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Auteur Victor OJEDA | Bloguez.com
Articles de cette pageFifi Brindacier au secours des enfants de GazaGabon : Tierno Monenembo, “tous les engagements se sont embourbés” Une crise de taille Toni Morrison dans toute sa gloire Interview - Guillaume Musso : "Ce livre est peut-être le dernier"
7/4/2009 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Tags : litterature gaza secours enfants lire lecture
Catégorie : !60_News littéraires/2009/02Gabon : Tierno Monenembo, “tous les engagements se sont embourbés” |
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L’auteur guinéen Tierno Monenembo, Grand Prix Renaudot 2008 avec «Le
Roi de Kahel», était en séjour à Libreville du 27 mars au 3 avril , où
il a présenté son œuvre au public gabonais et rencontré les
personnalités politiques et scientifiques de l’éducation et de la
culture. Très engagé, la production de cet auteur de neuf romans trace
l’itinéraire d’un africain sevré de sa patrie et jeté sur la route d’un
exil douloureux. Dans cette interview, l’auteur revient avec
détachement sur la notion d’engagement chez les auteurs africains,
échoué sur l’autel du pouvoir. Il esquisse également la portée
thérapeutique de l’écriture, notamment dans le contexte de l’exil, et
évoque enfin les entraves structurelles à l’épanouissement de la
littérature en Afrique. |
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«C’est une question qu’il faut poser au jury, c’est le jury seul qui sait pourquoi il m’a donné le prix. Et c’est même difficile de poser cette question au jury parce que c’est un jury hétéroclite, c’est un vote où 10 personnes votent pour l’auteur de leur choix. En ce qui me concerne c’était très difficile puisque c’est au 11e tour que j’ai eu le prix, c’est qu’à priori il n’y avait pas une profession de foi définie. Ce n’est pas la première fois que je suis sur la liste du concours du prix Renaudot. J’ai déjà été sélectionné plusieurs fois pour plusieurs romans, et ce n’est pas non plus la première fois qu’un écrivain africain obtient le prix Renaudot, c’est la quatrième fois. Mais je suis le seul avoir créé ce type de personnage, celui d’un aventurier européen du 19e siècle qui vit en Afrique. Le prix Renaudot est fait pour célébrer un roman qui a plus ou moins plu à un jury donné. De toutes les catastrophes qui me sont arrivées dans la vie, c’est sans doute la plus supportable, non seulement c’est le couronnement d’un travail de 30 ans, mais aussi parce que cela confirme la présence incontestable de la littérature africaine sur la scène internationale. Il y a un mythe qu’il faut finir par casser au niveau des prix littéraires, c’est de croire que les gens célèbrent un romancier plutôt qu’un roman. Ces 50 dernières années, la vérité c’est qu’on a couronné plutôt un romancier, un travail de longue haleine, qu’une œuvre ponctuelle. Cela murmurait déjà depuis longtemps dans les jurys littéraires de Paris que je finirais un jour par avoir un grand prix. Amadou Kourouma c’était aussi le cas, bien avant qu’il n’ait le prix Renaudot. Quel est le message essentiel de cet ouvrage, et quelle est sa portée, à la fois sur le plan littéraire et historique ? Il n’y a pas de message, moi je n’ai pas de message. Les messages ont disparu dans les œuvres littéraires tout simplement parce que le rôle messianique de l’écrivain a disparu de lui-même. L’engagement aujourd’hui n’est plus une question de choix, c’est une question d’histoire. L’engagement a une histoire au niveau littéraire. Il est né au 19e siècle à la suite des romantiques français comme Victor Hugo, Emile Zola, etc., qui ont donné pour mission à l’écrivain de sauver l’homme. De quoi on ne sait pas trop ! Des maux qui l’environnent, peut être aussi de lui-même, parce qu’il est beaucoup plus démoniaque que tous les démons du monde. Cette visée a continué et s’est cristallisée à travers le 20e siècle, notamment lors de la révolution Bolchevik, où l’engament a pris une autre tournure, il n’était plus question de sauver vaguement l’homme, mais de sauver la révolution, d’être au service de la classe ouvrière, l’engagement du réalisme socialiste. Dans la foulée il y a eu l’engagement tiers-mondiste, né avant la seconde guerre mondiale ; l’engagement de la Négritude pour sauver les valeurs historiques et culturelles du peuple noir ; l’engagement anticolonialiste pour libérer l’Afrique de la domination coloniale. Tous ses engagements ont fini par s’embourber parce que l’histoire elle-même s’est embourbée. Tous les grands idéaux de l’humanité se sont effondrés. Il n’y a plus d’idéal ! Le communisme s’est cassé