEL
ACTE I : Avant la EFM (Expérience auxfrontières de la mort)
01_ INT – JOUR- TUNNEL / COMPARTIMENT TRAIN –
Ecran noir. Bruit du train roulant à grande vitesse ettraversant un tunnel. Au bout du tunnel, apparaît une arcade de lumière. Au furet à mesure, la lumière grandit. Le tunnel est passé. Compartiment entieroccupé par un couple : Xavier et Agnès. Un journal à terre. Il esteffrayé, tassé dans son siège. Elle tient un magazine dont la première pagereprésente un embryon de quelques mois dans le ventre de la mère. Elle regardeson mari, d’un air perplexe. De la fenêtre défilent des paysages majestueux dehaute montagne.
Agnès
Je ne comprendrai jamais qu’à ton âge,traverser un tunnel, t’effraie à ce point !
Xavier
(se reprenant)
Je sais ! Mais c’est commeça ! J’y peux rien ! Si tu crois que ça m’amuse ?!
Agnès
J’ai peut-être l’explication !…Tu étais si bien dans le ventre de ta mère que tu es sorti à neuf mois et demi…C’est bien ça ?
Xavier
Ouais ! Et alors !?
Agnès
Regarde !
Agnès pointe du doigt l’image de la photoreprésentant le bébé dans le ventre de la mère.
Xavier
Tu vas pas remettre ça ! Je t’aidéjà dit ! NON !
Agnès
Attends !… Ecoute pour unefois !
Agnès
… Tu vois le bébé est immergé dans leplacenta. C’est comme de l’eau. Pour naître le bébé doit sortir de l’eau, fairetout ce trajet …c’est comme un tunnel noir.
Xavier
Je sais tout ça figure-toi ! Etalors ?
Agnès
Et alors ? Réfléchis, toi qui essi intelligent !
Xavier
Réfléchis !? Tu en as debonnes ! … Allez, sors-la ton explication à la mors-moi le nœud ! Jemeurs d’envie de l’entendre !
Agnès
C’est bien simple. Pour le nouveau-né,le passage dans l’utérus est comme celui d’un tunnel. Pour toi ça était plustraumatisant que la moyenne. Et t’en as gardé des séquelles à vie !
Xavier
Conneries ! oui !
Agnès
En tout cas… moi, j’ai uneexplication.
Xavier
Conneries je te dis … Bon, parlonspeu, mais parlons bien ! Nous sommes vendredi ; ce soir nous couchonsà Arcachon, chez mes parents…
Agnès
J’espère qu’ils n’auront pas oublié delaisser les clefs de la voiture !
Xavier
T’inquiète pas…(Xavier réfléchit) Jesuis sûr que ma mère va me donner un chèque… S’ils me donnent autant quel’année dernière, je pourrais payer largement l’assurance de ma moto et manouvelle Hi-fi …
Il se frotte lesmains.
… J’espère que le chiffre sera à lahausse !
Agnès
(Silence désapprobateur et regard noir surson mari)
Xavier
Ces quelques jours de sport d’hivernous ont coûté les yeux de la tête…
Agnès
Tu vas pas me reprocher encore unefois, de m’avoir acheté une paire de lunettes ?! …
Xavier
Justement … Si tu n’avais pas oubliéles tiennes, t’aurais pu éviter de les acheter à la Mongie !
Agnès
Si tu prenais comme moi le Tram, tun’aurais pas besoin de prier le bon Dieu pour que tes parents te fassent unchèque pour payer tes lubies…
Xavier
Pardon ! Je prie pas le bon Dieu.Je prie à la rigueur mes parents ! … D’ailleurs heureusement que mesparents nous donnent de l’argent ! EUX ! Sinon, je me demande comment onferait sans ça !?
Agnès
Comme si on avait besoin de l’argentde tes parents …
Xavier
Oh ! c’est sûr, … on se passetrès bien de celui des tiens ! On n’en voit jamais la couleur !
Agnès
D’ailleurs, en particulier, l’argentde ta mère me coûte trop cher !
Xavier
Ma mère en particulier ?! Dans lefond, tu peux pas la blairer ! Mon père, au contraire, a toutes lesqualités, LUI !
