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Une crise de taille » Auteur Victor OJEDA | Bloguez.com

 Une crise de taille

7/4/2009
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Soins de santé au Canada

Une crise de taille

Journal de Montréal
Ronald Denis
6 avril 2009





La crise économique vous affecte et vous coupez dans vos dépenses? Attention de couper au bon endroit. Plusieurs s'en remettent à la restauration-minute pour se nourrir à peu de frais. Un type de nourriture qui participe à préparer lentement, depuis plus de trente ans, une formidable crise également mondiale : celle de l'obésité.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère l'obésité comme une épidémie. L'Association pour la santé publique du Québec estime qu'il s'agit du problème de santé publique du XXIe siècle. Au Canada, plus d'un adulte sur deux est en surpoids et près d'un sur six est désormais obèse. La crise de l'obésité est déjà commencée et, malheureusement, plusieurs risquent de ne pas y survivre.

SURPOIDS ET OBÉSITÉ

Le surpoids et l'obésité sont définis par l'OMS comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé. Une mesure simple, l'indice de masse corporelle (IMC), permet d'estimer le surpoids et l'obésité chez les adultes des deux sexes. Un IMC égal ou supérieur à 25 est signe de surpoids tandis qu'un IMC égal ou supérieur à 30 correspond à l'obésité.

L'IMC s'obtient en divisant le poids (en kilos) par la taille (en mètre) au carré. Par exemple : Si le poids d'une personne est de 80 kilos et qu'elle mesure 1 mètre 70, le calcul est: 80 divisé par (1,70 x 1,70) soit, 80 ÷ 2,89, ce qui donne un IMC équivalent à 27,7. Cette personne est donc en état de surpoids. Elle n'est pas seule car, à travers le monde, plus de 1,7 milliard de personnes sont dans la même situation et, d'ici 2015, plus de 2,3 milliards le seront.

Les personnes qui souffrent de surpoids ont généralement tendance à continuer à accumuler les kilos et plusieurs franchiront le seuil de l'obésité qui correspond à un IMC égal ou supérieur à 30. Plus de 500 millions de personnes sont dans cet état aujourd'hui et d'ici 2015, plus de 700 millions le seront.

Lorsque l'IMC atteint 40, l'obésité est qualifiée de «morbide» et la personne qui est dans cet état souffrira fort probablement, tôt ou tard, de graves maladies causées par l'excès de poids. Au Québec seulement, près de 1,2 million de personnes sont désormais obèses et plus de 250 000 comptent dans les rangs des obèses morbides.

CAUSES

La cause fondamentale du surpoids et de l'obésité est simple: les calories consommées sont supérieures à celles dépensées. Et pourquoi, partout dans le monde, on consomme désormais à un rythme effréné plus de calories qu'on en dépense? Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Cependant, deux sont évidents. La nature de plusieurs formes de travail fait en sorte que plusieurs sont sédentaires et ne réalisent plus ou peu d'exercices physiques et, surtout, on se nourrit d'aliments très caloriques riches en graisses et en sucres mais également très pauvres en vitamines, en minéraux et autres micronutriments. Comme en restauration-minute...

CONSÉQUENCES

Les conséquences du surpoids et de l'obésité sont majeures. Au contraire de la crise économique qui s'annonce quand les indices commencent à chuter, la crise de l'obésité est proportionnelle à la croissance de l'indice IMC. Plus il est élevé plus il devient un facteur important de risque de maladies chroniques. Les maladies cardiovasculaires, le diabète, les troubles musculo-squelettiques et certains cancers prolifèrent chez ceux dont l'IMC est élevé. Par exemple, l'OMS prévoit que les décès reliés au diabète augmenteront de plus de 50% au cours des prochaines années. L'obésité chez l'enfant est en outre associée à un risque accru de décès prématurés et d'incapacité à l'âge adulte. Un problème criant. Un problème qui n'est plus individuel mais bien collectif. La présente crise économique nous appauvrit certes, mais celle de l'obésité risque fort de nous laisser encore plus pauvres et malades!




RÉINVENTER LE PLAISIR DE MANGER

Comme pour la crise boursière, la crise de l'obésité est reliée à un problème de perception. On croit à tort que manger sainement élimine le plaisir qui accompagne le fait de manger. Partout des initiatives sont mises de l'avant pour corriger le tir. J'en ai relevé une des plus intéressantes qui débute ce mois-ci en France. L'Association des maîtres cuisiniers de France organisera à compter de la fin avril une opération baptisée Régaler les sens sans affoler la balance pour lutter contre la malbouffe et l'obésité en créant des menus gastronomiques à 1 200 calories.

L'objectif n'est pas de réaliser des «régimes pour maigrir» mais plutôt des menus «pour ne plus grossir». On peut effectivement très bien manger, avec plaisir, sans prendre de poids. Parallèlement, un concours sollicite le public en l'invitant à créer des «recettes plaisir de 1 200 calories ou moins».

Les meilleurs menus et les plus inventifs seront l'objet de récompenses. Bon plan! Freiner d'abord l'accumulation de calories. On travaillera sur la perte de poids plus tard. Un projet rassembleur qui pourrait fort bien se réaliser au Québec en intéressant les intervenants de l'industrie : détaillants, restaurateurs et les écoles de formation comme l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec.


Tags : obesite surpoid alimentation

Catégorie : !60_News littéraires/2009/02

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