la gueule, les indépendances africaines ont tourné au cauchemar, les révolutions latino-américaines on tourné au despotisme, les révolutions en Asie du Sud Est ont fini par Pol Pot. Même le fait de se dire engagé devient indécent. L’écrivain n’a plus de mission, sa seule mission c’est d’amuser la galerie, de raconter des histoires. A ce niveau là moi je raconte une histoire, une histoire originale. Elle parle d’un personnage très original qui vit une histoire très originale dans un contexte très précis, le contexte du 19e siècle colonial. Voici un homme qui dès l’enfance a des fantasmes sur l’Afrique, à travers une région précise qu’est le Fouta Djalon. Voici un homme qui lit René Caillié dès l’âge de 8 ans, qui est fantasmé par une région qui s’appelle le Fouta Djalon que l’on chante à son oreille. Tout en grandissant il construit toute une mythologie et un fantasme du Fouta Djalon. Il se dit «un jour que je serais roi du Fouta Djalon» et à partir du Fouta Djalon je vais conquérir l’Afrique, mais c’est une conquête fantasmatique, c’est une conquête à la Don Quichotte. Cet homme n’est pas un colonisateur au sens vrai du terme, c’est un fou. Il vient en Afrique avec une ombrelle et des gants dans l’intention de devenir roi d’Afrique, c’est un fantasme, c’est le royaume de l’enfance. C’est comme si moi je débarquais au Groenland pour devenir roi du Groenland avec mon stylo en poche, ça ne peut pas marcher. D’ailleurs ça n’a pas marché. Ca a un peu marché parce qu’il a obtenu un royaume de 26 kilomètres de longueur, mais qu’il lui a été octroyé par les Peuls pourquoi ? Parce qu’il a été Peul. C’est en tant que roi Peul qu’il devient roi de Kahel, parce qu’on le fait citoyen Peul. Ce n’est pas en tant que français, en tant que blanc. On est complètement en dehors de la colonisation, voila pourquoi je raconte cette histoire. Je n’ai pas raconté une histoire sur Gallieni, sur Brazza, etc., ça ne m’intéresse pas. Mais Olivier de Sanderval il est intéressant, d’autant que sa vie et sa personnalité dépassent largement le cadre historique pour s’investir directement dans le cadre du roman. C’est un personnage roman qui n’a pas sa place dans un manuel d’histoire. D’ailleurs il a été oublié du point de vue historique, c’est moi qui le ressuscite par un roman. Quand on est un auteur africain, faut-il vivre en occident pour prétendre à un tel Prix ? Attention ! Arrêtons de jouer au faux semblant. Il n’y a pas de choix, le choix appartient aux hommes libres, nous sommes des sociétés dominées. La littérature africaine, qu’on appelle africaine, n’est pas née en Afrique, elle est née en France. La négritude est née à Paris, c’est à Paris que Senghor, Césaire et Damas ont écrit. C’est à paris que Mongo Bety, Camara Laye, etc., ont écris. On ne peut pas être un écrivain en Afrique. Pour plusieurs raisons : les raisons de censure, on ne va pas se voiler la face ; des raisons structurelles, il y a très peu de maisons d’éditions, très peu de moyen de diffusion, très peu de bibliothèques, très peu de libraires, très peu de lecteurs. Même les maisons d’éditions africaines sont à Paris, Présence africaine n’est pas à Dakar, c’est à Paris depuis 1945. C’est Présence Africaine qui était l’âme de la littérature africaine, c’est la revue pour les écrivains africains. Soit au publiait à Présence Africaine, soit on collaborait directement à la revue Présence Africaine. Donc la littérature africaine est génétiquement parisienne. Quelle est l’œuvre majeure de votre production littéraire ? Ce n’est pas à moi de le dire, c’est aux critiques littéraires ou aux lecteurs de le dire. Mais moi j’ai un roman que je préfère, c’est Le Rêve Utile. J’avais tenté une expérience très audacieuse. J’avais gommé les dialogues et j’avais laissé les personnages évoluer simplement avec des monologues intérieurs qui s’entrechoquaient de façon désordonnée et je me suis dis que le lecteur finirait par reconstituer l’histoire lui-même. Cela n’a pas été le cas, certains m’en ont voulu, d’autres m’ont encensé. Moi j’ai un peu reculé parce que je me suis dit qu’étant issu d’une société où les gens savent à peine lire et écrire, il est peut être trop snob de s’éloigner de son lectorat naturel alors je suis revenu à une mouture un peu plus classique de l’écriture. Depuis «Les Crapauds-brousse», quel est le parcours qui vous a amené jusqu’au «Roi du Kahel» ? J’ai neuf romans assez différents les uns des autres. Ils sont différents au point de vue du thème abordé, puisque moi je sui un vieil exilé de 40 ans et mes romans peuvent être considérées comme des balises qui délimitent mon itinéraire très tortueux, ce qui fait