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Guillaume Musso, Auteur Victor OJEDA | Bloguez.com

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Interview - Guillaume Musso : "Ce livre est peut-être le dernier" par auteurvictorojeda

 Interview - Guillaume Musso : "Ce livre est peut-être le dernier"

4/5/2009

Publié le 01/05/2009 à 17:50 Le Point.fr

Interview - Guillaume Musso : "Ce livre est peut-être le dernier"


Livres

Publié le 01/05/2009 à 17:50 Le Point.fr

Interview - Guillaume Musso : "Ce livre est peut-être le dernier"

5,5 millions d'exemplaires de livres vendus en 6 ans, 31 langues de traduction et 3 projets d'adaptations cinématographiques. La sortie du dernier roman de Musso, Que serais-je sans toi ?, est très attendue. Par ses lecteurs, mais aussi par la critique. Rencontre avec un auteur à succès, adulé ou contesté.

Julie Malaure

Guillaume Musso :

Le romancier Guillaume Musso ©JM. Perier

Le Point : L'addiction amoureuse, c'est le thème de votre dernier livre ?

Guillaume Musso : Oui, tous mes personnages sont malades d'amour. Martin ne se remet pas de son premier amour, Archibald n'accepte pas la mort de sa femme, et même l'adolescente, à la fin, tente de se tuer par amour. Et tous les personnages que croise Martin, la prostituée, la Coréenne, ils portent tous en eux cette contamination. C'est vraiment le thème souterrain du livre, celui autour duquel l'histoire est bâtie.

Le Point : On trouve souvent dans vos livres la question du destin, vous y croyez, vous, au destin ?

Guillaume Musso : Non je ne crois pas forcément au destin. Mais regardez, Harry Potter est un livre d'initiation dans lequel la magie n'est que l'emballage. On ne demande pas à J. K. Rowling si elle croit en la magie. Idem pour Twilight . Les vampires sont une métaphore du désir, du sexe. Stephenie Meyer ne croit sans doute pas aux vampires, pas plus que J.K. Rowling à la sorcellerie et je n'ai pas, pour ma part, de croyance ésotérique. Mais la lutte implacable de l'homme contre son destin, pour un romancier, c'est la base de pas mal de situations dramatiques.


Le Point : Ce n'est alors que le ressort dramatique ?

Guillaume Musso : Mon métier de romancier c'est de trouver des situations dramatiques pour parler de thèmes plus profonds qu'il n'y paraît. C'est une porte d'entrée ludique vers un contenu plus profond.

Le Point : Mais entretenir des lecteurs adultes dans le ludique et le facile, n'est-ce pas les infantiliser ?

Guillaume Musso : Ma mère m'a appris à ne pas être sectaire. À passer de Dostoïevski à Agatha Christie, d'un restaurant gastronomique au McDonald's. On peut trouver mes romans faciles, mais je pense que les thèmes traités ne le sont pas forcément. Je parle du deuil, des conduites addictives, de la vieillesse. Truffaut voulait "faire des films qui divertissent tout en élevant". Moi je voudrais faire des livres à cette image.

Le Point : Votre dernier roman traite du premier amour, le vôtre a été marquant ?

Guillaume Musso : Oui... Il n'est pas très éloigné de ce que vit Martin dans mon roman. Il y a de moi dans tous les romans, mais à petite dose.


Le Point : Comment s'appelait-il, votre premier amour ?

Guillaume Musso : Amandine.


Le Point : L'amour est un moteur puissant de vos livres.

Guillaume Musso : Oui, bien sûr, l'amour ! Je ne pourrais pas écrire un roman sans histoire d'amour. J'aime l'amour avec les dangers que cela comporte, comme dans mon livre préféré, c'est Les Hauts de Hurlevent , avec cette passion tourmentée...

Le Point : Parce que l'amour sans tourments, c'est ennuyeux ?

Guillaume Musso : Les gens heureux n'ont pas d'histoire.

Le Point : Les personnages de votre roman sont malades d'amour et effectivement tourmentés, pourtant, ça finit plutôt bien pour tout le monde. Est-ce qu'il faut en déduire que la vie devient forcément ennuyeuse ensuite ?

Guillaume Musso : Il est vrai que la fin de ce roman est plus apaisée que le précédent. Mais ce n'est pas une happy-end bêtasse. Il y en a qui partent, d'autres qui restent. J'avais envie d'écrire un livre dont on tirerait du réconfort. Partir du noir pour aller vers la lumière, plutôt que le contraire.

Le Point : Est-ce que ça existe, selon vous, une fin heureuse en amour ?

Guillaume Musso : Je n'en sais rien. On a des exemples autour de nous d'amours qui durent plus ou moins longtemps... Mais j'avais envie de terminer le roman sur un couple qui essaye quand même de construire quelque chose. Ils ont 35 ans, pas d'enfants ; ils sont jeunes mais c'est le moment ou jamais de croire en l'amour.


Le Point : Est-ce que cela vous freine dans l'écriture d'entendre que l'on parle de vos livres en termes de "littérature fast-food", ou de "hall de gare" ?

Guillaume Musso : La critique actuelle qui dit que certains best-sellers sont de la littérature de consolation me paraît bien dérisoire. On ne choisit pas les livres que l'on écrit. On les écrit quand on peut.

Le Point : Qu'est-ce qui est le plus gratifiant dans votre métier d'écrivain ?

Guillaume Musso : Voir quelqu'un lire mes romans. Je suis complètement tourné vers le lecteur. Je ne suis pas en quête d'un bon article. Je suis le fruit du bouche-à-oreille, je reçois des milliers de courriers de lecteurs du monde entier. Et puis, ça m'intéresse aussi d'écouter les gens, leurs histoires. Ce sont même parfois des débuts potentiels de romans.

Le Point : C'est cela, cette relation "étrange et belle" avec vos lecteurs que vous mentionnez à la fin du livre ?

Guillaume Musso : Oui, j'ai lu des dizaines d'articles sur la soi-disant "mécanique Musso". À chaque fois, c'est atterrant. Il vaudrait mieux écouter les gens qui aiment mes romans.


Le Point : Et que disent-ils ?

Guillaume Musso : Qu'ils aiment la façon dont je construis mes personnages : avec leurs failles.


Le Point : Vous avez le trac, à la veille de la sortie d'un livre ? Est-ce que vous redoutez de faire un flop ?

Guillaume Musso : J'ai un peu le trac parce que je sais que je suis très attendu. Mais j'accepte que l'on n'aime pas mes romans. En revanche, si je recevais des centaines de courriers de lecteurs déçus, ce serait extrêmement décevant pour moi. C'est comme offrir un cadeau à la personne que l'on aime, on passe du temps à choisir, on espère faire plaisir. Or je serais déçu d'offrir quelque chose qui ne plaise pas. Ce serait une déception, oui, quelque chose de très primaire.


Le Point : Vous envisagez d'arrêter d'écrire ?

Guillaume Musso : Oui, à chaque fois que je finis un roman. Ce livre est peut-être le dernier. Parce que la vie est fragile, parce que l'on peut perdre la vie, comme perdre l'envie. Écrire est la chose que je préfère et la chose la plus douloureuse au monde. Mais si un jour, comme en amour, je n'en ai plus envie, je n'écrirai plus.

Que serais-je sans toi ? (Éditions XO, 300 pages, 19,90 euros).

Je reviens te chercher, (Ed. Pocket, 410 pages, 6,90 euros).


Tags : Guillaume Musso litterature livre

Catégorie : !60_News littéraires/2009/02
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