Agnès
C’est vrai que je m’entends bien avecton père.
Xavier
Tu aurais dû l’épouser LUI, plutôt quemoi ! … Que veux-tu dire, par l’argent de « ma mère enparticulier » ?!
Agnès
Si tout le monde sait pas qu’elle nousdonnent de l’argent, c’est pas de safaute …
Xavier
Que veux-tu dire avec tessous-entendus ?
Agnès
Elle le crie suffisamment sous tousles toits ! Et puis, chaque fois, il faut que je lui détaille tout ce queje me suis acheté avec son pognon… Et merci Françoise-Roberte pour ceci ;merci Françoise-Roberte pour cela! … Et ***** à la fin ! À force,c’est humiliant !
Xavier
Mais non, c’est normal …Agnès, machérie, on va pas se fâcher pour si peu !
Agnès
Oui t’as raison ! Ça vaut pas lecoup !
Xavier
À la bonne heure !Bon, …nous disions, samedi soir on fête mon anniversaire ; bonsang ! Trente cinq ans ! J’en reviens pas ! … Ouais !…C’est sûr que tes chers parents ne se distingueront pas, pour une fois, à mefaire un chèque…
Agnès
C’est pour ton bien ! Ilstrouvent que tu as un rapport malsain avec l’argent !
Xavier
Quelle connerie ! Ça vient de tamère, je parie. Elle peut pas me piffrer, celle-là ! J’ai un rapport malsain avec l’argent ?!… Moi ?!…
Agnès
Eh bien ! Oui ! Toi !
Xavier
Mais dis-moi, c’est une raison pourqu’elle m’offre chaque fois son merdique « After shave » ?
Agnès
D’une année à l’autre, elle ne serappelle plus ! Voilà tout !
Xavier
C’est pourquoi, faire un chèque c’estplus intelligent ! On peut acheter ce qu’on veut ! D’ailleurs c’est comme ta super-copineHélène…
Agnès
Ça m’aurait étonné que tu n’en parlespas ! Vas-y, je t’écoute !
Xavier
Eh bien, je vais me retrouver comme d’habitude avec deux« after shave »… de quoi monter une boutique !
Agnès
Si au moins tu les utilisais, tun’aurais pas besoin de monter une boutique !
Xavier
Mais ils sont infects leurs aftershave … Et d’abord, je ne comprends pas pourquoi t’invites Hélène !Elle n’est pas de la famille ?! Je n’invite pas mes amis… moi !
Agnès
Pour la bonne raison que tu n’as pasd’amis ! Hélène est seule, ça lui change les idées et ça me faitplaisir !
Xavier
… Ton père, n’en parlons pas, il va mefourguer ces foutues bouteilles de son foutu château qui n’est qu’une foutuebâtisse.
Agnès
Ce n’est pas la bâtisse qui fait lechâteau mais la qualité du vin ! Combien de fois, devrais-je te l’expliquer !
Xavier
Pourtant, ce n’est pas l’argent quilui manque. Il vend même aux japonais !
Agnès
II l’a bien gagné sonfric !!!… Alors, il en fait cequ’il en veut !
Xavier
Quel rat ! Oui !
Agnès
Rat ?! J’en connais un quipourrait lui donner des leçons.
Xavier
Ah ! … J’oubliais, mon cherbeau-frère et ma belle-sœur ; le corps enseignant dans toute sa splendeur,la fabrique à crétins, oui ! Et ils se prennent en plus pour l’élite de lasociété… le nombril de la France. Et ils se prétendent socialistes ! … Moncul ! oui !
Agnès
Ça y est c’est reparti…
Xavier
… Je te le dégraisserai moi, lemammouth ! Crois-moi… Avec eux, c’est sûr, je vais avoir droit à un livreque je lirai même pas ! D’ailleurs tous leurs livres, je vais les vendresur internet… et pourquoi pas leurs after shave pourris … et les bouteilles depinard ! Tout se vend sur internet !
Agnès
Tu vas pas faire ça ?!
Xavier
Je vais me gêner ! Oui !
Agnès
Je te rappelle que mon petit frères’est marié le jour de ta naissance.
