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Alzheimer, Auteur Victor OJEDA | Bloguez.com
31/3/2009 | ||||||


Article paru le : 29 mars 2009
Tags : vieux enfant retraites bordeaux maladie Alzheimer generation
Catégorie : !70_News Société/2009/02
Quand le cerveau ne reçoit pas assez de sang et donc manque de glucose --ce qui peut arriver en cas de problème cardio-vasculaire, qui restreint le débit--, se produit une altération d'une protéine essentielle, la "elF2alpha", selon les recherches menées sur des cerveaux humains et de souris par une équipe de l'Ecole de médecine de la Northwestern University à Chicago, conduite par Robert Vassar.
Cette protéine altérée augmente la production de l'enzyme BACE1 --dont le rôle avait été découvert déjà il y a dix ans par Robert Vassar et son équipe-- qui provoque un aggrégat de plaques de protéines, les bêta amyloïdes, en dehors des neurones, les empêchant d'envoyer des messages.
Ces plaques sont la marque de cette maladie neurodégénérative d'origine complexe, liée à la mort progressive des neurones.
"Cela signifie qu'augmenter le débit de sang vers le cerveau pourrait être une approche thérapeutique efficace pour prévenir ou traiter la maladie d'Alzheimer", a fait valoir Robert Vassar, professeur de biologie cellulaire et moléculaire à l'Ecole de médecine.
Selon lui, une stratégie simple de prévention pourrait être de faire de l'exercice, de réduire la présence de mauvais cholesterol dans le sang et de surveiller l'hypertension.
Pour les personnes présentant déjà des symptômes de la maladie, la prise de vasodilatateurs pourrait aider à fournir de l'oxygène et du glucose au cerveau. On peut imaginer aussi la mise au point de médicaments bloquant la protéine elF2alpha à l'origine des aggrégats.
Pour Robert Vassar, la maladie d'Alzheimer et les accidents vasculaires cérébraux pourraient avoir la même origine: une privation d'énergie pour le cerveau, violente en cas d'AVC et chronique en cas d'Alzheimer.
La maladie d'Alzheimer est associée aussi par d'autres chercheurs à des facteurs de risque génétique. Ainsi, selon une étude récente, la présence d'une seule copie anormale du gène CALGM1 augmenterait de 44% le risque de la contracter.
Cette maladie touche aujourd'hui plus de 24 millions de personnes dans le monde, un nombre qui devrait selon l'Organisation mondiale de la santé doubler tous les 20 ans.
L'étude est publiée dans le numéro du 26 décembre de la revue américaine Neuron.
(Belga)
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La maladie d'Alzheimer qui touche 6 % des plus de 65 ans est la troisième maladie jugée la plus grave, derrière le cancer et le sida. C'est ce qui ressort d'une étude, présentée mercredi par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, et menée par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) qui a interrogé aussi bien la population générale que des personnes dont un membre de la famille est touché par la maladie ou des professionnels de santé (médecins, infirmiers libéraux, pharmaciens). L'objectif étant de mieux comprendre l'image sociale que génère la maladie.
La France compte aujourd'hui 850 000 malades d'Alzheimer, dont la moyenne d'âge est de 83 ans. On estime, par ailleurs, que 70 % d'entre eux vivent à domicile. Près de 30 % sont placés en établissement spécialisé, mais cette solution n'intervient pour les familles qu'en tout dernier recours. Et ce pour deux raisons : d'abord, parce que cette décision est douloureuse et culpabilisante pour la famille, ensuite, parce que le coût est très élevé. L'association France Alzheimer chiffre ainsi entre 1 500 et 1 600 euros par mois - une fois les aides perçues -, le montant restant à la charge de la famille pour les malades en établissement.
Aujourd'hui encore, les causes de la maladie restent obscures, même si on sait que l'âge avancé et le sexe féminin sont des facteurs favorisants. Cette dégénérescence du cerveau est extrêmement progressive puisque l'on a calculé que plus de dix ans séparent les tout premiers troubles du diagnostic. Et une fois ce diagnostic porté, la dégénérescence dégrade les fonctions intellectuelles de façon relativement lente, pour atteindre le stade de dépendance totale en trois à sept ans selon les cas.
L'étude dévoilée mercredi montre que les pertes de mémoire ne sont pas nécessairement perçues comme anormales et sont très souvent considérées comme une conséquence inévitable du vieillissement. Les troubles liés à la mémoire figurent cependant parmi les signes évocateurs les mieux connus puisque 95 % des sondés pensent qu'avoir des difficultés à se souvenir du chemin pour rentrer chez soi constitue un signe évocateur de la maladie.
Par ailleurs, près de quatre personnes sur dix estiment être plutôt mal ou très mal informées sur cette maladie, et elles sont 79 % à penser que les médias devraient en parler davantage. À titre de comparaison, le cancer fait certes peur, mais la population estime être suffisamment informée. Par ailleurs, l'étude montre que 64 % des personnes interrogées estiment que l'on ne peut rien faire pour guérir une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer. Et malgré la peur importante que suscite Alzheimer, 91 % d'entre elles souhaiteraient connaître le diagnostic si elles en avaient les signes évocateurs. Pour ce qui est d'un dépistage précoce, les spécialistes restent très partagés. Certains neurologues estiment que plus les médicaments sont prescrits tôt et plus ils pourraient être efficaces. «Même si aucun traitement n'est capable de guérir la maladie, il permet néanmoins d'en ralentir la progression», relève France Alzheimer.
