Cette loi inimaginable dans un état démocratique proposé par le ministère de l’intérieur assure vouloir «protéger les internautes contre les images de pornographie enfantine». Si ce n’était que cela. Le but étant d’obliger les fournisseurs d’accès internet à mettre en place un logiciel visant à empêcher toute connexion sur des sites à caractère pédophile répertoriés par les services de police.

Si l'objectif de lutter contre la pédopornographie est évidemment louable et partagé par tous, rien ne prouve que ce logiciel servira uniquement à censurer QUE les sites pédophiles, pour peu qu’un site pédophile reste en ligne plus de 8 jours. Une simple programmation d’un tel logiciel (sur ordre ou par zèle) permettra de blacklister n’importe quel site comme un blog émettant une opinion défavorable contre le gouvernement ou un de ses représentants.

LOPPSI prévoit entre autre la «perquisition numérique», qui permettra aux autorités sur commission rogatoire de mettre en place un dispositif technique ayant pour objet, sans le consentement des intéressés d’accéder à tout moment, à des données informatiques, de les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu’elles s’affichent sur un écran pour l’utilisateur.

Pour faire simple, un trojan pourra être envoyé sur n’importe quel ordinateur sous couvert d’une loi censée protéger l'enfance, mais qui permettra d’éplucher un disque dur (données et correspondances) de n’importe quel internaute soupçonné de mal penser. Difficile de faire pire dans le déni de liberté et de démocratie, car force est de constater qu'avec LOPPSI que  nous sommes à des années lumières de la riposte graduée d’HADOPI.

Avec LOPPSI la protection de l'enfance devient un prétexte à la censure du Net.

Un internet comme celui-ci, cela existe en chine ou l’état communiste et dictatorial n’hésite pas à censurer tout ce qui le dérange, sauf que l’internaute averti pourra à loisir continuer de surfer ou bon lui semblera en utilisant des proxies, en relevant la signature numérique du trojan pour le neutraliser ou tout simplement en passant à un système d’exploitation autre que Windows type Linux qui en plus est gratuit.

LOPPSI porte une atteinte grave, pas uniquement aux internautes mais également à Internet. Le développement économique du réseau français s’en trouvera affaibli, qui peut dire qu’il aime se sentir surveillé dans ses faits et gestes surtout dans sa vie privée ? Cette loi pourrait bien remettre en cause pas mal de choses à commencer par le commerce numérique.

L'examen de la loi LOPPSI doit faire l’objet d'un débat public à l’assemblée nationale et dans la rue si nécessaire.