Xavier
Et alors ?…
Agnès
Samedi soir, on ne fête pas seulementtes trente-cinq ans, mais également, les deux ans de mariage de Pierre-Edmondet Aline.
Xavier
Et alors ?..
Agnès
Nous n’avons toujours rienacheté…! .. Ah ! Mais biensûr, que je suis bête,… tu as l’intention de leur faire un chèque, … c’est plusintelligent, …on achète ce qu’on veut…
Xavier
Euh ! … J’avais plutôt penséfaire un cadeau groupé, nous, Hélène. Tu vois… Ce serait sympa...non ?
Agnès
C’est pas possible ! Il n’en estpas question !
Xavier
Ok, ça va … Samedi, tu achètes quelquechose au supermarché ; mais pas plus de trente euros !
Agnès
Trente euros ?!
Xavier
T’es incroyable ! … Primo, jerenonce à mon idée ; Secondo, j’accepte la tienne et tu gueules…. Tu saisvraiment pas ce que tu veux !
Agnès
(Tourne les pages dumagazine… photos d’embryon d’enfant dans le ventre de la mère)
… Oh ! Oui ! Je sais ce queje veux …
...
29- INT – MATIN –APPARTEMENT DE PIERRE-EDMOND/ALINE-SALON –
Aline, pousselégèrement les rideaux de la fenêtre du salon. En bas trois voitures. Desdrapeaux sortent des fenêtres. Concertde klaxons. Cris : « Allezles Girondins !… Allez les Girondins !… Pierre-Edmond apparaît. Illève les yeux vers leur appartement. Il est triste de ne pas voir sa femme.Aline laisse revenir le rideau, elle a mal, très mal. Elle regarde à travers,les yeux embués de larmes.
Les supporters
Allez-monte ! Qu’est-ce que tuattends ?…
Pierre-Edmond monteà la droite du conducteur. Les trois voitures démarrent et disparaissent aucoin de la rue. Aline est effondrée. Elle passe devant le secrétaire. Aperçoitle calendrier journalier ; vois la date, déchire la feuille, qu’elle jetteviolemment à terre. Elle se laisse tomber sur le fauteuil. Sanglote.
30- EXT – JOUR –RUE –
Xavier sort de sonappartement, file droit vers sa moto, l’enfourche, démarre et disparaît au coinde la rue.
31- EXT – JOUR –AUTOROUTE –
Les trois voituresse dépassent à grande vitesse chacune à leur tour. À leurs fenêtres, lessupporters se provoquent… La voiture de Pierre-Edmond est sur la gaucheessayant de dépasser l’autre. Soudain, au tournant apparaît une voiture enface… C’est le choc !!!
ACTE 2 : PENDANT l’EFM
32- EXT – JOUR –AUTOROUTE –
Xavier roule surl’autoroute. Tournant. Une tache d’huile sur le bitume. La moto zigzague, sejette sur la barrière de protection, y rebondit. Retraverse la chaussée.Percute l’autre barrière de protection. Xavier est violemment projeté ets’écrase dans le contre-bas sur un petit mur. Il reste étendu…
Xavier (OFF)
J’ai mal partout !…! Ma tête… matête ! Elle va éclater ! J’ai froid… très froid… Je vais crever…c’est sûr !
Un automobiliste s’arrête. Sort de lavoiture. Il se penche sur lui.
L’automobiliste
Monsieur ! monsieur ! Vousm’entendez ? Vous m’entendez ?
Aucune réaction. Illui prend la main.
L’automobiliste
Monsieur, serrez-moi la main…
Aucune réaction. L’automobiliste prend son portable appelle des secours.
Xavier
C’est drôle,… je me sens bien, j’aichaud… Incroyable, j’ai plus mal !?
Son corps se dédouble et un autre Xavier plus éthéréapparaît. L’automobiliste couvre le corps de Xavier d’une couverture. Xavieraperçoit sa moto toute déchiquetée…
Xavier
Oh ma moto, dire qu’elle était touteneuve ! Mais qui est ce type étendu sur la route ?
Il s’approche de son corps inanimé étendu au sol. Il esteffrayé.