que j’ai des romans qui se passent en France, en Afrique, au Brésil, etc., et à chaque fois l’histoire est différente et je fais en sortes que l’écriture soit différente. Pensez vous que ce Prix va contribuer à valoriser la littérature africaine ? Comment ? Un peu plus de visibilité, ne serait-ce qu’au point de vue médiatique. Les grands prix littéraires français sont très médiatisés à l’échelle mondiale. La France est encore le dernier pays au monde qui accorde symboliquement une place centrale à la littérature. Les gens lisent beaucoup moins qu’avant c’est vrai mais l’institution littéraire existe en France alors qu’elle n’existe pas ailleurs. Aux Etats-Unis il y a des écrivains mais il n’y a pas d’institution littéraire américaine. En Allemagne non plus, où la musique est beaucoup plus importante institutionnellement. Les prix Goncourt ou Renaudot sont des moments décisifs de la vie culturelle en France, et le monde entier les suit. Une anecdote, lorsque j’ai appris que j’avais le prix j’étais à Cuba, j’ai tapé sur le net pour voir un peu ce qu’on en disait. J’ai tapé sur Google Costa Rica et je vois «un escritor guineano primiado…», donc la nouvelle du prix Renaudot était sur les journaux costaricains. Donc il y a une visibilité au niveau médiatique, on en parle. Ca apporte plus de prestige en tout cas. Ce n’est pas seulement vis-à-vis de moi mais je pense que Yambo Ologuem, Amadou Kourouma et Alain Mambanckou ont projeté la littérature africaine dans d’autres sphères de lecture et dans d’autres zones géographiques où peut être on n’en avait jamais entendu parler. Cela permet d’élargir le lectorat et aussi de diversifier les traductions. Aujourd’hui on se rend compte effectivement que la littérature africaine est de plus en plus traduite dans des zones où elle n’avait pas l’habitude de l’être. Elle commence à être traduite en Asie par exemple. Quels sont les auteurs africains, et gabonais parce que nous sommes ici, qui sont susceptibles de figurer au palmarès des grands prix de littératures ? Il y a de grands écrivains gabonais. je connais Angèle Rawiri, je connais Bessora, qui est une écrivaine très moderne, très inventive, très originale. Je l’enseigne par exemple aux Etats-Unis où je donne des cours et je sais que les étudiants américains sont très intéressés par sa manière ironique, très courtelienne, de voir l’absurdité de démocratie moderne, avec beaucoup d’humour et le sens de l’absurdité. Dans tous les pays africains il y a des auteurs capables de prétendre à un grand prix littéraire. La littérature est en train de devenir, est devenue, une littérature comme une autre au niveau mondial. Jusque là elle était encore un ghetto que l’on visitait de temps en temps par soucis de curiosité exotique. Aujourd’hui elle est devenue une réalité incontournable de la vie littéraire internationale. Elle n’est plus connue que dans le monde francophone, elle a trouvé une place de choix dans l’enseignement aux Etats-Unis. Aujourd’hui la littérature dans l’enseignement aux Etats-Unis est essentiellement la littérature francophone, donc africaine. Elle est beaucoup plus étudiée aux Etats-Unis que la littérature française. Il n’y a pas aujourd’hui une seule université américaine qui n’étudie pas la littérature africaine, c’est fini, il y a énormément de thèses, de maîtrises et de nombreux voyages d’études. Moi à chaque fois que je viens en Afrique je rencontre de mes amis africains installés aux Etats-Unis qui viennent avec 10, 15, 20, 30 étudiants africains en train de visiter l’Afrique et même les itinéraires de certains personnages. J’ai rencontré à Bamako un ami malien qui enseigne dans le Minnesota, qui était avec ses étudiants sur la route de Wangrin, le personnage d’Hampâté Bâ. L’année dernière, la Corée du Sud a invité 55 écrivains africains, cela veut dire que nous existons. Comment amener la jeunesse africaine à s’intéresser davantage à la littérature, une discipline de plus en plus négligée aujourd’hui ? Il faudrait évidemment une politique culturelle plus rationnelle, ce qui n’a jamais existé en Afrique. Vous savez très bien que les systèmes politiques africains ont considéré la littérature et la culture de manière générale comme quelque chose de suspect et dangereux. C’est vrai que l’écrivain est suspect et dangereux parce qu’il parle à tort et à travers, il ne dit pas ce qu’on attend qu’il dise, il dit ce que lui a envie de dire et pas ce que les autres ont envie d’entendre. Les systèmes politiques africains aiment bien que les gens disent ce qu’ils ont envie d’entendre. Et puis c’est un problème structurel, bibliothèque, librairie, maisons d’éditions. Tout