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Auteur Victor OJEDA | Bloguez.com
Quand Benoît XVI écrivait dans une revue facho
9/4/2009
Polémique http://www.rue89.com/2009/04/08/quand-benoit-xvi-ecrivait-dans-une-revue-facho
Quand Benoît XVI écrivait dans une revue facho
Par Blaise Gauquelin | Journaliste | 08/04/2009 | 10H53
Un député autrichien a déterré un vieux texte de 1998 signé du cardinal Ratzinger dans une publication pangermaniste.

Janvier 2009. Karl Öllinger, un député écologiste autrichien qui
s'est spécialisé dans le combat contre l'extrême droite florissante
dans son pays, tombe sur un hors-série de la revue Die Aula, paru à
l'occasion du 150e anniversaire de la révolution allemande de 1848.
Au milieu des affabulations de négationnistes de députés d'extrême
droite et de membres du parti néonazi allemand NDP, il tombe - éberlué
- sur un texte signé du cardinal Ratzinger et intitulé « Freiheit und
Wahrheit » (« Liberté et Vérité »).
En fait, une charge virulente contre les libertés individuelles et
le système démocratique, qui aujourd'hui encore, peut être consultée à
Vienne, au Centre de documentation et d'archives sur la résistance (DÖW), un organisme chargé de surveiller les mouvements extrémistes.
Embarras de l'Eglise
Dans un premier temps, le diocèse de Vienne a affirmé que le
cardinal Ratzinger n'a jamais donné son feu vert pour une publication
dans Die Aula : « Liberté et Vérité » était en fait un vieux texte
datant de 1995, publié pour la première fois dans une revue chrétienne
conservatrice.
Pas de bol, celui qui avait à l'époque négocié la publication avec
le secrétaire du cardinal a gardé tous les échanges de leurs lettres :
le cardinal a bel et bien, à l'époque, donné son accord par écrit pour
une reproduction.
Aujourd'hui encore, les milieux extrémistes germaniques considèrent
Benoît XVI comme l'un des leurs et se flattent que le souverain ait
publié dans leur revue. Le hors-série est d'ailleurs en vente sur
Internet !
Die Aula défend les négationnistes
Cette information éclaire d'un jour nouveau le tournant idéologique
du Vatican depuis que Benoît XVI a été nommé pape. L'homme, bavarois de
naissance, peut en effet difficilement expliquer aujourd'hui n'avoir
pas su ce qu'était Die Aula en 1998, la revue étant publiée en langue
allemande. Elle soutenait alors clairement l'ascension de Jörg Haider et sa triste notoriété dépassait les frontières de la petite Autriche.
Die Aula défend les négationnistes et ceux qu'elle nomme les
« victimes de la liberté d'expression », à savoir les hommes politiques
d'extrême droite qui sont condamnés pour offense à l'islam. Elle
critique les lois qui répriment les propos révisionnistes, flirte très
souvent avec l'antisémitisme et tente de réécrire l'histoire récente de
l'Autriche. Lors de la nomination de Benoît XVI, elle avait bruyamment
fait part de sa joie.
Photo : Le pape au Vatican le 11 février 2009 (Giampiero Sposito/Reuters).
Tags : pape benoit XVI eglise
Catégorie : !70_News Société/2009/04
Affaire des intégristes : le pape fustige les catholiques critiques
9/4/2009
http://www.rue89.com/2009/03/11/affaire-des-integristes-le-pape-fustige-les-catholiques-critiques Polémique Affaire des intégristes : le pape fustige les catholiques critiques
Par Pascal Riché | Rue89 | 11/03/2009 | 19H51

Avec des phrases très dures, le pape Benoit XVI s'en prend aux
catholiques qui ont osé critiquer sa décision de lever
l'excommunication des évêques intégristes, proches de l'extême-droite.
Dans une lettre à tous les évêques de l'Eglise, dont la teneur a été
révélée par le quotidien Il Giornale, il dénonce la « haine » dont ces ouailles critiques auraient fait preuve dans cette histoire. L'affaire,
écrit-il, « a soulevé à l'intérieur et à l'extérieur de l'Eglise
catholique un débat d'une violence qu'on n'avait pas connue depuis
longtemps ».
