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Auteur Victor OJEDA | Bloguez.com

 L'auteur des «Filles d'Allah» risque 6 à 12 mois de prison

4/5/2009
http://bibliobs.nouvelobs.com/20090429/12237/lauteur-des-filles-dallah-risque-6-a-12-mois-de-prison
Marc Levy soutient Nedim Gürsel. Billet du jour

L'auteur des «Filles d'Allah» risque 6 à 12 mois de prison

Par Grégoire Leménager

La vérité oblige à le reconnaître: il arrive à Marc Levy d'être inspiré. Ce constat ne doit rien à la découverte tardive de «Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites», mais à la lecture d'une tribune publiée la semaine dernière, dans «le Monde», sous ce titre: «Liberté pour Nedim Gürsel».

L'auteur de «Et si c'était vrai?» s'y réclame en effet de sa propre origine turque pour s'adresser à «Monsieur le président du tribunal de Sisli», devant lequel sera bientôt jugé l'écrivain Nedim Gürsel: à 58 ans, ce chercheur au CNRS, naturalisé français, auteur d'une vingtaine de livres, a l'outrecuidance d'avoir fait de Mahomet un personnage de roman dans «les Filles d'Allah», qui s'est déjà vendu à plus de 30.000 exemplaires en Turquie (selon «l'Humanité»), et qui sortira en France à l'automne prochain, aux éditions du Seuil. Autrement dit, il est accusé d'avoir «vilipendé publiquement les valeurs religieuses d'une partie de la population», et par là «menacé la paix sociale». Un délit, selon l'article 216 du code pénal turc.

Six à douze mois de prison, c'est ce que risque le romancier, malgré le non-lieu dont il avait d'abord bénéficié. Le tribunal de grande instance, rapportait Pierre Assouline ce week-end dans «le Monde 2», a en effet annulé la décision du procureur de la République pour «renvoyer l'écrivain devant les tribunaux». C'est que, par une curieuse extension du domaine de la critique littéraire, la Direction des affaires religieuses s'en est «discrètement» mêlée, en «rédigeant un rapport l'accusant de blasphème».

Nedim Gürsel a beau expliquer qu'«il s'agit d'un roman», affirmer qu'il «respecte la foi et les croyants», rappeler que le Premier ministre «M. Erdogan a récemment déclaré que "la Turquie n'est plus un pays qui juge ses écrivains"» [=> voir sa lettre ouverte au Premier ministre turc], le procès en sorcellerie s'ouvrira ce 5 mai 2009. Difficile, dans ces conditions, de ne pas le soutenir, en posant les mêmes questions que Marc Levy au président du tribunal de Sisli:

«puisque nous parlons ici d'un écrivain accusé d'avoir porté atteinte aux croyances d'une communauté, vos tribunaux ont-ils aussi ouverts leurs portes pour juger ceux qui de par le monde offensent réellement les valeurs de l'islam?

Ces hommes de l'accusation qui, à vos côtés, s'apprêtent à juger les pages de Nedim Gürsel, se sont-ils dressés pour condamner fermement ceux qui brûlent des écoles, interdisent l'éducation aux femmes, accrochent des bombes au torse de leurs enfants, ceux qui terrorisent et assassinent des populations civiles, ceux qui commettent de telles atrocités en détournant la parole du Prophète?»


Tags : litterature livre auteur

Catégorie : !60_News littéraires/2009/03

 Écrivains stars et illustres anonymes, littérature, ton univers impitoyable

6/5/2009
http://www.actualitte.com/actualite/5837-ecrivains-argent-notoriete-tirage-edition.htm
Écrivains stars et illustres anonymes, littérature, ton univers impitoyable
Impitoyaââââââââââââââââââââââââble !

Nous vous parlions il y a peu des écrivains à succès qui font tourner le monde de l'édition. Aujourd'hui nous vous proposons de revenir sur une enquête signée Rue89, dans laquelle il est question du « train de vie des grandes plumes françaises ». Il ne s'agit plus seulement des écrivains à succès mais de tous ceux qui arrivent à vivre plus ou moins bien de leur plume. Ils « ne sont pas plus de 150 » selon nos confrères.

Les revenus des écrivains

Tout d'abord, il faut savoir qu'un écrivain touche des revenus avant la parution d'un livre ce sont les « à-valoir » et un an après un pourcentage sur les ventes hors taxes allant de 8 à 14% en général. Ce pourcentage est calculé suivant le nombre d'exemplaires écoulés et la notoriété de l'auteur.

Il existe selon nos confrères quatre classes d'écrivains en fonction des revenus qu'ils touchent. Les auteurs à succès qui ont de gros « à-valoir » et de gros pourcentages. Nous en avons déjà parlé nous ne reviendront pas dessus. Ensuite, on retrouve des auteurs ayant un tirage moyen c'est-à-dire entre 10 000 et 100 000 exemplaires, ce qui est déjà très correct.

Position relativement confortable

Nos confrères révèlent que selon Emmanuel Pierrat, avocat spécialiste de la propriété intellectuelle : « Il faut y inclure tout ceux qui ont eu leur heure de gloire, un gros prix littéraire ou un vrai best-seller et puis qui sont retombés à un étiage moyen »

Même s'ils perçoivent des revenus relativement confortables, 98% des écrivains de cette catégorie auraient un autre métier généralement en rapport (nègre, journaliste, diplomate, professeur...). Souvent en contact avec les médias, ils se servent de leur notoriété dans ce métier pour négocier leurs contrats avec les maisons d'édition.