cela est une question d’époque, ça viendra avec la démocratisation. Elle a commencé en Afrique de manière très confuse, parfois même tragique, mais il est évident qu’elle est irréversible. Elle se fera. Plus les espaces démocratiques seront larges, plus l’intensité de la vie culturelle sera grande. Ce n’est pas mauvais à priori que la littérature africaine soit pour le moment expatriée, ce n’est pas mauvais du tout. Elle se confronte aux autres littératures du monde et reviendra plus forte et plus riche. La littérature moderne américaine s’est faite à Paris, pas aux Etats-Unis. Mc Kay, l’un des grands chantres de la négro renaissance, a écrit son roman à Marseille. Même la littérature russe s’est faite à Paris. Quel est selon vous le rôle d’un auteur africain dans la société africaine d’aujourd’hui, traversée par de multiples crises ? C’est de raconter des histoires, comme les conteurs d’autrefois. Avec plus de frustrations. J’aurais bien aimé resté engagé mais je n’en ai plus les moyens. On ne prend plus l’écrivain au sérieux. Je vais m’engager à faire quoi ? Mentir comme les autres, dire que je vais démocratiser, développer, libérer, etc., c’est impossible ! Vous avez l’habitude de dire que la littérature est l’art qui permet de mieux supporter la vie, jusqu’ou cela est vrai ? Oui bien sûr. C’est une thérapie. L’expérience de l’écriture m’a permis de supporter quelque chose de très dur à supporter c’est l’exil. C’est grâce à la littérature que j’ai donné un sens à ma vie d’exilé. La littérature a une valeur thérapeutique évidente, beaucoup de malades finissent par écrire. D’abord la littérature c’est pour les gens anormaux, qui ont fini par être en contradiction avec le déroulement normal de choses. La littérature se fait toujours à la suite d’un choc, un choc esthétique, pathologique, amoureux, etc. L’art d’une manière générale a permis à l’homme de supporter l’existence, c’est la création qui a permis à l’homme de donné un sens à son existence. Il n’y aurait pas eu de sens. Sans la culture l’homme n’est rien. C’est la culture qui a donné à l’homme une dimension historique. C’est la culture qui créé la conscience et la sensibilité et sans ça nous vivons stupidement l’absurde de l’existence, le chaos de l’existence. C’est l’écriture, c’est la culture, c’est la musique, c’est out cela qui nous a permis de donner un sens à l’existence. Il y a une civilisation à partir du moment où on se raconte. Les animaux ne se racontent pas. Nous sommes des êtres civilisés parce que nous nous racontons. Nous racontons le passé, et nous prévoyons l’avenir. Nous essayons donc de dompter le temps. Et c’est l’art qui nous permet de dompter le temps. Malraux disait que l’art est un antidestin, c’est lui qui nous protège de la fatalité, qui nous permet de survivre à nous même. Les pyramides d’Egypte sont encore là des millénaires après. |
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| Publié le 07-04-2009 Source : Gaboneco.com Auteur : Gaboneco | |||||||
Tags : Gabon litterature prix renaudot
Catégorie : !60_News littéraires/2009/02![]() |
La crise économique vous affecte et vous coupez dans vos dépenses? Attention de couper au bon endroit. Plusieurs s'en remettent à la restauration-minute pour se nourrir à peu de frais. Un type de nourriture qui participe à préparer lentement, depuis plus de trente ans, une formidable crise également mondiale : celle de l'obésité.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère l'obésité comme
une épidémie. L'Association pour la santé publique du Québec estime
qu'il s'agit du problème de santé publique du XXIe siècle. Au Canada,
plus d'un adulte sur deux est en surpoids et près d'un sur six est
désormais obèse. La crise de l'obésité est déjà commencée et,
malheureusement, plusieurs risquent de ne pas y survivre.
Le surpoids et l'obésité sont définis par l'OMS comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé. Une mesure simple, l'indice de masse corporelle (IMC), permet d'estimer le surpoids et l'obésité chez les adultes des deux sexes. Un IMC égal ou supérieur à 25 est signe de surpoids tandis qu'un IMC égal ou supérieur à 30 correspond à l'obésité.
L'IMC s'obtient en divisant le poids (en kilos) par la taille (en mètre) au carré. Par exemple : Si le poids d'une personne est de 80 kilos et qu'elle mesure 1 mètre 70, le calcul est: 80 divisé par (1,70 x 1,70) soit, 80 ÷ 2,89, ce qui donne un IMC équivalent à 27,7. Cette personne est donc en état de surpoids. Elle n'est pas seule car, à travers le monde, plus de 1,7 milliard de personnes sont dans la même situation et, d'ici 2015, plus de 2,3 milliards le seront.