Selon lui, « l'avalanche de protestations » est liée au télescopage
malheureux de deux affaires différentes : la levée de l'excommunication
des evêques intégristes (« un geste discret de miséricorde ») et les propos négationnistes de l'évêque intégriste Williamson.
On l'aurait alors accusé à tort de vouloir créer « de nouvelles
divisions entre chrétiens et juifs », alors qu'il s'est toujours battu
pour leur réconciliation.
Benoît XVI écrit qu'à l'avenir, le Saint-Siège devra davantage
prêter attention à la circulation de l'information sur Internet. Puis
il accuse :
« J'ai été attristé par le fait que même des
catholiques, qui auraient finalement dû avoir une meilleure
connaissance de ces questions, ont pensé devoir m'attaquer avec
hostilité. »
Enquête sur un satellite de la Fraternité de Saint-Pie X
Visiblement, le Pape a mal vécu les critiques des médias catholiques dans le monde entier. En France, par exemple, le magazine la Vie
avait pris la tête des protestations contre la nouvelle approche du
pape. Le quotidien La Croix, après quelques hésitations, avait lui
aussi critiqué le Vatican. Le pape écrit encore :
« Parfois, on a l'impression que notre société a besoin
d'avoir au moins un groupe, pour lequel on puisse n'avoir aucune
tolérance, et sur lequel on puisse facilement taper avec haine. Et si
quelqu'un ose aller vers ce groupe -dans ce cas, ce fut le Pape- il
perd lui même le droit à la tolérance et il est lui aussi traité avec
haine, sans aucun scrupule et sans aucune retenue. »
La Vie continue d'ailleurs son travail d'enquête sur
la Fraternité de Saint-Pie X, l'organisation des intégristes fondée par
Monseigneur Lefebvre, et ses satellites.
Le magazine publie ainsi une enquête sur l'organisme
de formation « civique et politique » Civitas, soutenu par cette
dernière. Un journaliste de la rédaction s'est rendu à Niherne, près de
Châteauroux dans l'Indre, en vue de participer à un week-end de
formation.
Tags : pape integriste benoit xvi
Catégorie : !70_News Société/2009/04
Comment le pape fait entrer un schisme au cœur de l’Eglise
9/4/2009
http://www.rue89.com/2009/01/29/comment-le-pape-fait-entrer-un-schisme-au-coeur-de-l-eglise
Decryptage Comment le pape fait entrer un schisme au cœur de l’Eglise
Par Christian Terras | Directeur de Golias | 29/01/2009 | 16H42
Après
avoir reçu Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, en août
2005 dans sa résidence de Castelgandolfo ; après avoir, en décembre
2005 « relativisé » la tradition du concile Vatican II en lui
contestant sa qualité d’« aggiornamento » et de « tournant », Benoît
XVI avait, pour réfléchir à la manière d’aborder la question du schisme
intégriste lefebvriste, convoqué une réunion des cardinaux responsables
des différents « dicastères » (ministères) du Vatican, le 13 février
2006.
Au cours de cette réunion au sommet, Benoît XVI avait largement
évoqué la question de l’évolution des relations du Saint-Siège avec la
Fraternité Saint-Pie X. Et d’envisager, déjà, la possibilité de lever
l’excommunication des évêques lefebvristes. Rappelons pour mémoire les
écrits du cardinal Ratzinger en 1985, à l’époque gardien de
l’orthodoxie romaine sous le pontificat de Jean Paul II : « Nous devons
tout tenter en vue d’une réconciliation autant qu’il est possible et,
pour cela, profiter de toutes les occasions », avait-il affirmé, dans
son livre « Entretiens sur la Foi, à propos justement du mouvement
lefebvriste qui devait devenir schismatique trois ans plus tard. Le
cardinal Ratzinger avait cependant déclaré qu’il ne voyait “aucun
avenir pour une position de refus fondamental à l’égard de Vatican II,
en soi illogique”.
Une vision des choses qui transparaît parfaitement dans le protocole d’accord du 5 mai 1988 entre le Saint-Siège et la Fraternité, protocole rédigé par le même cardinal. Mgr Lefebvre rompra au dernier moment les négociations et ne signera pas ce document.
Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts de la Rome pontificale. A
l’automne 2006, le pape Ratzinger-Benoît XVI offre au transfuge de
l’intégrisme lefebvriste -l’abbé Laguérie- un statut sur mesure avec
son Institut (sacerdotal) du Bon Pasteur. En passant outre l’avis des
évêques de France.
En juillet 2007, le pape publie son “Motu proprio” (décision
personnelle) “libéralisant” la messe en latin qui, au passage, n’avait
jamais cessé d’être célébrée.
De compromis en compromissions
En juin 2008, par l’intermédiaire du cardinal Castrillon Hoyos, en
charge de la Commission “Ecclesia Dei” qui gère les relations avec les
traditionalistes, Benoît XVI pose cinq conditions aux responsables
lefebvristes pour une réintégration dans la giron de l’Eglise. Or, pour
“ménager” ses interlocuteurs, dans les cinq points énoncés, l’adhésion
au concile Vatican II n’est pas explicitement demandée. En revanche,
sont exigés le fait “d’éviter toute intervention publique qui ne
respecte pas la personne du Saint-Père et qui serait négative pour la
charité ecclésiale” et aussi “d’éviter la prétention d’un magistère
supérieur au Saint-Père et ne pas proposer la Fraternité un magistère
parallèle de l’Eglise”.
Il n’était donc pas explicitement demandé aux évêques intégristes de
reconnaître le dernier concile et la validité de la messe selon le rite
désormais ordinaire de l’Eglise.
Les ratés de la réconciliation : un problème d'agenda
Rome avait alors présenté ce geste comme une proposition de “retour
dans la communion”. Les Lefebvristes refuseront cette “main tendue ‘.
Le Vatican avait fait l’erreur de faire ses propositions à l’occasion
du vingtième anniversaire du schisme. Il n’était pas question pour la
Fraternité Saint-Pie X d’accepter un tel accord en fidélité à la
mémoire de Mgr Lefebvre.
Les
ponts n’étaient toutefois pas coupés : il s’agissait d’un simple
problème d’agenda. Ainsi, les négociations reprirent et au début de
l’automne 2008, Mgr Fellay, patron de la Fraternité Saint-Pie X,
demandait à ses fidèles de réciter un million de chapelets jusqu’à Noël
pour le soutenir dans ses efforts.
Le 13 novembre 2008 dans Golias Hebdo n°54, nous annoncions que la
levée des excommunications des évêques intégristes était imminente.
C’était chose faite le 21 janvier 2009 par le décret signé par le pape
et le cardinal Re, préfet de la congrégation pour les évêques. Un
décret que ce prélat signera à contre-cœur et qui lui vaudra
prochainement son déplacement…
Or, force est de constater que dans ce document du 21 janvier levant
l’excommunication, les termes à partir desquels le cardinal
envisageait, en 1985 et 1988, un accord avec les Lefebvristes, ont
complètement disparu. Seul est demandé aux évêque intégristes le fait
de reconnaître la primauté du siège de Pierre.
Quant aux questions théologiques et doctrinales de fond, elles sont
reléguées aux accessoires liturgiques sous forme de futurs
entretiens’ ; entretiens sur lesquels pèse le flou le plus complet.
Aucune repentance des évêques intégristes, aucune parole pour les
insultes et les procès en inquisition qu’ils n’ont eu cesse de
prononcer contre les prêtres, les évêques et les laïcs qui ont donné
leur vie pour mettre en œuvre les réformes de Vatican II. Au contraire,
une posture arrogante et hautaine, comme le laisse transpirer le
communiqué de Mgr Fellay du 24 janvier, communiqué où il indique ce
qu’il a l’intention de faire entendre au pape dans le domaine de la
vraie foi catholique.
En inscrivant un schisme au cœur de l’Eglise catholique, le pape
Benoît XVI a pris une lourde responsabilité : celle de vouloir régler
un schisme intégriste tout en en provoquant un autre.