Xavier
Mon Dieu ! Mais c’est moi !…Je suis mort alors !… C’est ça mourir ?!…
D’autres voitures s’arrêtent sur les côtés … Petitattroupement. Des gens passent au travers de Xavier qui essaie de se manifesterà eux. En vain…
Xavier
Ecoutez-moi… Tout va bien ! Jesuis là… Mais t’as pas compris t’es mort ! T’es mort ! Oh Agnès ! Maman ; Papa !
Une grande ambulance arrive. Deux secouristes dont unmédecin descendent. Ils enlèvent avec précaution le casque. Place une minerveautour du cou ; glisse le corps de Xavier sur un brancard. L’amènentrapidement dans le véhicule. Xavier suit. Au moment où il veut monter, lesecouriste claque les portes qui passent au travers de lui. Xavier essaied’ouvrir la porte arrière. Sa main passe à travers. La voiture démarre. Soudainil s’engouffre à l’intérieur. Départ en trombe. Retentissement de la sirène.
33- INT – JOUR –DANS L’AMBULANCE –
Le corps de Xavier est sur la civière avec deux secouristesautour de lui. Xavier est au fond du véhicule, sa tête près du plafond. Ilobserve ce qui se passe. Un des secouristes fait le bouche-à-bouche. L’autremanifeste une grande inquiétude.
Le premier secouriste
Rien à faire ! On le perd !On le perd !…
Le deuxième secouriste
Vite les raquettes ! Il est 10heures 30.
Le premier défait sa chemise. Branche des pastilles sur lapoitrine. Installe les électrodes sur le crâne…
Le deuxième
( Tenant lesraquettes )
On y va !
Le corps se soulève brusquement !
Le premier
Encéphalogramme plat…Il s’en va !Il s’en va ! Bon sang !!!
Le second
Je recommence !
Le premier
Rien ! Rien !
Le second
Encéphalogramme toujours plat !C’est fini.
Le second recouvre le visage du corps de Xavier.
Le second
Pauvre gars ! Il était bien jeune…
Xavier
(Depuis sa position)
Mais non, c’est pas fini ! Jesuis là ! Je suis là ! Bande d’abrutis !!!
Le premier secouriste, tire une petite ouverture.
Premier secouriste
Tu peux arrêter la sirène ; Pas la peine de se presser.
Le chauffeur
Il est mort ?…
Le premier secouriste
Oui !
Le chauffeur
Ah ***** !
Xavier
(Depuis sa position)
Mais non j’suis pas mort ! Pasmort ! Vous m’entendez ?!
34- INT- JOUR –URGENCES TRIPODE de PELLEGRIN- MORGUE -
Le véhicule de secours arrive au Tripode de Pellegrin,service des urgences. La civière est amenée à l’intérieur. Xavier suit.
Premier secouriste
Nous lui avons fait unbouche-à-bouche ; deux défibrillateurs ; un EEG plat à 10h 31.
Un médecin
(S’adressant à uneinfirmière)
Catherine, amenez-le au sous-sol. À10h 51, faire un nouvel encéphalogramme, pour contrôle. Si négatif, frigo.Appelez la famille !
L’infirmière pousse le brancard vers une pièce. Il y en aplusieurs disposés les uns à côté des autres.
Catherine
Bonjour, docteur Gerbaud :Accident de la route, bouche-à-bouche, deux fois défibrillateur,encéphalogramme plat à 10h 31. J’avertis la famille.
Le visage de l’infirmière apparaît grossi. Puis son oreilledroite. Une boucle d’oreille en or se détache et tombe à terre, roule et vaatterrir, à l’intérieur du pied droit formant un angle, de la troisième armoireen partant du mur. Xavier, au plafond, de sa position privilégiée, a toutobservé.
Docteur Gerbaud
Ok ! Catherine, je m’en occupe…
Catherine quitte la pièce. Xavier la suit, tantôt enmarchant, tantôt dans les airs en traversant, les portes, les murs. Les genspassent à travers lui… L’infirmière sort un papier et téléphone… L’horlogeindique 10h 50.
Ecran noir. De nouveau l’horloge. Elle indique 11 heures 10.
Le Docteur retire le drap, place des électrodes :L’encéphalogramme est plat…
Docteur Gerbaud
Pauvre gars !