Les personnes qui souffrent de surpoids ont généralement tendance à continuer à accumuler les kilos et plusieurs franchiront le seuil de l'obésité qui correspond à un IMC égal ou supérieur à 30. Plus de 500 millions de personnes sont dans cet état aujourd'hui et d'ici 2015, plus de 700 millions le seront.
Lorsque l'IMC atteint 40, l'obésité est qualifiée de «morbide» et la personne qui est dans cet état souffrira fort probablement, tôt ou tard, de graves maladies causées par l'excès de poids. Au Québec seulement, près de 1,2 million de personnes sont désormais obèses et plus de 250 000 comptent dans les rangs des obèses morbides.
Les conséquences du surpoids et de l'obésité sont majeures. Au contraire de la crise économique qui s'annonce quand les indices commencent à chuter, la crise de l'obésité est proportionnelle à la croissance de l'indice IMC. Plus il est élevé plus il devient un facteur important de risque de maladies chroniques. Les maladies cardiovasculaires, le diabète, les troubles musculo-squelettiques et certains cancers prolifèrent chez ceux dont l'IMC est élevé. Par exemple, l'OMS prévoit que les décès reliés au diabète augmenteront de plus de 50% au cours des prochaines années. L'obésité chez l'enfant est en outre associée à un risque accru de décès prématurés et d'incapacité à l'âge adulte. Un problème criant. Un problème qui n'est plus individuel mais bien collectif. La présente crise économique nous appauvrit certes, mais celle de l'obésité risque fort de nous laisser encore plus pauvres et malades!
L'objectif n'est pas de réaliser des «régimes pour maigrir» mais plutôt des menus «pour ne plus grossir». On peut effectivement très bien manger, avec plaisir, sans prendre de poids. Parallèlement, un concours sollicite le public en l'invitant à créer des «recettes plaisir de 1 200 calories ou moins».
Les meilleurs menus et les plus inventifs seront l'objet de récompenses. Bon plan! Freiner d'abord l'accumulation de calories. On travaillera sur la perte de poids plus tard. Un projet rassembleur qui pourrait fort bien se réaliser au Québec en intéressant les intervenants de l'industrie : détaillants, restaurateurs et les écoles de formation comme l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec.
Tags : obesite surpoid alimentation
Catégorie : !60_News littéraires/2009/02http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/04/25/toni-morrison-dans-toute-sa-gloire_1185409_3246.html*
L'ennui, avec Toni Morrison,c'est l'incroyable ferveur dont elle est l'objet : quand on entreprendde parler d'elle, il faut vraiment tendre l'oreille pour attraperquelques fausses notes. En moins de temps qu'il n'en faut pourl'écrire, les éloges s'accumulent, formant très vite un énorme tas, dequoi dresser un gratte-ciel entièrement à sa gloire. Ses états deservice, mis bout à bout, lui font une véritable auréole. Femme, noire,d'origine modeste, écrivain de grand talent, Prix Nobelde littérature (en 1993), professeur dévouée, elle jouit d'une immensenotoriété, mais surtout d'une autorité morale, mise au service descauses qui lui sont chères. Celle de la communautéafricaine-américaine, d'abord, et, tout récemment, celle d'Obama,qu'elle a soutenu pendant sa campagne électorale.
Aux Etats-Unis, ce halo la précède en tout lieu,l'enveloppe et la cache, d'une certaine façon. Jusqu'à l'hyperbole,quand on écoute ses amis : "Une personne gigantesque", "un être humain très vaste", "une très grande étoile". Rien de moins. C'est que, en plus d'être une sorte de classique vivant, l'auteur du Chant de Salomon ou de Belovedincarne une forme de rêve d'unité, de réconciliation, bien au-delà deses romans. Ses livres, depuis les tout premiers, fouillent très loindans l'histoire américaine pour remonter aux sources de la ségrégation- celle dont furent victimes les Africains-Américains, mais aussi lesfemmes et les pauvres. "Elle touche à des questions fondamentales pour les Américains : race, genre, classe, dit l'un de ses éditeurs. Elle est un peu le Barack Obama de la littérature américaine."
Enpublic, sa prestance et son charisme contribuent à renforcer cetteaura. Quand elle s'avance, imposante sous sa lourde coiffe de tressesgrises, vous jureriez une femme de haute taille. Elle est, en vérité,très petite et très corpulente. Mais c'est une grande dame, oui, quisait parfaitement électriser son auditoire, en passant royalementpar-dessus la tête des intermédiaires, comme seules savent le faire lesdivas. Quitte à tenir, parfois, des propos plus convenus que réellementpassionnants. Et ça marche.