Celui-là ne se mettra pas en scène, ne pratiquera pas le lobby
incroyable que les intégristes n’ont eu de cesse de mener auprès du
Vatican depuis vingt ans pour arriver à leurs fins. Ce schisme rampant
sera celui des membres du Peuple de Dieu, qui, en partant sur la pointe
des pieds, sans bruit, sans éclats, videront une dernière fois l’Eglise
de sa substance la plus évangélique et la plus missionnaire, ne se
reconnaissent plus dans une Ecclesia qui, pour ‘sauver’ moins de
100 000 personnes d’un schisme intégriste, en perdra dans les mois
prochains dix fois à vingt fois plus…
Cette décision constitue un point de non retour dans la confiance
que certains gardaient encore dans les responsables de l’Eglise
catholique. En ce sens, Benoît XVI en cédant aux pressions des
intégristes, engage désormais l’Eglise catholique sur une voie de
division. En effet, la volonté du pape de favoriser l’unité au sein de
l’Eglise catholique, que l’on peut considérer légitime en soi, s’appuie
sur des bases tellement faussées qu’elles ne peuvent que provoquer de
nouvelles déchirures ; déchirures beaucoup plus grandes et béantes que
celles qu’il veut justement réparer. En l’espèce, la décision du pape
de lever l’excommunication des Lefebvristes est d’abord une victoire
posthume de Mgr Lefebvre.
► Addendum le 1/2 à 11h. Mgr Williamson a exprimé
ce vendredi 30 ses ‘regrets sincères’ pour les ‘souffrances’ causées au
pape pour ses ‘ remarques imprudentes’… On remarquera qu'il ne rappelle
pas ses ‘remarques’, et encore moins ne les rétracte.
Photo : des cardinaux pendant la messe pour les malades célébrée
par Benoit XVI à Lourdes le 15 septembre 2008 (DR). Bernard Fellay,
patron de la Fraternité Saint-Pie X.
Tags : pape schisme eglise
Catégorie : !70_News Société/2009/04
Mgr Williamson, négationniste et complotiste du 11 Septembre
9/4/2009
http://www.rue89.com/2009/02/01/mgr-williamson-negationniste-et-complotiste-du-11-septembre A la Une Mgr Williamson, négationniste et complotiste du 11 Septembre
Par Christian Terras | Directeur de Golias | 01/02/2009 | 12H50
La
levée de son excommunication continue de diviser l'Eglise. Mgr Richard
Williamson, évêque de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, s'est fait
connaître avec ses positions extrémistes et ses récentes déclarations niant l'existence des chambres à gaz.
Mais il a aussi affirmé en 2007 dans un entretien que les attaques
terroristes du 11 septembre ont été montées par les Etats-Unis « pour
pousser l'opinion publique américaine à accepter les invasions de
l'Afghanistan et de l'Irak », selon un article de Jack Kenny paru dans
le numéro du 15 novembre 2007 du journal hebdomadaire catholique
traditionaliste The Wanderer :
« Sans le 11 septembre 2001, il aurait été impossible
d'attaquer l'Afghanistan ou l'Irak. Les forces à l'intérieur du
gouvernement des Etats-Unis souhaitaient absolument attaquer et
détruire l'Irak. Les destructions infligées à l'Irak sont
indescriptibles. Et maintenant, les mêmes force souhaitent faire la
même chose avec l'Iran… Ces forces pourraient même être en train de
comploter un second 11 septembre… »
« C'est un missile qui a percuté le Pentagone »
Mgr Williamson déclarait aussi dans le même entretien, avec une certitude incroyable :
« La chaleur dégagée par la combustion du carburant des
avions qui ont percuté les tours jumelles du World Trade Center n'a pas
pu faire fondre les 47 colonnes d'acier contenues dans chacune des
tours et causer leur effondrement.
Par ailleurs, un avion de ligne commercial ne peut avoir transpercé
six des dix murs qui ont été éventrés par “quelque chose qui a percuté
le Pentagone.”