Il traverse une pièce. Pousse une porte. C’est la morgue.
Docteur Gerbaud
André, je t’amène un nouveau !
André
Laissez-le là ! Je dois faire dela place ! Je m’en occupe après !
Docteur Gerbaud
Ok ! Il a tout son temps !
André va vers le corps. Ferme les yeux. Le recouvre d’undrap. Xavier dans son corps d’esprit a suivi toutes les opérations.
35- DANS LESNUAGES- PIERRE-EDMOND - Mr MARTINEZ
Xavier traverse les plafonds, les murs. Il est au-dessus del’hôpital. Il est à la fois étonné et émerveillé par toutes les possibilitésque lui offre son nouveau corps. Ciel. Nuages. Tout est paix. Soudain Pierre-Edmondse tient devant lui. Xavier est surpris.
Xavier
Pierre-Edmond, que fais-tu ici ?
Pierre-Edmond
Comme toi, je suis mort physiquement,mais vivant par l’esprit !
Xavier
Que t’es-t-il arrivé ?
Pierre-Edmond
Accident de voiture.
Xavier
Et moi accident de moto.
Pierre-Edmond
Je sais. Tu dois transmettre unmessage à Aline !
Xavier
Comment ça ?
Pierre-Edmond
Tu dois revenir. Pas moi !
Xavier
Je comprends pas !…
Pierre-Edmond
Tu comprendras… Dis à Aline qu’elle mepardonne, que je l’aime, que je l’ai toujours aimé ; que je l’aimeraitoujours. Dis-lui qu’elle estbelle ! Qu’elle est jeune ! Qu’elle doit refaire sa vie ! Avoirles enfants que je ne lui ai pas donné. Dis-lui que j’avais un cadeau pourelle. Il se trouve dans le secrétaire, au troisième tiroir gauche sous nosphotos. Adieu beau-frère !…
Xavier
Pierre-Edmond… non !attend ! me laisse pas seul !…
Pierre-Edmond disparaît. À sa place, apparaît MonsieurMartinez.
Xavier
Monsieur Martinez, vous êtes mort,vous aussi !
Monsieur Martinez
Oui, mon gars ; cettenuit j’ai passé l’arme à gauche !
Xavier
C’est incroyable. Je vous ai reconnu…,… mais vous êtes jeune, la trentaine…
Monsieur Martinez
Ouais, l’âge où j’étais le plus enforme… Trois ans avant mon accident !
Xavier
… Et vous avez votre jambe !
Monsieur Martinez
Ouais ! C’est formidable !
Xavier
C’est incroyable !
Monsieur Martinez
J’ai un service à te demander !
Xavier
Pas de problème MonsieurMartinez !
Monsieur Martinez
Voilà, Lucien… Monsieur Bardeau, va merejoindre le 12 avril. Tu sais qu’il ne peut pas se passer de jouer aux échecs.En attendant, fais, chaque jour, une partie avec lui !
Xavier
Je le ferai, monsieur Martinez. Jevous le promets.
Monsieur Martinez
Sois très gentil avec lui. C’est monami. Sois bon avec les autres aussi.
Xavier
Oui, monsieur, je serai bon… avec toutle monde…
Monsieur Martinez
C’est bien Xavier… C’est bien. Tuverras, c’est bon d’être bon.
Xavier
Les vivants ne me voient pas, ne meparlent pas. Monsieur Martinez, vous allez pas partir, vous aussi ?!…
Monsieur Martinez
Tu peux pas venir là où je vais… c’estpas ton heure, mon gars !
Monsieur Martinez disparaît. Xavier se retrouve à nouveauseul.
36- DANS LE TUNNEL – La LUMIERE - ETRE DE LUMIERE
On entend un bruit strident et obsédant comme une sonnerie,mais beaucoup plus sourd. L’obscurité soudainement l’entoure. Il estirrémédiablement aspiré comme dans un magma ténébreux. Il avance couché, latête légèrement levée, les pieds en avant. La vitesse est considérable. Il esttranquille, serein, en sécurité. À distance Xavier devine d’autres personnesqui voyagent avec lui.