"Chacun se sentait seul avec elle, observe la romancière d'origine haïtienne Edwige Danticat, au sujet d'une conférence au Louvre, en novembre 2006. Tout le monde était magnétisé." "Elle est comme certains mélanges d'essences très puissants, commente affectueusement l'écrivain australien Peter Carey. On est intoxiqué par elle !" Une force que son ami André Leon Talley, directeur artistique du magazine Vogue et grande figure de la mode à New York, attribue entre autres à sa "voix unique : la voix de quelqu'un qui chante dans un choeur, très lyrique, céleste même".
Enprivé, rien de tel. Ou, plutôt, le charme opère, mais différemment.Quand elle reçoit, c'est dans le pied-à-terre qu'elle possède à NewYork, tout en bas de Manhattan. Elle bavarde avec son coiffeur, Gary :un jeune type en dreadlocks et tee-shirt à carreaux rouges, qui luiparle en remuant habilement ses cheveux - un coup de peigne par-ci,deux grands éclats de rire par-là, un commentaire sur la crise, quioblige les gens à vendre leurs meubles. Le rire, c'est l'une desgrandes forces de Toni Morrison, de son vrai nom Chloe AnthonyWofford : son propulseur secret, pour traverser une vie qui n'a pas étébrodée au fil d'or sur toute sa longueur. Née en 1931, à Lorain (Ohio)dans une famille ouvrière, elle a dû se faufiler à travers les hersesde la ségrégation pour étudier à Howard, puis à Cornell et deveniréditrice, pendant douze ans, chez Random House - le tout en élevant seule ses deux fils, sans soutien financier du père des enfants, dont elle ne voulait pas dépendre.
"Elle a une immense, inextinguible vitalité", affirme sa grande amie, la chroniqueuse et (féroce) humoriste Fran Lebowitz. Ses livres, à commencer par le tout dernier (Un don, qui vient de paraître en France aux éditions Christian Bourgois)sont le plus souvent tragiques. Elle possède pourtant cette forme dejoie qui la pousse à beaucoup recevoir (son cuisinier, un certainFranklin, prépare des dîners mémorables dans sa maison de Grand View-on-Hudson,au nord de New York), à organiser des fêtes d'anniversaire grandioses,à participer activement à la vie culturelle de sa communauté. Et,aussi, à éprouver "un très fort sentiment d'optimisme" - c'est son expression - au sujet des Etats-Unis. "Il a fallu 60 millions d'années pour passer d'une cellule marine à l'oeil humain, cette machine si perfectionnée, observe-t-elle en souriant. Alors, j'ai bon espoir qu'on progresse encore..."
Un optimisme évidemment renforcé par l'élection du tout nouveau président. Après avoir longtemps pris le parti d'Hillary Clinton,dont elle était proche, Toni Morrison a adressé une lettre de soutien àBarack Obama, quand celui-ci est devenu le candidat officiel desdémocrates. Pas à cause de sa couleur, jure-t-elle : "Il y a pleinde Noirs pour qui je n'aurais pas voté : dans son cas, la couleur étaitun cadeau, pas une nécessité. Je l'ai soutenu parce que c'était lemeilleur, le plus intelligent, le plus sage. Après toutes ces années degouvernement Bush, nous avions tellement souffert, nous avons eutellement honte... Il faudra du temps pour nous sortir de là, et ilpeut le faire."
Elle a aussi présidé une soirée destinée à lever des fonds ("1 million de dollars",annonce-t-elle fièrement) et s'est dépensée sans compter, à la surprisede ses amis, qui la connaissaient fervente clintonienne. "Elle a subi des pressions extrêmes, soutient Fran Lebowitz. Obama l'a appelée plusieurs fois et elle est très proche de Cornel West, le très influent professeur d'études africaines-américaines de Princeton, qui était engagé en faveur d'Obama. Mais ce n'est pas étonnant, après tout : elle a une position unique."
A-t-elle contribué à faire élire Barack Obama ? C'est en tout cas ce que pense l'éditeur Eroll McDonald, vice-président du groupe Pantheon : "Enétant qui elle est et en ayant fait ce qu'elle a fait, elle a suggéréqu'une certaine forme de réussite était devenue possible. Les électeursont pu se dire : on a un Prix Nobel noir, pourquoi pas un président ?" Pour ToniMorrison, la question ne se pose pas seulement dans ces termes :l'engagement est un devoir. Et pas seulement en politique - lapolitique est même secondaire, bien qu'elle s'y intéresse depuistoujours et que les rares colères décrites par ses proches soient liéesà des discussions sur le sujet. "Un jour où je me plaignais de Bill Clinton, elle est devenue absolument furieuse, se souvient Fran Lebowitz. Tu ne comprends pas de quoi il nous protège ?, m'a-t-elle demandé en criant. Des républicains !"