Le problème, c'est que pour l'instant aucun médicament disponible sur le marché n'a véritablement démontré son aptitude à retarder l'évolution de la maladie vers la démence. Seuls quatre médicaments sont commercialisés en France. Ils appartiennent à deux familles : les anticholinestérasiques et les antiglutamates. Par ailleurs, le coût de ces traitements est relativement élevé (80 euros minimum par mois). Dans de telles conditions, on peut se demander à quoi peut réellement servir un dépistage précoce si ce n'est à inquiéter inutilement le malade confronté à un mal pour l'instant incurable.

Des signes de déclin des performances intellectuelles sont déjà présents dix à treize ans avant le diagnostic d'une maladie d'Alzheimer, soit beaucoup plus tôt que ce que croyaient les chercheurs. C'est ce que révèle une étude française publiée la semaine dernière dans une prestigieuse revue médicale américaine, les Annals of Neurology. Depuis quelques années, il ne faisait plus aucun doute que l'évolution de la maladie d'Alzheimer est très progressive. Des études ont ainsi montré qu'une altération des fonctions cognitives, notamment de la mémoire, est déjà patente trois à six ans avant le début de la démence, et qu'elle s'accélère dans les deux ou trois ans précédant le diagnostic.
L'équipe du Pr Jean-François Dartigues (Inserm, université de Bordeaux), avec notamment le Dr Hélène Amieva, est allée beaucoup plus loin en examinant rétrospectivement, pendant une période de quatorze ans, les performances de patients qui ont déclaré un Alzheimer, comparativement à celles d'individus restés indemnes de la maladie. Ce travail épidémiologique sans précédent a pu être mené à bien grâce à des données de la cohorte Paquid, constituée à la fin des années 1980 pour étudier le vieillissement cérébral normal et pathologique. Au total, environ 3 800 personnes âgées de plus de 65 ans ne souffrant pas, au début de l'étude, d'une dégénérescence cérébrale et vivant en Dordogne et en Gironde ont participé à ce programme, qui a déjà fait l'objet de nombreuses publications. Les participants ont bénéficié de tests psychométriques tous les un à trois ans, entre 1989 et 2003.
Pour cette étude, Jean- François Dartigues et ses collègues se sont intéressés aux 350 personnes de ce groupe pour qui le diagnostic de maladie d'Alzheimer a été porté au cours des quatorze ans d'observation. Elles ont été comparées, a posteriori, à toutes les autres personnes de la même cohorte n'ayant pas développé la maladie, pour ce qui est des performances aux tests neuropsychologiques de référence et aux diverses plaintes qui ont été répertoriées au cours des quatorze années de surveillance.
Les résultats sont impressionnants. Les quatre tests neuropsychologiques (dont le mini mental state, mesure simple des fonctions intellectuelles globales) commencent à décliner dès dix à treize ans avant le diagnostic de maladie d'Alzheimer. Des plaintes concernant la mémoire et des sentiments dépressifs sont exprimés dans les huit à dix ans précédant le diagnostic formel. Quant aux difficultés à réaliser des tâches un peu complexes (comme téléphoner, utiliser les transports, ou encore prendre soi-même les médicaments), elles apparaissent déjà cinq ans et demi à six ans et demi avant le début officiel de la maladie. «C'est beaucoup, beaucoup plus long que ce que l'on pensait jusqu'ici», notent les auteurs.
À première vue, de tels résultats ont de quoi inquiéter les quinquagénaires victimes de petits coups de blues, trous de mémoire, ou autres sensations de détérioration des capacités intellectuelles… Cependant, la tranche d'âge des 55-65 ans n'est aucunement concernée par les résultats de cette étude qui a porté sur des personnes de plus de 65 ans. Avant cet âge, la maladie d'Alzheimer est rare, il s'agit surtout de formes héréditaires qui représentent moins de 1 % de tous les cas.
Quel est alors l'intérêt de ces résultats, sachant que pour l'instant aucun traitement n'a prouvé d'efficacité pour bloquer ou ralentir significativement l'évolution de l'Alzheimer ? «Nous avons enfin la preuve que la maladie évolue à bas bruit pendant très longtemps, et c'est une bonne nouvelle, estime le Pr Orgogozo, l'un des signataires de l'étude et expert international des traitements de l'Alzheimer. Si l'on peut poser un diagnostic beaucoup plus tôt, plus de dix ans avant le début des symptômes caractéristiques, les lésions cérébrales seront nettement moins évoluées et les traitements auront d'autant plus de chances d'être efficaces.» Selon ce spécialiste, les échecs récents de certains essais thérapeutiques pourraient d'ailleurs s'expliquer par une prescription à des phases trop tardives de la maladie.
De nombreux travaux sont en cours pour mettre au point des tests de dépistage précoce, qui misent sur des marqueurs biologiques - dans le sang et le liquide céphalo-rachidien -, ou l'imagerie cérébrale, notamment par IRM (imagerie par résonance magnétique). «Les tests neuropsychologiques sont pertinents pour une étude épidémiologique, mais pas pour un dépistage individuel», insiste Jean-Marc Orgogozo. Selon lui, un test biologique fiable pourrait être validé d'ici deux à trois ans et l'imagerie cérébrale sophistiquée, déjà très performante, devrait se généraliser rapidement. Pour l'heure, en l'absence d'une prise en charge susceptible d'inverser l'histoire naturelle de la maladie, les spécialistes restent divisés sur l'intérêt d'un repérage précoce. Le dépistage de la maladie d'Alzheimer n'est actuellement pas recommandé, estimait la Haute Autorité de santé en mars dernier.
Tags : symptomes diagnostic Alzheimer
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