Les anonymes

Viennent ensuite des auteurs peu connus du grand public. Ils écrivent généralement des livres pratiques ou jeunesse. Certains écrivent des romans et se sont constitué au fil du temps un petit lectorat très fidèle. C'est aussi la catégorie des auteurs de BD les mieux payés. 


Enfin la dernière catégorie concerne des auteurs à faibles tirages et pas vraiment réguliers dans leur production. Les « à-valoir » ont fondus : d’un million d'euros pour les auteurs stars on est passé à une somme entre 2 000 et 10 000 euros. Pour les auteurs de cette catégorie il est indispensable d'avoir un autre métier. 

Voilà un bref aperçu des différentes réalités du métier d'écrivain entre stars médiatiques et anonymes qui ne peuvent pas vivre de leur passion, tout un éventail de possibilités mais une seule loi : la notoriété et le tirage.


Rédigé par Mario, le mardi 11 novembre 2008 à 13h05


Tags : livre litterature ecrivain

Catégorie : !60_News littéraires/2009/03

 INTERVIEW - "Borges a inventé une nouvelle langue"

20/5/2009
http://www.lepetitjournal.com/content/view/41339/303/

INTERVIEW - "Borges a inventé une nouvelle langue" Version imprimable Suggérer par mail
mercredi 20 mai 2009
Écrivain montpelliérain et professeur de littérature argentine à Grenoble, Michel Lafon présentait à la Feria del Libro son premier roman, Une vie de Pierre Ménard (Gallimard, 2008), en écho à une nouvelle de Fictions, de Jorge Luis Borges. Ayant découvert par hasard, à 17 ans, l’auteur qui orientera son destin d’argentiniste, Michel Lafon nous livre des clés pour entrer dans l’univers du « plus grand écrivain de langue espagnole du XXe siècle ».

Comprendre Borges. « L’écriture pour lui était une pratique solitaire. Devenu aveugle, il préparait ses textes mentalement, les mémorisait et les dictait. Avec Adolfo Bioy Casares, ils avaient une immense amitié et dînaient tous les soirs ensemble. Ils riaient beaucoup. Après le repas, quand ils étaient inspirés, ils écrivaient à quatre mains. C’était une façon de prolonger leur amitié, de lui donner une nouvelle dimension.
Son intérêt pour les romans policiers et d’espionnage, sa passion de la trame, de l’intrigue, de l’argument, faisaient qu’il n’aimait pas les récits absurdes et incohérents. Il ne faut pas se laisser effrayer par les notes de bas de page, citations, mots étrangers, l’intellectualisme de Borges, car il y a toujours une histoire. Trouvez le fil, suivez-le et vous découvrirez de petites histoires policières, avec du suspense, des surprises, des coups de théâtre. Quand on le lit en espagnol, on se rend compte qu’il a inventé une nouvelle langue, par sa syntaxe et sa façon d’utiliser les mots ».

Les Français et la littérature argentine. « Au plan universitaire, l’intérêt pour cette littérature est lié à la passion de quelques individus. Je suis, par exemple, le seul professeur de littérature argentine en France. Pour ce qui est du public, il y a eu, dans les années 60 et 70, un boom latino-américain qui a depuis laissé la place à la littérature nord-américaine. Mais, heureusement, si un Français a envie de se tenir au courant et de lire des classiques, certains éditeurs font un très bon travail, comme Christian Bourgois.
Il me reste d’ailleurs à réfléchir sur l’état de l’œuvre, depuis les manuscrits – ceux de Borges sont passionnants mais peu édités – jusqu’aux éditions critiques de référence. C’est une question capitale, plus que d’aller étudier le thème du tigre ou du poignard dans son œuvre ».

La Feria del Libro. « Je suis admiratif qu’on puisse faire la queue pendant deux heures pour échanger quelques mots avec un auteur ou l’embrasser. Je suis allé à des conférences ; à chaque fois il y avait du monde, et j’ai été touché qu’il y en ait pour la mienne. Il y a toujours une passion des Argentins pour la culture, la littérature. C’est pour ça que je suis amoureux de ce pays.
J’ai participé à la Feria pour la première fois en 1995. Je disais déjà que j’étais en train d’écrire la vie de Pierre Ménard, un de mes meilleurs amis, que je vivais avec lui. J’ai des obsessions assez durables puisque 14 ans après, ce roman est publié. J’y ai jeté les bases des autres romans en inventant un mythe : celui de ma ville, mon jardin, ma jeunesse. »
Louise Durette (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) le mercredi 30 mai 2009

(1)    Dans « Pierre Ménard, auteur du Quichotte », nouvelle du recueil Fictions, Jorge Luis Borges relate l’existence de ce personnage de manière si ambigüe que le lecteur pense que le héros est fictif. Dans son livre, Michel Lafon s’emploie à démontrer que ce poète symboliste nîmois est réel, et qu’il a contribué au succès de nombreux écrivains. Signalons un blog tout entier consacré à Pierre Ménard :
http://pierremenard-lamideborges.midiblogs.com/


Tags : Litterature

Catégorie : !60_News littéraires/2009/03
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