En recevant le prix Nobel, l'écrivain s'est dit : "A l'avenir, une petite fille noire qui voudrait devenir écrivain pourra se dire : le Nobel est à ma portée." Et puis, avec une certaine malice : "Les jeunes étudiants blancs qui n'ont jamais lu de littérature africaine-américaine seront obligés de me lire moi."Servir de modèle, ouvrir les portes, transmettre : c'est aussi pourcela qu'elle consacre encore deux jours par semaine à l'enseignement dela littérature, dans l'enceinte de la prestigieuse université dePrinceton.
Tour à tour décrite comme "liante" ou "intimidante", voire "hautaine", par ses collègues, Toni Morrison est l'une des figures magistrales de l'establishment, où elle a contribué à développer les études africaines-américaines. "Non seulement elle met beaucoup d'énergie et de générosité à s'occuper des étudiants, explique Carol Rigolot, responsable des humanités à Princeton, mais sa présence ici a attiré des gens de renom, comme Cornel West."
Pourtant, souligne Toni Morrison, sa "voie véritable" est l'écriture. "C'est ce que je sais faire. Je ressens la nécessité d'écrire et aussi l'obligation : c'est un devoir." Avec Un don,roman magnifique et puissant, elle plonge plus loin dans l'histoirequ'elle ne l'avait jamais fait : aux tout premiers temps del'esclavage, quand les victimes du système n'étaient pas seulement desAfricains-Américains, mais aussi des Européens misérables. A la foislyrique et dur, le livre est très bien placé sur les listes desmeilleures ventes au Etats-Unis, en dépit de la crise économique. "Mais, comme tous ses romans, il n'est pas forcément lu pour ce qu'il est littérairement, soutient Eroll McDonald. Les gens apprécient Toni Morrison en fonction d'un prisme de race, de genre, de classe, ils lui refusent l'universalité."
Plus sévère, Fran Lebowitz pense que "leslivres de Toni ne sont pas aimés pour les raisons qui les font grands,mais par des lecteurs qui, souvent, réagissent à l'émotion. Et elle,elle leur attache trop d'importance, elle voudrait qu'ils comprennenttout !" Elle, elle demeure impavide et royale. "Elle a toujours su ce qu'elle avait à faire en ce monde", constate Robert Gottlieb, l'un de ses premiers éditeurs, qui est aussi le dédicataire d'Un don. Sûre de sa vocation, de son talent, de sa force et de ce qu'elle pouvait en attendre. Et tant pis pour les grincheux. p
Tags : Litterature Toni Morrison
Catégorie : !60_News littéraires/2009/02Publié le 01/05/2009 à 17:50 Le Point.fr
Publié le 01/05/2009 à 17:50 Le Point.fr
Julie Malaure

Le romancier Guillaume Musso ©JM. Perier
Le Point : L'addiction amoureuse, c'est le thème de votre dernier livre ?
Guillaume Musso : Oui, tous mes personnages sont malades d'amour. Martin ne se remet pas de son premier amour, Archibald n'accepte pas la mort de sa femme, et même l'adolescente, à la fin, tente de se tuer par amour. Et tous les personnages que croise Martin, la prostituée, la Coréenne, ils portent tous en eux cette contamination. C'est vraiment le thème souterrain du livre, celui autour duquel l'histoire est bâtie.
Le Point : On trouve souvent dans vos livres la question du destin, vous y croyez, vous, au destin ?
Guillaume Musso : Non je ne crois pas forcément au destin. Mais regardez, Harry Potter est un livre d'initiation dans lequel la magie n'est que l'emballage. On ne demande pas à J. K. Rowling si elle croit en la magie. Idem pour Twilight . Les vampires sont une métaphore du désir, du sexe. Stephenie Meyer ne croit sans doute pas aux vampires, pas plus que J.K. Rowling à la sorcellerie et je n'ai pas, pour ma part, de croyance ésotérique. Mais la lutte implacable de l'homme contre son destin, pour un romancier, c'est la base de pas mal de situations dramatiques.
Le Point : Ce n'est alors que le ressort dramatique ?
Guillaume Musso : Mon métier de romancier c'est de trouver des situations dramatiques pour parler de thèmes plus profonds qu'il n'y paraît. C'est une porte d'entrée ludique vers un contenu plus profond.
Le Point : Mais entretenir des lecteurs adultes dans le ludique et le facile, n'est-ce pas les infantiliser ?
Guillaume Musso : Ma mère m'a appris à ne pas être sectaire. À passer de Dostoïevski à Agatha Christie, d'un restaurant gastronomique au McDonald's. On peut trouver mes romans faciles, mais je pense que les thèmes traités ne le sont pas forcément. Je parle du deuil, des conduites addictives, de la vieillesse. Truffaut voulait "faire des films qui divertissent tout en élevant". Moi je voudrais faire des livres à cette image.