A la question du journaliste qui lui demande : « Qu'est-ce qui a
percuté le Pentagone, selon vous ? », Mgr Williamson répond tout de
go :
« C'est un missile qui a percuté le Pentagone. C'est un missile qui ne peut avoir été tiré que par l'armée des Etats-Unis ! »
Une thèse lancée par l'extrême droite américaine et qui a fait écho, notamment en France…
Le Vatican était parfaitement au courant de ces dérapages
On ne peut alors que s'étonner de la surprise aujourd'hui de
certains commentateurs catholiques face à la dérive négationniste de
l'évêque Williamson sur la Shoah.
En effet, tous les observateurs attentifs qui travaillent sur le
monde de l'intégrisme catholique savent depuis longtemps -et les
déclarations de Mgr Williamson sur les attentats du 11 septembre le
démontrent- que ce prélat s'est toujours situé sur des positions
apocalyptiques conspirationnistes et négationnistes.
Passe encore que les commentateurs catholiques, aujourd'hui bien
pensants, n'aient pas vu le vent venir. Mais au Vatican, les
responsables de la Curie en charge du dossier sur les négociations avec
la Fraternité Saint-Pie-X, parfaitement renseignés sur la personnalité
de Mgr Williamson et de son idéologie d'extrême-droite antisémite et
négationniste, n'ont pas seulement commis une faute en préparant la
décision du pape de lever l'excommunication d'un tel personnage, mais
une gravissime et inqualifiable erreur.
Aussi, les excuses -formelles et non sur le fond- de Mgr Fellay, le
supérieur de la Fraternité-Saint-Pie-X, évêque réintégré lui aussi, ne
sont pas de nature à lever le malaise et encore moins l'hypothéque qui
pèse sur la culture politique (d'extrême-droite) et théologique (la
théocratie) qui règnent dans ses rangs.
D'autant que le rappel du pape Benoît XVI de l'existence de la Shoah
et de sa commisération pour le peuple juif ne résolvent rien sur le
fond. Un rétropédalage qui prend la figure d'un lamentable rafistolage.
Alors qu'une sanction s'imposait. Mais cela aurait fait capoter le
fragile échafaudage du pape pour se « rallier » aux Lefebvristes.
Raison d'Eglise d'abord !
A l'heure actuelle, Mgr Williamson a pris la tangente en direction
de l'Argentine où il se repose à Buenos Aires, dans un vaste bâtiment
de la Fraternité au style néo-colonial et surmonté de clochers, à
l'ouest de la capitale argentine. Laquelle en son temps avait accueilli
nombre de d'anciens dignitaires nazis en fuite après la défaite du IIIe
Reich. Ah ! L'histoire et ses éternels recommencements…
Tags : 11 septembre negationniste
Catégorie : !70_News Société/2009/04
Intégristes réhabilités : le virage réac du Vatican se confirme
9/4/2009
http://www.rue89.com/tribune-vaticinateur/2009/01/27/integristes-rehabilites-le-virage-reac-du-vatican-se-confirme
Intégristes réhabilités : le virage réac du Vatican se confirme
Par Hugues Serraf | Chroniqueur | 27/01/2009 | 12H22

Ça pourra surprendre,
mais je m'intéresse parfois à l'actualité de l'église catholique. Ou
disons plutôt que je m'y intéresse lorsqu'elle déborde de la fameuse
« sphère privée » pour mieux se répandre dans la non moins fameuse
« sphère publique ».
A cette aune, le retour des brebis égarées intégristes dans le giron romain
vaut largement d'être commenté. D'abord parce que les brebis prodigues
sont toujours aussi égarées qu'il y a vingt ans, mais surtout parce que
la démarche de Benoît XVI s'inscrit dans une perspective de plus en
plus réactionnaire.
Car j'ai du mal à gober qu’il s'agisse vraiment de rassembler tous
les catholiques dans un souci « d'apaisement » : les seuls supporters
de l'OM sont plus nombreux que les amis de Monseigneur Lefebvre
(150 000 sur un peu plus d’un milliard de catholiques à travers le
monde) et cette main tendue aux nostalgiques de l’avant-Vatican II ira
davantage dans le sens de la discorde que dans celui de l'harmonie…
Un panthéon politique hébergeant les plus magnifiques crapules du siècle
A ceux qui s'intéressent encore moins que moi à ce genre de choses,
rappelons ainsi que la poignée de fondamentalistes préférant le latin
au français n'est pas qu’une association de défense et promotion des
traditions folkloriques.