Xavier (OFF)
Je ne suis pas tout seul ! Monpère me parlait « de la vallée de l’ombre de la mort »… Ce doit êtreici ! Ah papa, c’est toi qui avais raison ! Ton fils est uncon ! C’est pas terrible mourir ! Ce qui est terrible c’est de laisser ce qu’on a si mal aimé !Réaliser tout ce qu’on a raté !
Au fond apparaît une lueur. Grâce à cette clarté diffuse,Xavier se rend compte qu’il est dans un immense tunnel. La vitesse augmente aufur et à mesure que la Lumière au fond du tunnel grandit.
Xavier (OFF)
Moi qui avait si peur des tunnels, jeme sens bien ! C’est incroyable ! Elle serait surprise Agnès !!!
La lumière devient de plus en plus éclatante sans cependantl’éblouir. Il relève la tête pour mieux voir. Il la contemple avecémerveillement. Apparaît tout au fond, la silhouette d’un homme dont laluminosité est encore plus intense que la lumière. Grand ralentissement. Xavierarrive à proximité de l’Être de lumière et se retrouve debout devant lui.
37- DANS MONDEdes ESPRITS - L’ETRE de LUMIERE - COMITE d’ACCUEIL
Xavier est baigné d’une merveilleuse lumière équivalente àmille soleils. Pourtant cette lumière est douce et supportable à ses yeux. Ilse rend compte combien la lumière du personnage lumineux est encore plusforte ; mais également immédiatement autour de sa personne. Il se met àgenoux.
Xavier
Mon Dieu !
L’être de lumière rit de bon cœur.
L’être de lumière
Relève-toi. Je ne suis pas Dieu !
Xavier obéit. Il se relève.
Xavier
Alors tu es le Seigneur Jésus-Christdont me parlait si souvent mon père ?
L’être de lumière
Non !
Xavier
Alors qui es-tu ?
L’être de lumière
Je suis un serviteur ; Si tupréfères un ange envoyé par Dieu dans ce monde. Mon nom est Gabriel. Je suis venu t’accueillir et t’enseigner.Bienvenu mon frère !
L’être de lumière tend ses bras à Xavier. Quelques mètresles séparent. Xavier s’avance d’abord timidement en hésitant. L’être de lumièrelui sourit avec beaucoup d’amour. Xavier s’enhardit, il avance de plus en plusrésolument et se précipite finalement dans ses bras. Xavier ressent unechaleur, un amour une force tels que la lumière de l’être le remplittotalement. Il devient pendant l’instant de fusion aussi lumineux que lui. Ilsse séparent.
Gabriel
Regarde !
Xavier voit un merveilleux paysage multicolore. Desmontagnes au loin, une ville dorée, des champs, des fleurs, des animaux detoutes espèces, certains qu’il n’a jamais vu sur terre. Le tout baigné d’uneclarté irréelle.
Xavier
J’ai l’impression de retrouver monpremier foyer !
Gabriel
Ce n’est pas notre premierfoyer ; mais notre troisième demeure.
Xavier
Veux-tu m’expliquer ?
Gabriel
Plus tard ! Je t’ai préparé uncomité d’accueil. Regarde !…
Apparaissent alors des personnages habillés de tuniquesd’une blancheur éclatante. Ils sont diaphanes, mais loin d’être aussi lumineuxque l’être de lumière dont l’aspect est tangible. Ils s’approchent de Xavier,qui écarquille les yeux …
Xavier
Grand-père, grand-mère !!!
Les grands-parents
Xavier, mon petit…
Ils s’élancent les uns vers les autres, s’étreignent,s’embrassent fous de joie. Un homme regarde Xavier en souriant. À son tourXavier le regarde…
Xavier
Non c’est pas possible ! André,mon camarade du Lycée…
Effusion de joie…
André
Tu m’as reconnu ?!
Xavier
Oui ! J’ai retrouvé testraits ! Mais quand tu es parti, tu avais quinze ans et te voilàadulte !!!
André
Ici nous sommes tous adultes…
Xavier va vers d’autres personnes … Nouvelles retrouvailles,nouvelles effusions de joie…
Les parents, les amis, les connaissances disparaissent. De nouveau Xavier se retrouve seul devant l’être de lumière.