Le Point : Votre dernier roman traite du premier amour, le vôtre a été marquant ?
Guillaume Musso : Oui... Il n'est pas très éloigné de ce que vit Martin dans mon roman. Il y a de moi dans tous les romans, mais à petite dose.
Le Point : Comment s'appelait-il, votre premier amour ?
Guillaume Musso :
Amandine.
Le Point : L'amour est un moteur puissant de vos livres.
Guillaume Musso : Oui, bien sûr, l'amour ! Je ne pourrais pas écrire un roman sans histoire d'amour. J'aime l'amour avec les dangers que cela comporte, comme dans mon livre préféré, c'est Les Hauts de Hurlevent , avec cette passion tourmentée...
Le Point : Parce que l'amour sans tourments, c'est ennuyeux ?
Guillaume Musso : Les gens heureux n'ont pas d'histoire.
Le Point : Les personnages de votre roman sont malades d'amour et effectivement tourmentés, pourtant, ça finit plutôt bien pour tout le monde. Est-ce qu'il faut en déduire que la vie devient forcément ennuyeuse ensuite ?
Guillaume Musso : Il est vrai que la fin de ce roman est plus apaisée que le précédent. Mais ce n'est pas une happy-end bêtasse. Il y en a qui partent, d'autres qui restent. J'avais envie d'écrire un livre dont on tirerait du réconfort. Partir du noir pour aller vers la lumière, plutôt que le contraire.
Le Point : Est-ce que ça existe, selon vous, une fin heureuse en amour ?
Guillaume Musso :
Je n'en sais rien. On a des exemples autour de nous d'amours qui durent
plus ou moins longtemps... Mais j'avais envie de terminer le roman sur
un couple qui essaye quand même de construire quelque chose. Ils ont 35
ans, pas d'enfants ; ils sont jeunes mais c'est le moment ou jamais de
croire en l'amour.
Le Point : Est-ce que cela vous freine dans l'écriture d'entendre que l'on parle de vos livres en termes de "littérature fast-food", ou de "hall de gare" ?
Guillaume Musso : La critique actuelle qui dit que certains best-sellers sont de la littérature de consolation me paraît bien dérisoire. On ne choisit pas les livres que l'on écrit. On les écrit quand on peut.
Le Point : Qu'est-ce qui est le plus gratifiant dans votre métier d'écrivain ?
Guillaume Musso : Voir quelqu'un lire mes romans. Je suis complètement tourné vers le lecteur. Je ne suis pas en quête d'un bon article. Je suis le fruit du bouche-à-oreille, je reçois des milliers de courriers de lecteurs du monde entier. Et puis, ça m'intéresse aussi d'écouter les gens, leurs histoires. Ce sont même parfois des débuts potentiels de romans.
Le Point : C'est cela, cette relation "étrange et belle" avec vos lecteurs que vous mentionnez à la fin du livre ?
Guillaume Musso : Oui, j'ai lu des dizaines d'articles sur la soi-disant "mécanique Musso". À chaque fois, c'est atterrant. Il vaudrait mieux écouter les gens qui aiment mes romans.
Le Point : Et que disent-ils ?
Guillaume Musso : Qu'ils aiment la façon dont je construis mes personnages : avec leurs failles.
Le Point : Vous avez le trac, à la veille de la sortie d'un livre ? Est-ce que vous redoutez de faire un flop ?
Guillaume Musso : J'ai un peu le trac parce que je sais que je suis très attendu. Mais j'accepte que l'on n'aime pas mes romans. En revanche, si je recevais des centaines de courriers de lecteurs déçus, ce serait extrêmement décevant pour moi. C'est comme offrir un cadeau à la personne que l'on aime, on passe du temps à choisir, on espère faire plaisir. Or je serais déçu d'offrir quelque chose qui ne plaise pas. Ce serait une déception, oui, quelque chose de très primaire.
Le Point : Vous envisagez d'arrêter d'écrire ?
Guillaume Musso : Oui, à chaque fois que je finis un roman. Ce livre est peut-être le dernier. Parce que la vie est fragile, parce que l'on peut perdre la vie, comme perdre l'envie. Écrire est la chose que je préfère et la chose la plus douloureuse au monde. Mais si un jour, comme en amour, je n'en ai plus envie, je n'écrirai plus.
Que serais-je sans toi ? (Éditions XO, 300 pages, 19,90 euros).
Je reviens te chercher, (Ed. Pocket, 410 pages, 6,90 euros).
Tags : Guillaume Musso litterature livre
Catégorie : !60_News littéraires/2009/02|
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