L’abbé Laguérie,
lorsqu’il ne baptise pas les rejetons de Dieudonné, ne joue pas du
biniou dans le bagad de Lann-Bihoué ! Non, les tenants de la Fraternité Saint-Pie X
sont d’authentiques fanatiques dont les références religieuses tendent
plus vers la consumation des pécheurs dans les flammes de l’enfer que
vers les causeries de Saint-François d’Assise avec les petits zoziaux.
Pour ne rien dire d’un panthéon politique hébergeant les plus
magnifiques crapules du siècle, de Franco à Pétain, de Salazar à Le
Pen.
Tiens, même le petit moustachu autrichien, dont les méfaits seraient
largement surévalués par la propagande judéo-maçonnique, est
susceptible d’y faire une, hum, apparition…
Les critiques peu crédibles du discours de Ratisbonne
Toutes choses égales par ailleurs, les intégristes auxquels il est
question de rendre le bénéfice de leur baptême sont comparables aux
barbus lanceurs de fatwas à travers le monde ou aux fondamentalistes en
redingotes noires assurant que la Shoah n’était qu’une punition bien
méritée.
La grande différence, c’est que ces derniers ne représentent
qu’eux-mêmes, ni l’islam ni le judaïsme ne possédant une structure
centrale donnant le ton. En ayant l’oreille du big boss, les
lefebvristes auront donc bien plus d’influence sur les croyants qu’un
mollah éructant ses imprécations dans le désert.
Il y a deux ans, au moment du fameux discours de Ratisbonne, je m’étais agacé du sophisme des critiques de Benoît XVI, qui lui reprochaient de ne pas se faire plus subtil pour évoquer les rapports entre la foi et la raison.
Je n’ai pas changé d’avis et je ne vois toujours pas en quoi le pape
serait infondé à citer, sans les reprendre à son compte, les propos
d’un empereur byzantin du XIVe siècle… Un mouvement religieux, même
important, même central dans la culture et l’histoire de mon pays,
n’est jamais qu’un mouvement religieux et ce qu’il impose à ses fidèles
ne nous regarde pas.
Au-delà de la messe en latin, des tendances antisémites et homophobes
Mais que ce mouvement offre une place légitime à sa frange
extrémiste, une frange extrémiste dont le projet est susceptible
d’avoir un impact sur la vie de ceux qui n’en ont qu’une (de vie) -et
ce n’est plus du tout pareil. Le prêtre qui tourne le dos à ses
ouailles pendant la messe et s’exprime en latin, c’est son problème et
le leur.
La remise au goût du jour de la « perfidie des juifs » dans la liturgie ou la propagation de l’idée que les homosexuels sont à l’espèce humaine ce que la déforestation est à l’environnement, en revanche, c’est notre problème à tous.
Benoît XVI est un pape intelligent, un intellectuel
plus qu’un émotif et je ne crois pas qu’il soit dans l’improvisation
avec cette affaire de réintégration. Pas plus que Jean-Paul II ne
l’était en canonisant le fondateur de l’Opus Dei…
Bon, c’est sûr, l’église catholique est un gros machin
ultra-politique et il a bien fallu que les intégristes soient d’abord
excommuniés avant d'être réintégrés. De même, c’est bien parce qu’il y
a eu un Vatican II qu’il y a aujourd'hui des gens pour lui faire un
sort.
Faire et défaire, c’est toujours faire, hein ? Mais nous sommes en
2009 et, pour le moment, c’est au retour en grâce dun négationniste Richard Williamson (je ne vais quand même pas lui donner du monseigneur ou lui serrer la pince…) qu’il nous est donné d’assister.
Vivement le prochain concile, qu’on change un peu de cycle. Celui-ci commence à me fatiguer.
Ailleurs sur le Web
► Pétition : Pas de négationnistes dans l'Eglise, sur LaVie.fr
Photo : le prêtre intégriste Guillaume de Talouarn dit la messe
devant l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet occupée par des
sans-papiers, en 2003 (Charles Platiau/Reuters)
Tags : vatican pape integrisme
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