Xavier
Dis-moi, j’ai reconnu mesgrand-parents, mon ami André, d’autres parents et c’est fantastique. Mais…
Gabriel
Parle, je t’écoute !
Xavier
Voilà… je suis intrigué, il m’a sembléreconnaître des hommes et des femmes que je n’ai jamais vus sur terre etpourtant, je les ai reconnus, comme si je les avais connus, depuis toujours,avant de venir sur terre …
Gabriel
Oui, Xavier, depuis des éternités…n’est-ce pas ?
Xavier
C’est exactement ça ! Veux-tum’expliquer ?
Gabriel
Plus tard ! Plus tard.
38 – DANS MONDEdes ESPRITS - PANORAMA de la VIE –
Gabriel
(Avec beaucoupd’amour)
Xavier ; qu’as-tu fait de tavie ?
Xavier
( Il est paniqué…)
…
Gabriel
Regarde et vois.
Apparaît à l’écran la vie de Xavier depuis qu’il était toutpetit, année après année ; jusqu’à l’accident de moto.
Xavier
Gabriel, je crois comprendre le sensdes mots « enfer » et « paradis ».
Gabriel
Qu’as-tu compris ?
Xavier
J’ai ressenti les conséquences de tousmes actes, paroles et pensées. Lorsque je faisais le mal, j’ai vécu, la peineet la douleur que je faisais à ceux que j’avais offensés ou mal traités.Lorsque je faisais du bien, j’ai ressenti la joie, le bonheur que je leur avaisapportés.
Gabriel
Quel est ton bilan ?
Xavier
J’ai vécu à la fois l’enfer et leparadis. J’ai peur car j’ai ressenti beaucoup la douleur et peu la joie. Jevoudrais tellement réparer le mal que j’ai fait.
Gabriel
C’est bien. Les trois questions clé de la vie sont : D’où venons-nous ?Quel est notre but sur cette terre ? Où allons-nous après la mort. Tuconnais la réponse à la troisième question.
Xavier
Oui, je sais maintenant, qu’après lavie, il y a toujours la vie. Je me rends compte, combien papa avait raison…Mais je t’en prie éclaire-moi davantage.
Gabriel
Le monde après la vie sur terres’appelle le monde des esprits ou encore le monde des désincarnés quiattendent la résurrection. Lorsque nous mourrons, notre corps de chair et d’osretourne à la poussière, notre corps d’esprit va dans ce monde.
Xavier
Le monde des esprits, est-ce leparadis ou l’enfer ?
Gabriel
Ce monde reçoit les esprits des bonscomme ceux des méchants. Les bons vont dans un endroit appelé paradis et lesméchants dans un autre appelé enfer.
Xavier
Sur terre, on me parlait d’un enfer oud’un paradis où les bons étaient séparés des méchants ?!
Gabriel
Dans le monde des esprits, le paradiset l’enfer se créent naturellement à divers degrés, selon la justice oul’injustice des gens qui s’assemblent selon leur ressemblance. Les parties,selon leurs degrés, les plus lumineuses s’appelle paradis ; Les plussombres, selon leurs degrés, enfer.
Xavier
Que fait-on après la mort dans lemonde des esprits ?
Gabriel
Dans ce monde, les esprits communiquent,se mêlent les uns aux autres, selon leurs affinités et ont toutes sortesd’activités. Dans le monde des esprits, tout comme sur la terre ou dans lapréexistence, nous travaillons à notre salut. Dans chaque sphère, touteprogression ou régression est possible selon le libre-arbitre et les efforts dechacun.
Xavier
André est parti adolescent, je l’airetrouvé adulte et je n’ai vu aucun enfant…
Gabriel
Dans ce monde, tous les esprits ontune forme d’adulte, tout comme dans la vie prémortelle. En conséquence, mêmeceux qui mourront dans leur tendre enfance retrouveront, leur corps d’espritadulte.
Xavier
Je comprends maintenant les parolesd’André ! Tu me dis que le monde des esprits est notre troisième demeureou foyer. Je conclus donc que notre deuxième demeure est la terre. Nous aurionsdonc connu une première demeure ?
Gabriel
Oui. Allons-y pour que tu vois.
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